SECTION I
Prineipes c^néraux.
Art. 15. — Chaque groupe naturel de végétaux ne peut porter dans la science qu'une seule désignation valable, savoir la plus ancienne, adoptée par Linné, ou donnée par lui ou après lui, à la condition qu'elle soit conforme aux règles essentielles de la nomenclature.
Art. 16. — Nul ne doit changer un nom ou une combinaison de noms sans des motifs graves, fondés sur une connaissance plus approfondie des faits, ou sur la nécessité d'abandonner une nomenclature contraire aux règles essentielles (art. 3, 1" alinéa, û, il, 15, etc., voy. sect. 6).
Art. 17. — I^a forme, le nombre et Farrangement des noms dépendent de la nature de chaque groupe, selon les règles qui suivent.
SECTION IL Nomeaelalare des élver« groupes.
S 1. — Noms de divisions et sous-divisions « de classes et sous-classes.
Art. 18. — Les noms de divisions et sous-divisions, de classes et sous-classes se tirent d'un des principaux caractères. Ils s'expriment au moyen de mots d'origine grecque ou latine, et en donnant aux groupes de même nature une certaine harmonie de forme et de désinence (Phanérogames, Cryptogames; Monocotylédones, Dicotylédones, etc.).
Art. 19. — Dans les Cryptogames, les noms anciens do familles, tels que Filices^ Mitsci, Fungi^ Lichenes^ Algce^ peuvent être employés comme noms de classes ou sous-classes.
S 2. — Noms de cohortes et sous- cohortes.
Art. 20. — Les cohortes sont désignées de préférence par le
nom d'une de leurs principales familles, et autant que posssible avec une désinence uniforme.
Les sous-cohortes (rarement employées) peuvent être désignées de la même manière.
§ 3. — Noms de familles et sous-fiimilles, de tribus et sous-tribus.
Art. 21. — Les familles (Ordines^ Familiœ) sont désignées par le nom d'un de leurs genres, avec la désinence aceœ {HosacecBy de Hosa; Ranunculaceœ^ de Ranuncuhis^ etc.).
Art. 22. — L'usage justifie les exceptions suivantes :
1"* Lorsque le genre d'où le nom de famille est tiré se termine en latin par i)c ou is (génitif icis ou idis), la désinence iceœ^ ou ideœ^ ou ineœ est admise [Saticineœ^ de Salir; Berberideœ^ de Berberis; Tamaricineœ^ de Tamarix).
2** Lorsque le genre d'où le nom est tiré a un nom d'une longueur inusitée et qu'il n'y a pas de nom de tribu fondé sur ce même genre dans la famille, on admet la terminaison en eœ. {Dipterocarpeœ^ de Dipterocarpus).
8** Pour quelques grandes familles anciennement nommées, très-connues sous leurs noms exceptionels, on conserve les noms anciens {Cruciferœ , Leguminosœ , Guttiferœ , Vmbelliferœ, Compositœ, Labiatœ^ Cupulifcrœ^ Coniferœ^ Palmœ^ GraminecBy etc.).
4** Un ancien nom de genre devenu nom de section ou d'espèce, peut être maintenu comme base d'un nom de famille [Ijentibidarieœ, de Lentibularia; Hippocastaneœ ^ Aq jEsadus Hippocastanum ; Caryophylleœ^ de Dianthus Caryophyllus ; etc.).
Art. 23. — Les noms de sous-familles {subordines, subfamiliœ) sont tirés du nom d'un des genres qui se trouvent dans le groupe, avec la désinence en eœ.
Art. 24. — Les noms des tribus et sous-tribus se tirent du nom d'un des genres qui en font partie , avec la désinence eœ ou ineœ.
§ . â. — Noms de genres et de divisions de genres.
Art. 25. — Les genres, sous-genres et sections reçoivent
des noms, ordinairement substantifs, qui sont pour chacun d'eux comme nos noms propres de famille.
Ces noms peuvent être tirés d'une source quelconque et même être composés d'une manière absolument arbitraire, sous la réserve des conditions indiquées plus loin.
Art. 26. — Les sous-sections et autres subdivisions inférieures des genres peuvent recevoir un nom , substantif ou adjectif, ou porter simplement un numéro d'ordre ou une lettre, sans nom.
Art. 27. — Lorsqu'un nom de genre, sous-genre ou section est tiré d'un nom d'homme , on le constitue de la manière suivante :
Le nom, dégagé de tout titre et de toute particule préliminaire accessoire, est terminé en a ou ia.
