‹ Actinomycose des canalicules lacrymaux [electronic resource]Chapitre 9 sur 17 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

de Von Schroeder.

Anastasie Benjanoïva, âgée de 23 ans, domestique à la campagne s'aperçut il y a environ un an qu'elle portait à la paupière gauche une petite tumeur qui augmenta lentement de volume. Léger larmoiement. Le matin, l'œil était collé, mais il n'y avait jamais eu apparence d'inflammation. Élat général satisfaisant. Le long du canalicule lacrymal inférieur, on aperçoit, à l'examen de la malade, une légère tuméfaction de la grosseur d'un pois et de forme ovoïde. Pas d'adhérence de la peau. Cette petite tumeur est de consistance très ferme mais se laisse cependant aplatir sous une forte pression. Il ne sort pas de pus par le point lacrymal élargi.

La conjonctive présente une inflammation chronique, surtout dans la moitié nasale : l'inflammation est du reste légère.

L'incision du conduit lacrymal laisse sortir une masse de couleur vert jaune en bouillie et contenant les grains accolés les uns aux autres. Cette masse était située dans une cavité du même volume qu'elle et formée par l'élargissement de la ^ paroi inférieure du canalicule lacrymal. La muqueuse de cette cavité était tapissée de. mucus, rouge mais d'ailleurs normale : l'exploration à l'aide de la sonde permettait de constater un épaississement diffus de la paroi. La malade fut observée pendant un mois à peu près. Elle était complètement guérie.

La sonde passait facilement, mais les parois du canalicule lacrymal semblaient être encore un peu rugueuses.

OBSERVATION III Elschnig. — Kl. Monaslbl. f. Aug. 1895.

M™°A..., 70 ans, me consulta le 27 juillet 1894 pou^ début de cataracte à l'oeil droit qui avait été vainement combattu depuis un an par des eaux spéciales.

La fente palpébrale de l'œil droit était un peu rétrécie.

La paupière supérieure était épaissie vers l'extrémité interne et la peau plus lisse en cet endroit; très peu rouge.

Le point lacrymal supérieur était élargi, la muqueuse du conduit lacrymal légèrement proéminente de couleur jaunâtre. En palpant la partie épaissie de la paupière, on sent entre les doigts une tumeur de la grosseur d'une petite fève, assez dure et orientée dans le sens du conduit : la pression sur cette masse fait sortir une petite quantité de liquide louche par le point lacrymal. Le point et le canal lacrymal inférieurs sont normaux. La conjonctive entière était rouge et laissait échapper

du pus. .

A la suite de cet examen j'ai cru à la présence d une formation étrangère: végétations granuleuses ou actmomycose. L'incision du conduit lacrymal supérieur était nécessaire et je l'exécutai sur-le-champ avec le consentement de la malade. Il était très facile d'introduire le petit couteau de Weber dans le point lacrimal élargi. A l'incision, la paroi inférieure et postérieure du canalicule lacrymal 'était épaissie. Deux petits grains jaunâtres en sortirent aussitôt avec le sang que donnaient les bords de la blessure. Au moyen d'une petite curette chalazion on parvint facilement à extraire du conduit lacrynial élargi une masse de grains qui avait peut-être la grosseur de deux pois. Après avoir arrêté l'hémorragie assez abondante par la compression du canaliculelacrymal supérieur, on remarqua

que ce conduit présentait une cavité de 1/2 à 3/4 de centimètre de diamètre. La muqueuse était épaissie, gris rouge et veloutée. Cette cavité était en outre séparée du canalicule lacrymal normal par un passage court et étroit.

Cette cavité fut nettoyée à fond avec un tampon d'ouate trempé dans le sublimé au I/Iooo^ on fit alors un massage au sublimé de la poche.

La guérison fut complète au bout de quelques jours pendant lesquels fut continuée la désinfection des voies lacrymales. La cavité se rétrécit : la muqueuse qui la tapisse devint lisse, la sécrétion disparut, ainsi que toutes les autres apparences subjectives et objectives du catarrhe conjonctival si opiniâtre auparavant. Il y a quelques jours, je pouvais m'assurer encore de la guérison complète de ma malade.

Il est à remarquer que ni dans la manière de vivre, ni dans la situation de la malade, on ne pouvait trouver la raison du développement du champignon des voies lacrymales.

OBSERVATION IV Schroeder.

Le „ août ,894, une jeune fille âgée de 18 ans, nommée Cathenne Nikolajewa, se présenta au dispensaire de la clinique ophtalmologique. Elle a toujours habité la ville, n'a jamais man.é de blé et travaillait depuis plusieurs années dans un ateher de reliure. Personne dans son entourage ne présente de semblable affection. L'état général est excellent

Jl y ava.t deux ans que ses yeux étaient devenus malades et avaient été guéris dit-elle par le sulfate de cuivre. Il y avait à peu près 7 mois que s'était montrée une tuméfaction de la

paupière gauche inférieure, qui a augmenté lentement de volume depuis ce temps. Douleur légère comparable à celle d'une faible conjonctivite.

A l'examen : à la paupière droite inférieure dans le sens et un peu en dessous du canalicule lacrymal tuméfaction de là grosseur d'un petit pois. Ronde, bombée en arrière comme en avant, élastique comme une pâte. La peaU qui la recouvre est un peu rouge: injection de la conjonctive jusqu'au m.heu de la paupière. Le point lacrymal est fortement élargi ; par son orifice on aperçoit une masse d'un vert jaune : par la pression, il sort un liquide un peu trouble. Pâs de douleur à la pression, la tuméfaction ne diminue pas de volume.

S'appuyant sur les cas observés déjà dn pouvait porter avec sûreté le diagnostic d'actinomycose du canalicule .

Ge canalicule fendu, on constate qU'il s'élargit à sa partie inférieure pour fofttiei- une petite poche à {.àrois polies contenant trois graihs jâurtâtres ; d'aspect aetinomycétique. On les extrait à l'aide de la curette et on excise un peu de ce tissu granuleux dans une région indéterminée, mais vraisemblablement près du point lacrymal. Les parois se sentaient sous la curette fortement infiltrées. La malade se présenta encore deux fois au dispensaire. On n'apercevait plus rien de la tuméfaction antérieure. La conjonctive n'était presque plus ,ou.e et les bords de la blessure avaient l'aspect normal. La douleur avait disparu

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