‹ ActesChapitre 53 sur 77 · DISCUSSION SUR LE MOUVEMENT DES DRANCIIES · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LE MOUVEMENT DES DRANCIIES

dans nos cimetières. Pline nous apprend (lib. XVI, cap. xxxiu) que le Cyprès « Diti sacra fuit, et ideo funebri signo ad domos posita » . Il faut évidemment voir dans l'institution et même dans le nom des Druides une preuve de la persistance du culte de Tarbre [darou) . Les peuplades indo-européennes, après leur séparation, ont adressé leur culte chacune àTarbrequi dominait dans le pays qu'elles habitaient ; pour celles qui pénétrèrent dans le centre de l'Europe, le Chêne remplaça le Cyprès de l'Asie. Dans le Liban, c'est pour le Cèdre que les Maronites professent un respect religieux.

Comme nous le disions tout à l'heure, le terme sanscrit a passé dans la langue persane, mais comme un simple surnom, qui n'a plus été bien compris. En zend, le nom de l'arbre est urvara (auquel on a voulu rattacher le latin arbor) . Le terme de ^ : {dévas) , par lequel les Indo-Aryas désignaient cette foule de demi-dieux répudiés parle monothéisme des Iraniens, ne fut plus pris par ceux-ci qu'en mauvaise part, comme il en fut plus tard des Salnoves des Grecs, qui devinrent les démons du christianisme. D'ailleurs il s'est rencontré un fait singulier : div-dar^ bien qu'évidemment dérivant par altération du sanscrit dêvadarouy s'est trouvé signifier, en persan, qui garde les divs. Aussi lit-on dans YAvesta que Zoroastre avait planté des Cyprès sacrés, que leurs sites étaient devenus autant de buts de pèlerinage, qu'un temple construit autour de l'un de ces arbres était devenu semblable au Paradis, et que Zoroastre y avait enchaîné les divs. Le terme primitif n'étant plus compris, avait fait naître une légende.

M. de Geleznow, vice*président, fait au Congrès la communication suivante : Sur le mouvement des branches occasionné par les vacations de température (1).

M. de Candolle demande si Tinfluence attribuée par M. de Geleznow à la température ne devrait pasTôtre en partie àThumidité atmosphérique.

M. de Geleznow répond que Thumidité de Tair ne lui paraît pas exercer d'influence appréciable sur ce phénomène. Gela lui semble résulter des observations hygrométriques qu'il a faites.

(i) Au moment du tirage de cette feuille (30 octobre 1867), le mamucrît de cette communication n'était pas encore parvenu au secrétaire cliargé de la publication des Aci9S du Congrèi.

Il a eu soin, d'ailleurs, d'éloigner tout dépôt d'humidité de la surface des branches qu'il observait.

M. J.-E. Planchon recherche s'il n'en serait pas de l'abaissement des branches des arbres comme de celui des hampes des plantes herbacées qui s'inclinent vers le sol après la gelée, et si le phénomène ne serait pas dû dans les deux cas à ce que ces organes perdent du liquide sous l'influence de la gelée.

M. de Geleznow fait observer que si les hampes des Jacinthes, lorsqu'elles subissent les effets de la gelée, s'inclinent en devenant demi-transparentes, pour ne se relever que quand la gelée ne se fait plus sentir, elles ne perdent pas leur élasticité dans ce phénomène, tandis que les branches des arbres gelées, si elles deviennent plus cassantes, ne perdent pas cependant cette élasticité, ce dont on peut s'assurer en les faisant osciller.

M. Éd. Morren dit que les recherches de M. de Geleznow, comme celles que fait presque simultanément à Kœnigsbei^ M. Caspary, lui rappellent celles de Dutrochet. D y a, dit-il, analogie complète entre les plantes sensitives, chez lesquelles l'excision d'une partie du bourrelet axillaire déterminait une inclinaison spéciale et permanente de la branche, et les arbres observés par M. de Geleznow. Peut-ôtre le rameau ligneux ne s'abaisserait-il plus si l'on enlevait la portion ligneuse supérieure, et ne s'élèverait-il plus dans le cas contraire. — Abordant un point différent, M. Morren demande à M. de Geleznow si les plantes peuvent résister aux effets d'une congélation intense, comme celle qu'observent fréquemment les naturalistes russes.

M. de Geleznow répond qu'il n'a pas fait d'expériences pour savoir si le mouvement des branches et celui des pétioles des plantes sensitives sont produits par la même cause. Quant à la congélation des sucs des arbres, il est sûr qu'elle n'en occasionne pas ordinairement la mort. Dans un mémoire sur le développement des bourgeons pendant l'hiver, il a constaté, comme Ta fait également M* Gœppert avant lui, que les sucs des arbres sgnt complètement gelés pendant Thiver, et que dans cet état le bois est difficile à entamer par la hache, mais qu'au retour du

Page 1