IV. - Conclusions, Interprétation
De l’ensemble des documents précédents se dégagent les conclusions suivantes : chez le chien chloralosé, et dans des conditions déterminées d’anesthésie, l’injection intraveineuse de chlorhydrate d’éphèdrine à la dose de vingt-cinq milligrammes par kilog d'animal augmente la résistance à la dépression barométrique et à la raréfaction en oxygène
qui en est la conséquence. Le fait a été nettement observé
PCT + Does
pour des dépressions correspondant aux altitudes fictives de 11000 et 12000 mètres et se traduit par un retard souvent considérable dans l'apparition de la syncope resplratoire chez les animaux soumis à l’éphèdrine par rapport à ce qui se passe chez les mêmes animaux auxquels on n’administre pas l’alcaloïde. Cette action s’accompagne, en outre, de modifications respiratoires préalables importantes. Notamment à partir de 7000 mètres l’amplitude des respirations apparaît fortement augmentée chez l’animal éphèdriné, donnant l’impression de la mise en jeu très puissante de toutes les forces respiratoires. L'étude des tracés de la pression: artérielle fémorale indique également un renforcement net de la réaction hypertensive observée habituellement chez l’animal chloralosé non éphèdriné, Chez les chiens traités par le chlorhydrate d’éphèdrine, la réaction hypertensive est plus précoce et atteint un taux plus élevé, tout au moins jusqu'à une dépression éorrespondant à 7000 mètres. Par contre, à 11006 mètres on enregistre généralement chez eux une baisse souvent importante qui n'apparaît pas, du moins dans les conditions d’expérimentations où nous nous sommes placés, quand l'animal n’a pas reçu d’éphèdrine. Il est curieux de constater cette atténunation de la réaction hypertensive chez des animaux dont la résistance à la dépression barométrique et à l’ano-
xémie est par ailleurs augmentée.
De plus, l’électrocardiogramme montre que le cœur se maintient à un rythme régulier mais très rapide. On sait que normalement l’éphèdrine donne une tachycardie, et en dépression cette tachycardie persiste. .
L'action respiratoire et cardiovasculaire de l’éphèdrine
Bay AN pense
sur l'animal placé en atmosphère raréfiée à très basse pression est d'interprétation complexe.
Cette substance exerce une action excitante élective sur les terminaisons du système nerveux sympathique qui rend compte des effets cardiovasculaires et nous explique, notamment, l’exagération de la réaction hypertensive observée jusqu’à une certaine altitude. La baisse tensionnelle précoce constatée chez l'animal éphèdriné à 11000 mètres s'exphque, peut-être, par une défaillance du myocarde qui fléchit dans l'effort qui lui est demandé, pour lutter contre la vasoconstriction périphérique déclanchée par l’éphèdrine.
En ce qui concerne l’action de l’éphèdrine sur la resprration et plus spécialement sur la résistance à l’apnée, sans doute faut-il faire intervenir les propriétés broncho dilatatrices de ce médicament dont l’efficacité est si remarquable dans l'asthme: Sur le terrain expérimental, L. Binet et Bursztein ont établi que l’éphèdrine fait céder le spasme bronchique provoqué par la carbamylcholine. Mais surtout, l'éphèdrine est un puissant excitant du système nerveux central et du centre respiratoire en particulier, ainsi qu’en témoignent, entre autres, les expériences de Fuji, de Schmidt, de Kreitmair. Decharneux étudiant en 1934 le traitement médicamenteux du besoin d'oxygène chez le rat, note l'efficacité des petites doses d’éphèdrine. A côté de cette action centrale, il y a lieu d’invoquer également une action nerveuse périphérique. En effet, L. Binet et ses collaborateurs ont bien montré que l’éphèdrime conserve encore, quoique nettement amoindri, son pouvoir renforçateur de la résistance à l’anoxémie chez les animaux à va-
gues sectionnées au cou ou à sinus carotidiens énervés et
phénolés.
MR y Au
On sait, d’autre part, que chez les animaux soumis à la
. dépression atmosphérique une polyglobulie immédiate se
. produit. Il s’agit là d’une réaction de défense. La multipli-
2 , SN cation du nombre des transporteurs d'oxygène permet une
fixation maxima de ce gaz et aide ainsi l'organisme dans
sa lutte contre l’anoxémie des basses pressions. Vaquez et
Quinzerne, puis À. Strohl, L. Binet et Mile Fournier ont établi que cette polyglobulie immédiate provient, au moins pour une part, de la spléno-contraction. Or, il est intéressant de noter, comme l'ont démontré L. Binet, A. Arnaudet, Mile Fournier et M. Kaplan, que l'injection d’éphèdrine
élève le taux des éléments figurés du sang circulant et il
semble bien que ce soit par l’effet d’une brusque contrac-
tion de la rate. D’ailleurs Chen a constaté cette dernière
chez l'animal après administration d’éphèdrine. De leur côté, L. Binet et ses collaborateurs ont observé que les réactions hématologiques sont peu accentuées chez le chien splenectomisé ou dont. le pouvoir contractile de la rate a été annihilé sous l'influence de l’yohimbine. En somme, l'éphèdrine agirait en augmentant encore la réaction polyglobulique déclenchée par la dépression barométrique et en
excitant comme cette dernière le pouvoir contractile de la
rate. Ainsi se trouverait renforcée la défense contre l’anoxémie. Nous avons éprouvé l’action de l’éphèdrine sur la résistance à la dépression atmosphérique chez quelques ani-
maux splenectomisés ou soumis à l’action de l’yohimbine.
. Voici les résultats que nous avons obtenus :
Expérience 40. Chienne ayant servi au cours de l’expérience n° 25. À ce moment là, 6 juillet 1942, l’animal pesait 16 kilogs, et on avait obtenu les résultats suivants :
A1 Li.