‹ Actinomycose des canalicules lacrymaux [electronic resource]Chapitre 8 sur 17 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Von Schroeder, de Saint-Pétersbourg. i8. Kl. mon. fur

Aug., 1894.

Une femme âgée de 36 ans, bien portante, habitant la campagne, vint me consulter le 16 mars 1893, pour asthénopie et conjonctivite de l'œil gauche. L'asthénopie était due à l'insuffisance du droit interne et à l'hypermétropie, mais l'acuité de la vue était normale et l'asthénopie fut abolie par des verres sphériques prismatiques.

Le catarrhe avait débuté il y avait presque 2 ans et occasionnait une cuisson et une sensation gênante dans l'œil ; le matin, au réveil, l'œil était toujours collé. Il y avait du larmoiement, La malade avait consulté un médecin et s'était servie d'eau boriquée sans succès. Cependant, dans l'angle interne de l'œil s'était formée une petite tumeur qui allait en augmentant de volume. En examinant l'œil gauche qui était sain sous tous les autres rapports, on voyait à la partie nasale de la paupière inférieure qui correspond au canalicule, une tuméfaction qui ressemblait à un chalazion : elle bombait également en avant et en arrière et faisait une saillie de la grosseur dun pois, Au dessus de cette petite tumeur, l'aspect de la peau était le même. Pas d'adhérence de la peau.

La conjonctive était plus hyperémiée que celle du côté opposé qui présentait aussi une légère rougeur.

Le bord palpébral correspondant au canalicule gauche n'était pas tuméfié, mais rouge. Le point lacrymal inférieur du même côté était deux, fois plus dilaté qu'à l'état- normal : on y voyait une masse jaune et un liquide jaunâtre. Il fallait une pression assez forte sur la tumeur qui était élastique et dure pour faire saillir par l'orifice lacrymal, une gouttelette de pus. Je fendis le conduit lacrymal qui allait s'élargissant vers la partie inférieure et formait à son extrémité une cavité dont on retira à l'aide d'une curette une quinzaine de grains.

Ces grains allaient de la grosseur d'une tète d'épingle à celle d'un grain de millet : ils étaient de couleur jaune-verdâtre et aplatis les uns contre les autres comme des calculs. Us n'étaient aucunement adhérents à la paroi du canalicule, mais retenus dans la cavité. L'examen macroscopique permettait de voir à leur surface un dessin radié dû à la présence de faux sillons. Leur consistance était moyenne, de sorte qu'une pression assez forte les écrasait, mais sans les émietter. Autour des grains un peu de liquide jaunâtre. La muqueuse de la cavité "était très hypéremiée, mais lisse et paraissant intacte. En cherchant à l'aide de la curette les grains placés à sa partie inférieure, on remarqua que la paroi antérieure de la cavité était épaissie et le siège d'une infiltration qui lui donnait une certaine dureté; elle formait une sorte de carapace qui se laissait entraîner très loin par la curette à cause de son défaut d'adhérence à la peau. Je n'ai pas examiné la paroi posté-

rieure

Les grains enlevés, j'ordonnai des lavages avec une solution de sublimé au i/6ooo<^ pendant deux jours. Je revis alors la malade; la conjonctivite jusqu'alors très opiniâtre avait presque complètement disparu, et avec elle toute la gène ressentie par la malade. Les parois de la caverne s'étaient accolées et recouvertes par une muqueuse d'aspect nor- ,v>l Pas de suppuration. Je n'ai plus revu la malade depuis,

mais j'en ai reçu des nouvelles très satisfaisantes : la guérison s'est maintenue.

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