Action d'une masse intramercurielle sur la longitude de la lune
La théorie de la Lune est loin de concorder avec l’observation, qui a mis en évidence d'importantes perturbations ne pouvant, selon toute apparence, se rattacher aux actions des masses connues du système solaire.
L'une de ces inégalités a, comme on sait, une amplitude d'environ une demiminute d’arc, avec une période évaluée à 273 ans. D’autres, à coefficients plus faibles, sont manifestes. En outre, la valeur théorique de l’accélération séculaire n’est pas vérifiée par l’ensemble des observations d'anciennes éclipses.
N'y a-t-il pas lieu de se demander si, parmi les causes capables de produire ces écarts entre le calcul et l’observation, il ne conviendrait pas de considérer l’action d'une masse voisine du Soleil?
Sans rien préjuger de lexistence d’un tel corps, j'ai cru intéressant de rechercher l’ordre de grandeur des perturbations que pourrait occasionner sur la longitude de la Lune une planète intramercurielle convenablement placée. Il s’agit d’inégalités à longue période, les seules qui puissent être sensibles dans ce cas.
J'ai trouvé que, pour une trentaine d’orbites d’un tel astre, Pinégalité de 273 ans de période pourrait être attribuée à une masse au plus égale à celle de Mercure. Dans le cas de plusieurs orbites, la masse nécessaire serait voisine de celle de notre satellite. Pour deux d’entre elles, la douzième partie de Mercure suffirait. Enfin, des masses beaucoup plus faibles fourniraient de fortes inégalités à très longue période.
Les résultats auxquels je suis parvenu montrent donc quelle serait l'importance,
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2 D. SAINT-BLANCAT.
au point de vue du mouvement de la Lune, de lexistence de faibles masses intramercurielles, pour des orbites déterminées.
L'explication des anomalies du mouvement de la Lune préoccupe les astronomes depuis un demi-siècle. Pensant que, dans l’état actuel, nulle tentative en vue d’une solution possible ne doit être négligée, il m’a semblé que ces nouvelles recherches n'étaient pas superflues et pouvaient avoir de l’intérêL.
Je tiens à dire que, si ce travail obtient quelque estime, la meilleure part en reviendra à mon jeune maître, M. Andoyer. Je lui exprime toute ma reconnals-
sance pour avoir bien voulu m'aider de ses précieux conseils et de ses bienveillants
nooa G 1 encouragements (!).