‹ Action de l'étincelle électrique sur le méthane sous faible pressionChapitre 30 sur 154 · Energie · texte numérisé non relu

Energie

Fig. 30 (suite). — Voir la légende page précédente.

Deux particularités importantes donnent aux phénomènes une allure différente de celle que nous avons observée dans les expériences faites sur des gaz à la température ordinaire : en premier lieu, l’absence de décomposition par les étincelles ultérieures des gaz produits et qui se traduit par la faiblesse du dépôt hydrocarboné, même après passage d’une quantité notable d'énergie (le but cherché est donc bien atteint); en second lieu, la présence de quantités notables de carbures saturés homologues (éthane et propane), dont la quantité est d'autant plus importante que la capacité des condensateurs utilisés est plus faible. Les carbures non saturés (éthylène et homologues) sont aussi présents en quantités notables. Dans les expériences à la température ordinaire, ces carbures n’existaient pour ainsi dire pas dans les produits obtenus par l’action d’étincelles condensées de forte puissance; ici, au contraire, ces carbures se trouvent en quantités non négligeables, et leur permanence s’explique par leur très faible tension de vapeur à la température de l’air liquide.

Une partie du méthane étant transformée en carbures saturés, on peut prévoir déjà que les rendements (fig. 31) en acétylène seront inférieurs à ceux que nous avons observés dans les expériences faites sur des gaz maintenus à la température ordinaire. Ces prévisions sont même dépassées par les mesures, et les rendements énergétiques sont de beaucoup inférieurs à ceux que nous avons calculés précédemment. En même temps les maxima des quantités d’acétylène obtenues sont plus faibles que ceux que nous avons observés dans nos expériences à la température ordinaire. Il n’y a donc aucun avantage à réunir dans le tube laboratoire, la préparation des gaz et leur condensation, et comme les expériences sur un courant de méthane ont montré la possibilité d'obtenir de l’acétylène à un grand degré de pureté, c’est à ce procédé qu’on s’adressera de préférence en séparant la condensation des gaz de leur préparation, plutôt qu’à celui que nous venons de décrire.

La comparaison des courbes de rendement ( fg.31) avec celles que nous avons tracées antérieurement ( fig. 19, 24, 27) montre que les rendements sont très médiocres.

À quelles causes pouvons-nous attribuer cette infériorité des rendements énergétiques? La comparaison des deux parties du Tableau XXII, portant les résultats obtenus avec des tubes à étincelles identiques ne se distinguant que par les connections de l’électrode refroidie, peut nous donner une des raisons de la différence observée; dans les expériences n° 580 et suivantes, la connection est assurée par du mercure; dans l’autre groupe, le courant arrive

par l'intermédiaire d’une colonne de limaille de fer bien tassée, mais ne présentant pas la même continuité que le mercure. La présence d’étincelles parasites entre les grains de limaille peut vraisemblablement être une des causes de la différence observée entre les deux groupes d'expériences.

Cependant, l’affaiblissement des rendements constatés pour toutes les expé-

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