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CULTUBBS DE LA MAISON VILMORIN

depuis plus de cinquante ans à une famille spécialement occupée de l'étude et de l'introduction des plantes utiles et agréables, renferme des spécimens des meilleures acquisitions faites par l'horticulture française pendant et ayant cette période.

Ce sont principalement les arbres de grandes dimensions, et parmi eux, les Chênes et les Conifères, qui se remarquent à Verrières. Nous citerons parmi les premiers des exemplaires des Quercus alba^ Q. ferruginea^ Q. Prinos^ Q. discolor, Q. monticola^ Q. heiero^ phylla, Q. Phellos, Q. falcata, Q. rubra^ Q. Banisteri^ Q.palustris, tous de l'Amérique du Nord et provenant en partie de glands reçus directement par M. Vilmorin père d'André Michaux, le célèbre botaniste, son ami particulier. Deux autres Chênes américains réclament spécialement l'attention des botanistes : l'un (qui est, selon toute apparence, une variété du Q. aquatica) se distingue par l'ir-^ régularité de ses feuilles qui sont tantôt entières, longues et étroites comme celles du Q. Phellos^ tantôt plus ou moins dentées ou lobées d'un seul côté ou des deux; l'autre, qui est surtout remarquable par ses dimensions et sa vigueur, est un exemplaire du Q. macrocarpa^ dont le tronc mesure près de 2 mètres de circonférence au niveau du soi.

Parmi ceux de l'ancien continent, outre les Chênes de France, on remarque le Q. Velaniy le Q. castaneifolia^ le Q. Mirbeckii, les Chênes verts à larges feuilles et à glands doux ; le Chêne-Liége du sud-ouest de la France est représenté par un exemplaire de forte taille. On sait que cette espèce, déterminée par M. J. Gay, et confondue avant lui avec le Chêne-Liége dltalie et d'Afrique, en diffère en ce qu'elle met deux ans à mûrir ses fruits.

Les Conifères sont nombreux et d'une vigueur remarquable ; le sol riche et profond, qui repose sur une épaisse couche de sable, semble particulièrement favorable à leur végétation. Les P. silcestris^ P. Laricio et ses variétés, P. amtriaca^ P. pyrenaica^ y sont représentés par de forts individus plantés pour la plupart par M. Vilmorin père, qui en avait fait venir les graines des sources les plus certaines. Les P. Strobus, P. inopSy P. sabiniana, P. rubra^ P. ponderosa^ de l'Amérique du Nord, présentent déjà d'assez fortes dimensions, les P. monticola et P. tuberculata de la même provenance fructifient déjà depuis plusieurs années.

Parmi les Pins d'Asie, on remarque le P. excelsa^ de l'Hunalaya, et le P. abasica^ des côtes de la mer Noire, au pied du Caucase ;

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tous les deux se développent avec une rapidité surprenante, quoique leur forme ne soit pas toujours très-régulière»

Nous signalerons encore, pour en finir avec les Pins, un exemplaire de P. brutia^ affectant tout à fait la forme d'un Pommier et chargé de cônes violacés, réunis par paquets, qui lui donnent une physionomie tout à fait distincte; un Pin Pignon, greffé sur Pin silvestre et assez fort pour donner des cônes depuis deux ou trois ans ; enlin^ plusieurs spécimens vigoureux et bien venants du P. JJaveana , du Mexique. Quelques autres Pins, aussi d'origine mexicaine, sont encore trop petits pour être mentionnés ici.

En tête des Sapins, il faut placer deux magnifiques Abie$ Pùk-sapoj les plus anciens qui existeot en France. Ils proviennent de graines envoyées à M. Vilmorin par M. Boissier, immédiatement après qu'il eut découvert l'il. Pinsapo dans le midi de l'Espagne. Convaincu, d'après l'altitude où l'arbre croit dans ses montiagnea natales, qu'il devait être parfaitement rustique chez nous, M. Vilmorin n'hésita pas à semer ces graines en pleine terre ; elles ont produit les arbres que nous avons vus à Verrières, et qui, âgés de trente et un ans, mesurent de lô à 18 mètres de haut, et I°',ô0 de circonférence à la base. Le plus grand, seul, a déjà donné deux fois des cônes, tandis qu'un autre arbre, du même âge, mais qui a été transplanté, en donne déjà depuis plusieurs années et régulièrement.

Dans une autre partie du jardin et en face d'un quatrième A. Pinsapo^ de même origine que les autres, se trouve un A. cepha^ lonica^ qui l'égale en diamètre et en hauteur, et qui, lui aussi, fructifie abondamment depuis plusieurs années.

Parmi les Sapins plus récemment introduits, nous citerons des spécimens relativement grands d^Abies Nordmannianay A. cilidca^ A. orientaliSf A. Mertemiaiuiy tous les quatre d'une vigueur de végétation remarquable.

Les Cèdres ne leur sont inférieurs ni en taille ni en rapidité de croissance ; deux Cèdres du Liban, plantés devant la maison en 1815 ou 1816, dépassent aujourd'hui 20 mètres de hauteur; tous les ana ils sont couverts de cônes, et chose singuUère, les graines de l'un sont toujours bonnes et celles de l'autre constamment mauvaises. Deux Cedrus Deodara^ d'assez belle taille, montrent depuis quelques années des chatons mâles, mais n*ont pas encore donné de cônes.

