‹ Actinomycose des conduits lacrymauxChapitre 11 sur 16 · LT · texte numérisé non relu

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Streplothrix, de l'espèce oospora et qui sont rangés tout à côté de l’actinomyces : l'espèce oospora contient plusieurs variétés d’après la classification de M. Blanchard (Traité de path. gén., Bouchard, {. Il}.

Oospora aclinomyces.

Oospora farcinica.

Oospora Madurae.

Oospora Fœrstert.

Oospora Hofmani.

Oospora Gruberi.

Oospora Guignardi.

Oospora Violacea (de Doria).

Tous ces champignons ne sont pas pathogènes et quelques-uns n’ont qu'un intérêt scientifique. « Ce sont donc, conclut Cuignot, tous ceux de ces parasites qui sont pathogènes qui produisent les affections que nous rangeons dans le groupe des pseudo-actinomycoses : l’'Oospora farcinica donne le farcin du bœuf: l'Oospora Madurae le pied de Madura, l'Oospora Fœrstert les concrétions lacrymales pseudo-actinomycosiques. »

Les concrétions lacrymales produites par l'Oospora Fœrsteri ont une telle analogie avec celles dues à lOospora actinomyces qu'on rapportait autrefois au premier de ces parasites la formation de concrétions dans les canalicules lacrymaux: c'est ce parasite que Cohn avait vu et qu'il avait désigné sur le nom de « Streptothrix Fœrsteri ». Comment donc distinguer ces deux champignons qui, si voisins l’un de l’autre, réalisent encore une affection analogue ? C'est par l'aspect,

l'examen microscopique el les cultures que M. Dor à

= Lu —

pu établir un lableau d'ensemble reproduisant les principales diilérences entre les champignons de l'actinomycose et celui de la pseudo-actinomycose.

Cliniquement, cette affection rappelle dans ses orands traits l’actinomycose vraie des voies lacrymales; «une observation attentive, dit Cuignot, permet à peine de relever quelques petits signes qui ne sont pas de nature, à eux seuls, à faire porter ce diagnostic : dans le pus, les grains sont rares, beaucoup plus volumineuæ que ceux que l’on rencontre dans l’actinomycose vraie, plus fragiles, se réduisant facilement en bouillie sur la plus faible pression. Hans Ruge, dans ses observations, a fait ces remarques el insiste sur ces différences légères.

Le cas de Swatchenko, par son aspect clinique. rappelait également beaucoup Pactinomycose ; il se distinœuait cependant, d’après l’auteur, par l'odeur franchement aigrelette du pus... , enfin, par la couleur brunâtre et la friabihté des masses qui remplssaient les trajets.

Fait important, et qui vient encore établir une analogie plus frappante, tous les auteurs signalent dans les cas qu'ils ont observés la présence des granulations Jaunâtres où blanchätres considérées jusqu'à aujourd’hui comme absolument caractéristique de l'acti-

nom ycose.

Diagnostic. — L'évolution des symptômes est done bien peu propre à faire soupçonner la nalure exacte de l'affection et le diagnostic ne peut pas être posé

d'après les symptômes cliniques: toujours On à cru

En ne

se lrouver en présence de cas d'actinomycose: l'examen microscopique seul à permis de recüifier ce diagnoslic qui, cliniquement, paraissail indiscutable.

On pouvait se croire autorisé iusqu'alors, en effet. à porter le diagnostic d'actinomycose toutes les fois que. dans du pus on trouvait de petites granulations Jaunàtres formées par l’agelomération d'un mycélium; or, dans nos observations, à l'examen microscopique, les grains ont bien apparu comme formés de filaments mycéliens ; mais ceux-ci, se différenciaient complètement par leur aspect, leur structure, leurs cultures de ceux de l’actinomycose.

Comme nous l'avons déjà fail remarquer, les grains de pseudo-aclinomycose sont plus volumineux, plus lendres, se laissent plus facilement écraser: le poids d'une lamelle porte-objets les écrase complètement. Après coloration avec le picro-carmin, le violet de gentiane, l'hémaloxylhine, leur structure apparail d'une facon très évidente.

Le grain est constitué par un amas mycélien, mais qui diffère très notablement de l'aspect de grain d'actinomycose: l'aspect rayonné n'exisle pas: les extrémités des filaments ne présentent pas les (erminaisons renflées caractéristiques : les massues. L'absence absolue de massues est un fait intéressant sans doute, mais qui ne peut, à lui seul, permettre d'éliminer le diagnostic d’actinomycose; ces productions n'ont rien d'essentiel, ne s’observent pas dans les milieux de culture très favorables et doivent être considérées comme une simple forme de dégénérescence.

« Que l’on suppose, dit M. Dor, un enchevètrement

Ef: ©,

50 — de filaments aussi longs que les leptothrix, mais notablement plus grêles, formant un réseau dans les mailles duquel étaient emprisonnés de nombreux grains ovoïdes, et on aura l’idée de la constitution de ces crains. »

Cette analogie avec la leptothrix a été également indiquée par Ruge.. Cette forme de larges filaments enchevêtrés n'a rien de fixe. Sawlchenko a décrit le parasite sous l'aspect de fins bâtonnets accolés l’un à l’autre el de dimensions variables: du reste, dans les cultures en bouillon. M. Dor a trouvé toutes les formes de passage entre des cocci ovoïdes, des bâtonnets et de longs filaments. Il est donc probable que les grains arrondis ou ovoïdes qui sont répandus dans les mailles des filaments mycéliens doivent être considérés comme les parties d’un mème parasite, mais à une phase différente de son évolution.

Cultures. — Avec les grains recueillis chez les malades du service de M. le professeur Poncet, M. Dor à obtenu les résultats suivants :

Ensemencé dans.le bouillon, le parasite trouble le milieu de la culture et se développe au fond du tube. jamais à la surface, sous forme de fines pellicules : l’actinomyces se développe également au fond du liquide, mais sans jamais le troubler. Au bout de plusieurs jours, les tubes de culture laissaient échapper une odeur fétide qui n’a pas été signalée par l’actinomycose... Dans le bouillon il produit un trouble et, au fond du tube on voit se produire des grains ana-

logues à ceux trouvés dans le pus.

La culture, dans le sérum liquide, se trouble le troisième ou quatrième jour, et la réaction devient plus alcaline qu'avant la culture: il s'y forme également des grains.

Dans les cultures jeunes (3° jour), les grains se présentent sous l'aspect de bâtonnets courts etimmobiles, de 0,8 à > millimètres de longueur.

Dans les cultures plus vieilles (10 à 12 Jours), on Lrouve aussi des filaments granuleux et des bâtonnets longs, renflés aux extrémités ou fusiformes ; si ces cultures sont exposées à l'air, les formes mobiles disparaissent complètement; on ne peut plus se servir de ces cultures pour ensemencer d’autres milieux ; elle ne sont plus virulentes pour les animaux.

Sawichenko, par des inoculations du pus et des cullures faites à des lapins provoqua chez eux des lésions suppuratives analogues à celles observées chez les malades. Dans le pus des animaux inoculés on réussit à découvrir le même parasite. Les animaux succombèrent au bout de vingt à trente jours par cachexie. Le pus recueilli sur les animanx exhalait la même odeur caractéristique que celui du malade. »

Nous reproduisons dans un tableau d'ensemble les différences entre le champignon de l'actinomycose el celui de la pseudo-actinomycose, différences que M. le professeur Poncet a signalées dans sa communi-

cation au Congrès de chirurgie.

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