‹ Actinomycose de l'amygdaleChapitre 4 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ignorée il y a quelques années encore, peu connue aujourd’hui même dans certaines régions, l’actinomycose semble, dans les centres où on la recherche voir son cadre s'enrichir chaque jour. À côté des formes cervico-faciales, pleuro-pulmonaires... qui, jusqu'ici, ont à elles seules rempli les cadres de cette affection, nous voyons chaque jour l’actinomyces se localiser dans un nouvel organe, y revêlir une forme bien définie. Récemment dans la clinique de M. le professeur Poncet ont été citées de nouvelles localisations du parasite. Aussi voit-on à mesure que l’on cherche à dépister l’actinomyces, les organes jusqu'ici réputés intangibles perdre peu à peu vis-à-vis de lui cette réputation de résistance remarquable.

Un des tissus qui, de l’avis de tous, semble être le mieux défendu contre l'attaque de l’actinomyces est

sans contredit, le tissu lymphoïde. Et cette opinion est en effet basée sur une intégrité clinique habituelle de ce tissu. On a de fait que très rarement cité de lésions actinomycosiques du tissu lymphoïde, si largement répandu pourtant dans l’économie. On a — il est vrai— noté des cas d’envahissement de l’amygdale ainsi que des cas d’actinomycose ganglionnaire, cas très rares et dont la valeur ne peut être acceptée sans étude en raison de la confusion possible ‘avec des formes similaires de pseudo-actinomycose.

Nous devons donc étudier quelques points de l’étio-

logie des formes cervicales de manière à être fixé sur les portes d’entrée de l'actinomyces.

En dehors des cas très rares où les téguments du cou sont inoculés directement par des objets souillés d’actinomyces, c’est par les voies digestives supérieures que pénètre l’actinomyces d’où il diffusera ensuite pour envahir les régions voisines. Il s'agira dansces cas soit d’une inoculation en un temps, ou bien l’infection de la muqueuse sera plus ou moins tardive à la faveur de la solution de continuité créée par le corps étranger. Quoi qu'il en soit, ainsi que l’a établi M. le professeur Poncet « dans le développement des lésions de la face et du cou, le véhicule presque constant du parasite est constitué par des débris végétaux et la porte d'entrée habituelle est la cavité buccale ».

Un point reste à établir: A côté des voies buccale et æsophagienne le parasite ne pourrait-il entrer dans l'organisme par la voie amygdalienne? Question depuis longtemps déjà soulevée et loin d’être encore résolue aujourd’hui malgré l'apport de nombreux cas cli-

Page 1