Enfin, nous ne quitterons pas les Conifères sans avoir men*

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tionné les Séquoia gigant^a et sempervirem^ qui sont encore jeunes, mais sembleotdevoir justiQer leur réputation d'arbres géants.

Outre ie$ tbônes, plusieurs autres arbres à feuilles caduques se ibnt remarquer à Verrières, et entre autres un Noyer dont Torigine n'est pas exactement connue, et dont les caractères ne sont ceux d'aucune espèce décrite par les auteurs. U a été signalé par M. Car-^ rière, dans un numéro de la Revue horticole. Peut-être est-ce un hybride; toutefois il paraît se reproduire fidèlement par le semis.

U existe ^ Verrières deux beaux sujets à:AlntAs cordata^ arbre remarquable par la persistance de ses feuilles à l'automne ; il est rare qu'il soit dépouillé avant le 20 novembre et les feuilles ne jau«pissent jamais ; elles tombent vertes.

JLa collection des Érables est nombreuse ; elle comprend la plu* part des espèces européennes et orientales» et quelques-unes de celles de l'Amérique du Nord.

Nous finirons en citant : le Gleditschia triacanthos, et sa variété inermiSf le Cf. sinensis, le Plçmera crenata^ le Virgilia lutea^ et le curieux Vytisus Adamiy qui porte, outre ses fleurs propres toujours stériles, des fleurs de Cytisus purpureus ei de C. Laburnum^ dont les graines se développent parfaitement.

Voilà ce que nous retrouvons dans nos souvenirs au sujet des ^bres plantés à Verrières ; il nous reste à parler maintenant de la partie expérimentale et de la pai*tie industrielle des cultures.

Noits passerons rapidement sur la dernière, qui n'intéresse les botanistes que par la nouveauté et la rareté de quelques-unes des plantes cultivées. Du reste, la plupart des lots destinés à donner des graines et les essais comparatifs des espèces commerciales étant en grande partie disséminés dans les champs loin de rhabitation^ n'ont pu être visités par les membres du Congrès.

Qu'il nous suflise de dire que plusieurs milliers d'espèces ou de vaiiétés sont semés là tous les ans, et que, dans ce nombre, il y a bien chaque année une centaine de nouveautés.

La partie scientifique, qui fait le principal mérite de Verrières, consiste dans les collections comparatives de diverses plantes alimentaires et industrielles, et dans les expériences entreprises en vue d'améliorer diverses plantes utiles.

£n premier lieu, nous devons citer la collection de oéréales commencée par M. Vilmorin père, continuée et si bien étudiée par M. Louis Vilmorin, à qui elle a servi de base pour son Catalogue

sfjnonymique des Froments^ ouvrage qui fait autorité en cette matière. Continuée et augmentée avec soin, elle n'embrasse pas moins aujourd'hui de quatre cents formes distinctes de Blés» Avoines, Seigles et Orges.

La collection de Graminées comprend la plupart des espèces fourragères ou ornementales^ qui peuvent se cultiver en pleine terre sous le climat de Paris. Celles des plantes oléagmeuses, des Houblons, des Sorghos et des Mais, ont une importance qui se comprend sans que nous ayons besoin d'y insister ; mais la plus remarquable de toutes est la collection de Fndsiers réunie par madame Vilmorin, et qui comprend toutes les espèces botaniques connues de Fraisier, ainsi que toutes les variétés obtenues par la culture. Cette collection a entre autres mérites celui de représenter les types des Fraisiers décrits par madame Vilmorin dans le Jardin fruitier du Muséum.

L*importance et l'intérêt des travaux botaniques auxquels cette collection a donné lieu de la part de MM. Vilmorin et de M. J. Gay, et la lumière que l'étude des variétés cultivées jetait sur les caractères réels des espèces, sont une preuve de plus des services que peuvent se rendre l'une à l'autre la botanique et l'horticulture, qu'on a souvent le tort de vouloir séparer absolument Tune de l'autre.

Enfin, c'est à Verrières qu'ont été entreprises la plupart des expériences sur l'amélioration des plantes qui ont amené M. Vilmorin père et M. Louis Vilmorin à créer des races perfectionnées de divers végétaux usuels, parmi lesquels nous citerons les Betteraves et les Garances en première ligne, et aussi à formuler d'une façon si remarquable les lois d'hérédité et de perfectibilité dans les végétaux.

Voilà, en quelques traits principaux, les objets qui ont attiré l'attention du Congrès dans sa visite à Verrières ; malgré la rapidité forcée de son examen, il en avait assez vu pour concevoir la réputation européenne d'une maison qui depuis plus d*un siècle marche à la tête de l'horticulture française, éclairée à la fois par la science et pai* une haute intelligence pratique. Mais c^ serait rendre un compte bien incomplet de notre visite que de ne pas insister sur les démonstrations internationales dont elle a fourni l'occasion. Par les ordres de madame Vilmorin, que secondaient, dans sa gracieuse réception, ses fils, MM. Henry et Maurice Vilmorin, et son honorable associé M. Mies, accompagné des principaux employés de

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