‹ Actinomycose céco-appendiculaireChapitre 11 sur 26 · INOCULATION DE CULTURES PURES · texte numérisé non relu

INOCULATION DE CULTURES PURES

Echec de MM. Mandereau, Mosselman, Lienaux sur le chat, le chien, le cobaye, succès sur les rats, lapins,

moutons, chèvres.

En 1890, Wolff et Israël, injectèrent des fragments de culture dans le péritoine de trois lapins et obtinrent des lésions identiques : Tumeurs dans la paroi abdominale dans le péritoine, l’épiploon, l'intestin. Tumeurs de grosseurs variables (tète d’épingle, noisette) de couleur rose pâle contenant des granulations composées de plusieurs grains jaunes inclus au milieu de cellules rondes mélangées de cellules en dégérescence graisseuse.

Dor et Bérard inoculèrent au lapin des cultures dans le corps vitré. Pendant les huit premiers jours ils constatèrent à l’ophtalmoscope et à l'éclairage oblique un grand nombre de corps arrondis, jaunâtres qui envahirent la chambre antérieure et provoquèrent une hypertension à laquelle succéda rapidement un abaissement de la tension oculaire. La deuxième et troisième semaine la température resta au-dessous de la normale et la mort survint le quarantième jour.

Autopsie. — Adhérence du péricarde, adhérences pleurales, cavernes aux sommets du poumon contenant du liquide mais pas de grains jaunes.

Depuis d’autres expériences ont été pratiquées :

Echec constant avec culture sur gélose et œuf de poule.

Succès avec culturesur bouillon, mais seulement par voie trachéale.

Succès plus fréquents avec injections dans la cavité

péritonéale de cultures sur pommes de terre.

ETIOLOGIE

Fréquence. — L'’actinomycose intestinale est une des localisations les plus fréquentes du parasite et ceci se comprend, si l’on veut bien se rappeler, que presque tous les cas d’actinomycose thoracique, abdominale, rénale, ovarienne, ont pour point de départ des lésions primitives de l’intestin.

Dans la statistique d’Israël on compte 3 observations sur 7. Grill sur ces 106 cas donne une proportion de près de moitié (40 sur 106). Hlich sur 421 cas trouve 89 cas d'actinomycose abdominale, mais il ne précise pas l’origine exacte de ces lésions de l'abdomen.

Il n’en est pas de même de Moosbrugger. Les 73 observations qu'il a recueillies en Allemagne montrent que onze fois la lésion est limitée exclusivement à l’intestin et sept fois la porte d’entrée à été probablement intestinalé.

Sokoloff donne une proportion de 12 pour 100. Enfin

Poncet et Bérard n’ont rencontré que trois cas d’actino”

NT ré

mycose intestinale pure. Peut-être est-ce par la prédo-

minance des lésions sur tel ou tel appareil où Factinomyces s'est secondairement localisé et qui masquent le foyer primitif que l'on doit les divergences d’appréciation de ces différents auteurs.

Quant à la fréquence de l'actinomycose sur telle ou telle région de l'intestin. On peut dire que la lésion cæco-appendiculaire est de beaucoup la plus habituelle.

En effet, nous relevons dans la statistique de Grill, 2? cas seulement où le jéjunum et le duodénum sont seuls touchés, { cas où l'iléon est pris, 7 où la lésion est rectale, S où elle est colique et 48 où elle est cæcoappendiculaire.

Il est inutile de s’attarder aux causes prédisposantes de l'actinomycose intestinale ; elles sont les mêmes que celles qui président au développement de l’actinomycose en général.

Exceptionnelle chez l’enfant, on l’observe surtout de de 18 à 40 ans.Le sexe masculin donne, au moins chez l'adulte, une proportion plus forte que le sexe féminin, ce qui s'explique par la différence de leur genre de vie (Poncet et Bérard).

Ce qui importe, en effet, c'est surtout la profession de l'individu, les actinomycosiques, et ce’était le cas de notre malade et c'était aussi le cas des deux malades de Cranwell, sont des bergers, des cultivateurs, des palfreniers, des cochers, des conducteurs de bestiaux, des pelletiers. Toutes ces professions exposent les malades à des contacts fréquents avec des animaux sus-

pects d’actinomycose. Pourtant on a beaucoup discuté

NT la possibilité de l'infection de l’homme par l'animal, et l’on prétend plutôt, que l'infection se fait par les céréales, la paille, les barbes d’épis, les farines alimentaires, que les individus introduisent dans leur bouche, et qui sont fréquemment chargées, comme l’a démontré Schlegel, de colonies d’actinomyces.

On retrouve assez fréquemment le traumatisme à l'origine de l’actinomycose, les observations ne sont pourtant pas toutes absolument démonstratives. Le malade d'Hochnegg, forgeron, reçut un coup de marteau sur la région hypogastrique et ce n’est que neuf mois après que le malade est pris de douleurs abdominales, indice d'actinomycose bientôt suppurée de l’appendice.