Les syllabes qui ne sont pas modifiées par cette désinence conservent leur orthographe exacte , même avec les lettres ou diphthongues usitées dans certaines langues et qui ne l'étaient pas en latin. Cependant les ii, ô, ii, des langues germaniques, deviennent des œ^ œ, ue\ les é et è de la langue française, deviennent des e.
Art. 28. — Les botanistes qui ont à publier des noms de genre font preuve de discernement et de goût s'ils ont égard aux recommandations suivantes :
1** Ne pas faire des noms très-longs ou difficiles à prononcer.
2° Indiquer l'étymologie de chaque nom.
3° S'ils ont créé autrefois un nom qui n'a pas été admis, ne pas créer eux-mêmes un autre genre sous le même nom, surtout dans la même famille ou dans une des familles voisines.
b^ Ne pas dédier des genres à des personnes absolument étrangères à la botanique, ou du moins aux sciences naturelles, ni à des personnes tout à fait inconnues.
5^ Ne tirer des noms de langues barbares , que si ces noms se trouvent fréquement cités dans les livres. des voyageurs et présentent une forme agréable qui s'adaptç aisément à la langue latine et aux langues des pays civilisés.
C* Rappeler, si possible , par la composition ou la désinence du nom, les affinités ou les analogies du genre.
T Éviter les noms adjectifs.
8* Ne pas donner à un genre un nom dont la forme est plutôt celle d'un nom de section {Eusideroxylon^ par exemple).
y Éviter de repi'endre des noms qui ont existé, mais qu'on a refusé d'admettre, pour nommer des genres différents des anciens, à moins qu'il ne s'agisse de dédier de nouveau ungenreàun botaniste, mais dans ce cas il est à désirer encore : l^^Que Tabandon du premier genre soit bien constaté ; 2* que la famille où Ton veut rétablir le nom soit tout à fait différente delà première.
10*" Éviter de faire choix de noms qui existent en zoologie.
Art, 29. — Les botanistes qui construisent des noms de sousgenres ou de sections feront bien d'avoir égard aux recommandations de l'article précédent et en outre à celles-ci :
1* Prendre volontiers pour la principale division d'un genre, un nom qui le rappelle par quelque modification ou addition {Eu mis au commencement du nom , quand il est d'origine grecque; astrum , ella^ à la fin du nom, quand il est latin, ou telle autre modification conforme à la grammaire et aux usages de la langue lutine).
2' Éviter dans un genre de nommer une section par le nom du genre terminé en oides ou en opsis; mais au contraire rechercher cette désinence pour une section qui ressemblerait à un autre genre, en ajoutant alors oides ou opsis au nom de cet aulre genre, s'il est d'origine grecque , pour former le nom de la section.
3** Éviter de prendre comme nom de section un nom qui existe déjà comme tel dans un aulre genre , ou qui est le nom d'un genre admis.
Art. 30. — Lorsqu'on désire énoncer un nom de section conjointement avec le nom de genre et le nom d'espèce, le nom de section se place entre les deux autres en parenthèse.
§ 5. — Noms d'espèces, d'hybrides et de subdivisions des espèces.
Art. 31 . — Chaque espèce , même celles qui composent à
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elles seules un genre , est désignée par le nom du genre auquel elle appartient suivi d'un nom dit spécifique, le plus ordinairement de la nature des adjectifs.
Art. 82. — Le nom spécifique doit, en général , indiquer quelque chose de Tapparence, des caractères , de Torigine, de l'histoire ou des propriétés de l'espèce. S'il est tiré d'un nom d'homme, c'est ordinairement pour rappeler le nom de celui qui l'a découverte ou décrite , ou qui s'en est occupé d'une manière quelconque.
Art. 33. — Les noms d'hommes employés comme noms spécifiques ont la forme du génitif du nom ou d'un adjectif dérivé {Clustion Clusiana). La premièreforme s'emploie quand l'espèce a été décrite ou distinguée par le botaniste dont elle prend le nom ; la seconde forme, dans les autres cas. Quelle que soit la forme adoptée, tout nom spécifique tiré d'un nom d'homme commence par une grande lettre.
Art. 84. — Un nom spécifique peut être un ancien nom de genre ou un nom propre substantif. Il prend alors une grande lettre et ne s'accorde pas avec le nom de genre {Digitalis Sceptrum^ Coronilla Emerus).
Art. 35. — Deux espèces du même genre ne peuvent avoir le même nom spécifique, mais le même nom spécifique peut être donné dans plusieurs genres.
Art. 36. — En construisant des noms spécifiques, les botanistes font bien d'avoir égard aux recommandations suivantes :
1* Éviter les noms très-longs ou d'une prononciation difficile.
^ Éviter les noms qui expriment un caractère commun à toutes ou presque toutes les espèces du genre.
