‹ Actinomycose céco-appendiculaireChapitre 12 sur 26 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Il semble exister deux formes anatomiques de l’actinomycose intestinale. L'une rare, dont on ne connaît pour ainsi dire qu'un exemple, l’autre plus fréquente et à laquelle correspondent la presque totalité des faits publiés.

Nous désignerons la première sous le nom de forme ulcéreuse diffuse, la seconde sous le nom de forme infiltrée localisée.

La forme ulcéreuse diffuse était caractérisée dans l'observation de Chiari par des lésions en plaques blanchâtres légèrement surélevées qui donnaient au doigt l'impression d’un amas de sable mouillé (Poncet). La plupart de ces plaques étaient ulcérées et parsemées de petits amas plus ou moins jaunâtres, ayant une grande ressemblance avec les colonies types d’actinomyces. Les plus grandes avaient 1 centimètre 1/2 de large et 1/2 centimètre de profondeur.

Il est possible, ainsi que l’ont avancé Poncet et

Bérard, que l’actinomycose intestinale commence par des lésions diffuses et superficielles. Malheureusement, nous n’avons pas l'occasion d'examiner les malades à une période aussi peu avancée de leur maladie. C'est à cette époque, comme nous le verrons dans une autre partie de ce travail, qu’il serait intéressant de prendre sur le fait la lésion à son début.

La deuxième forme est plus banale. Quelle soit localisée au duodénum ou au jéjunum, ou bien qu'elle atteigne, ce qui est la règle, la région cæcale et l'appendice, elle revêt toujours un aspect lardacé et seléreux. Dans l'observation de Gangolphe, l’appendice solidement fixé au milieu d’adhérences résistantes à l'iléon et à l’anse grêle voisine à la vessie et au rectum, était perforé à son sommet. Dans celle de Illich l’appendice est simplement épaissi et induré. Dans celle de Cranwell et dans d’autres, le cæcum est blindé en quelque sorte à sa partie inférieure et soudé au péritoine, à la fosse iliaque à l’épiploon et aux anses intestinales. Il est souvent difficile de mettre à nu l'organe malade en raison de l'infiltration du tissu sous-péritoneal de la paroi abdomidale, en raison surtout des fistules qui pénètrent tout ce magma lardacé. Il n'est pas rare de voir les lésions se propager aussi, comme dans notre observation, dans la région préviscérale, vers l’ombilic, vers la fosse iliaque gauche.

Quand on examine la cavité des organes atteints, on constate une sorte d'état tomenteux de la muqueuse qui est boursouflée, congestionnée. En certains points on voit des nodules jaunâtres, dans d’autres des ulcé-

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