A côté du traumatisme il est impossible de ne pas attacher une certaine importance à ce fait que les barbes de plumes ou d'épis qui servent de véhicule au parasite soient capables de l’innoculer à la paroi en la traumatisant. Enfin, n’est-ce pas un véritable traumatisme que l’irritation permanente de certaines régions de l’intestin par des scybales indurées.On voit en effet

la constipation signalée dans l’étiologie de quelques cas

‘d’actinomycose.

Il est certain que l’actinomycose intestinale n’est pas également fréquente dans tous les pays, c’est l’Allemagne qui donne la plus forte proportion.

C’est à Tubingen, en effet, que Grill a rencontré le plus grand nombre de cas. C’est à Berlin qu'Israël a réuni les siens. C’est à Konigsberg que Samter en trouve deux cas.

L'Autriche, la Russie, le Danemark, l'Angleterre, l'Italie viennent bien après l'Allemagne. L’actinomycose est exceptionnelle au Brésil, aux État-Unis, moins rare dans l’Amérique du Sud où l’abondance des troupeaux et des pâturages expliquent suffisamment bien que ces statistiques sont antérieures, pour la plupart, à 1892 et que, depuis ce moment, au fur et à mesure que la maladie est mieux eonnue,des cas s’en sont multipliés ; c'est ainsi qu’en France nous en connaissons près de quatre-vingis cas presque tous papartenant, il est vrai, à la région lyonnaise, mais on peut juger de la progression par la statistique suivante :

De 1888 à 1896, 67 observations, 25 sont publiées dans les trois premières années : 23 dans la deuxième et 12 dans le premier semestre de 1896. Nous ne nous étendrons pas d’ailleurs plus longuement sur ces différents points que nous empruntons pour la plupart au livre de Poncet et Bérard, et qui ont trait à l’actinomycose en général et non à la lésion intestinale.

Voies d'accès du parasite. — Parmi les lésions intestinales,il en est un très grand nombre qui ont leur origine dans le tractus digestif lui-même ; c’est ainsi que la tuberculose débute fréquemment par la muqueuse, de même la dysenterie: l’actinomycose semble être un type de lésions à point de départ canaliculaire. ‘Le parasite introduit avec les aliments (farine, pain) où avec des corps étrangers (épis de blé, poils) descend le long de l’œsophage et de l’estomac où il peut d’ailleurs déterminer des lésions plus ou moins perceptibles jus-

qu’à l'intestin gaèle et le gros intestin où il peut s’ar-

rêter. Certes un grand nombre d'individus doivent déglutir des germes d’actinomycose qui traversent leur tube digestif sans y créer aucune altération. Il est impossible en l'absence d'examen régulier des matières fécales fait, particulièrement chez des écarrisseurs, chez les batieurs de blé, par exemple, d’en connaître exactement la fréquence. Toujours est-il qu'une fois dans l'intestin grèle et le gros inteslin, le parasite trouve un certain nombre de régions où la circulation intestinale est, en quelque sorte ralentie, et qui sont favorables à sa pullulation. Nous retrouvons là une des causes principales de la localisation d’autres microorganismes comme la tuberculose (Girod et Chauveau) et peut-être aussi d’autres affections non parasitaires comme le cancer.

Ces points d'élection sont tout d’abord le duodénum où l’on signale deux cas de localisation exclusive, puis vient la partie terminale de l’iléon, et enfin, et surtout le cæcum qui est l’organe où la stase des matières fécales entraîne les irritations les plus évidentes. Dans la statistique que nous avons donnée, le cæcum sc trouve pris dans dix-huit cas, c’est encore le cæcum qui est pris dans les trois observations de Cranwell, c’est encore le cæcum qui est pris dans l'observation de Gangolphe, dans celle de Illich, dans celle de Dieulafoy et Vidal, dans celle de Letulle pour ne citer que les principales et dans la nôtre.

Après le cæcum on doit signaler une quinzaine de localisations au niveau du côlon et du gros intestin

du rectum même, qui sont, eux aussi, fréquemment

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; 0 irrités par le passage des matières solides (Geissler). ù : 4 Il est possible que dans de très rares cas l’actinomy- 7 D ; FA RS 3 M "* ; __ cose cæcale puisse être d’origine sanguine. Malheureu- Du (| , "t 7 * LED sement dans presque toutes les observations le foyer | PR ‘10 cæcal est prédominant et il est vraisemblable que si # / = 4 Mi. l’inoculation au cæcum et à l'iléon d'un parasite cireu- : 2148 lant dans le sang et provenant d’un foyer éloigné, est ES possible, elle est, tout au moins exceptionnelle, nous 1% : : ST :

aurions pourtant tendance à rapporter à une affection ne sanguine, en raison même de leur multiplicité, l’acti- à 4 u . , . » Û 0 r À nomycose disséminée signalée par Chiari.

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