3* Éviter les noms tirés de localités peu connues , ou trèsrestreintes, à moins que l'habitation de l'espèce ne soit tout à fait locale.
4** Éviter, dans le même genre, les noms trop semblables, ceux surtout qui ne diffèrent que par les dernières lettres.
5* Adopter volontiers les noms inédits qui se trouvent dans les notes des voyageurs ou dans les herbiers, à moins qu'ils ne soient plus ou moins défectueux (voir art. 47, 3*).
e"" Éviter les noms qui ont été employés auparavant dans le genre ou dans quelque genre voisin et qui sont devenus des synonymes.
T Ne pas nommer une espèce d'après quelqu'un qui ne l'a ni découverte, ni décrite, ni figurée, ni étudiée en aucune manière.
8" Éviter les noms spécifiques composés de deux mots.
9* Éviter les noms qui forment' pléonasme avec le nom du genre.
Art. 37. — Les hybrides d'une origine démontrée par voie d'expérience, sont désignés par le nom de genre, auquel on ajoute une combinaison des noms spécifiques des deux espèces dont ils proviennent , le nom de l'espèce qui a fourni le pollen étant mis le premier, avec la terminaison 2 ou o, et celui de l'espèce qui a fourni l'ovule venant ensuite, avec un trait d'union entre les deux {Amaryllis viitato-regmœ^ pour X Amaryllis provenant de V Amaryllis reginos fécondé par l'A. vittata).
Les hybrides d'origine douteuse se nomment comme des espèces. On les distingue par l'absence de numéro d'ordre et par le signe x précédant le nom de genre (x Salix capreola Kern.).
Art. 88. • — Les noms de sous-espèces et de variétés se forment comme les noms spécifiques, et s'ajoutent à eux dans leur ordre , en commençant par ceux du degré supérieur de division.
Les métis d'origine douteuse se nomment et se classent de la même manière.
Les sous-variétés, variations et sous-variations de plantes spontanées , peuvent recevoir des noms analogues aux précédents, ou seulement des numéros ou des lettres qui facilitent leur classement.
Art. 89. — Les métis d'une origine certaine sont désignés par une combinaison des deux noms de sous-espèces, variétés, sous-variétés, etc., qui leur ont donné naissance, en observant les mêmes règles que pour les noms d'hybrides.
Art. ûO. — Dans les plantes cultivées , les semis, les métis
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d'origine obscure et les sports^ reçoivent des noms de fantaisie, en langue vulgaire, aussi différents que possible des noms latins d'espèces ou de variétés. Quand on peut les rattacher à une espèce, à une sous-espèce ou une variété botanique, on Tindique par la succession des noms [Pelargonium zonale Mistress- Po/lock).
SECTION IIL
De la ipablleatlon des Monis et de la dale de ehaqae Mom on eonlilnaleon de MOiiie.
Art. ûl. — La date d'un nom ou d'une combinaison de noms est celle de leur publication effective , c'est-à-dire d'une publicité irrévocable.
Art. 42. — La publication résulte de la vente ou de la distribution, dans le public, d'imprimés, de planches, ou d'autographies. Elle résulte aussi de la mise en vente ou de la distribution aux principales collections publiques d'échantillons numérotés, nommés et accompagnés d'étiquettes imprimées ou autographiées , portant la date de la mise en vente ou de la distribution.
Art. h3. — Une communication de noms nouveaux faite dans une séance publique, des noms mis dans des collections ou des jardins ouverts au public, ne constituent pas une publication.
Art. 44. — La date mise sur un ouvrage est présumée exacte, jusqu'à preuve contraire.
Art. 45. — Une espèce n'est considérée comme nommée que si elle a un nom générique en même temps qu'un nom spécifique.
Art. 46. — Une espèce annoncée dans un ouvrage sous des noms générique et spécifique , mais sans aucun renseignement sur les caractères, ne peut être considérée comme publiée. Il en est de même d'un genre annoncé sans être caractérisé.
Art. 47. — Les botanistes feront bien d'avoir égard aux recommandations suivantes:
!• Indiquer exactement la date de la publication de leurs ouvrages ou fractions d'ouvrages, et celle de la mise en vente ou de la distribution de plantes nommées et numérotées.
2* Ne pas publier un nom sans indiquer clairement si c'est un nom de famille ou de tribu, de genre ou de section, d'espèce ou de variété, en un mot sans indiquer une opinion sur la nature du groupe auquel ils donnent le nom.
3* Éviter de publier ou de nientionner dans leurs publications des noms inédits qu'ils n'acceptent pas, surtout si les personnes qui ont fait ces noms n'en ont pas autorisé formellement la publication (voir art. 36, 5*).