‹ Acteurs et actricesChapitre 11 sur 22 · TRAGÉDIENS ET TRAGÉDIENNES · texte numérisé non relu

TRAGÉDIENS ET TRAGÉDIENNES

Murs, rades.

Flots verts, Tirades En vers, Boutiques Antiques, Portiques Ouverts.

Sur sa couche, Œil hagard, Fière bouche, Noir regard, Une reine Souveraine Vient, ni*entraîne...

C'est Agar !

Mais je résiste ; Combien c'est beau !

68 Physionomies Parisiennes.

Je brave Égisthe (Lisez Gibeau).

Débat nocturne :

Je rêve d'urne Et de cothurne Et de flambeau !

Viennet, moins malade, D*un bond hors du lit Saute chez Taillade, A qui Latour lit Une tragédie, Beaucoup trop hardie

Pour être applaudie

Legouvé pâlit.

Mais à moi que m'importe !

Princesses et tyrans, J'entends battre à ma porte Et s'accroître leurs rangs ; Comptant sur mon silence, A la main une lance, Arbogaste s'élance Avec vingt mille Francs !

Effaré, je les regarde

Par mes rideaux dérangés

Ah mais ! non ! non ! A la garde !

Trop de confidents rangés !

Trop d'Arcas et trop d'Arbate !

De Phénix, de Mithridate, DeCorasmin, d'Orondate!

Trop de gardes affligés !

C'est fini ! les voilà tous maîtres De mon logement profané ; Kt le bruit de leurs exhamètres Monte à mon plafond consterné.

C'est Lekain sorti de sa fosse, Talma récitant du Lafosse, Et Saint-Aulaire à la voix fausse, Et Fonta qui parlait du nez !

Cris de Tenfer ! bacchanale classique !

Grands bras, grands vers, noble abrutissement ! Lambeaux de pourpre et plumes de cacique !

Fers, feux, mortels, et tout le tremblement!

Fureur d'Achille et délire d'Oreste!

Dieux attestés et colère céleste !

Rideaux de lit, casques, glaive funeste, Vous m*ennuyez majestueusement !

70 Physionomies Parisiennes.

Victor ! si de leurs tirades Ta grande ombre peut me sauver, J'apprendrai toutes les tirades Qu'à vingt-cinq ans tu sus trouver, Et dont Cornélie, avec âme, Aussitôt qu'elle les déclame, Fait circuler l'ardente flamme Au cerveau prompt à s'aviver!

Ils sont partis! Dans l'espace Résonnent leurs douze pieds.

Qu'emporte le vent qui passe !

— Défense à tous les pompiers De ne plus souffrir que monte Cette horde qui, sans honte, A toujours prête une ponte De rhythmes estropiés !

J'ai, tremblant qu'il n'en reste, Après m'être signé.

Donné d'une main preste ; Et, Ricourt consigné, La mémoire meurtrie, A mon aide je crie.

Pour voir par Vacquerie Théramène empoigné!

Acteurs et Actrices, 7i

Des rimes étranges

M 'arrivent encor

Mais je suis aux anges Car j'entends le cor D*Hernani qui pleure Et qui sonne, à Theure Où la joie effleure Meurice qui dort !

A moi, cohortes !

A moi, renforts !

Naissez, escortes, Belles d'efforts ! A moi, Salluste !

Didier robuste, Gubetta fruste.

Hardis et forts !

Romantiques Aboyants, Et gothiques Flamboyants, Font vassale Une salle

Colossale

Les vaillants!

72 Phpionomies Parisiennes.

Arbate, S'il sort Sans batte, Est mort.

Le grave Burgrave Le brave, Et mord !

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