‹ Action de l'Iode sur l'Acide arsénieux et ses dérivés phénylésChapitre 3 sur 24 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Nous n'avons pas eu pour but dans ce travail, de faire une étude complète de l'équilibre entre les divers constituants résultants de l'action de l’iode sur l’acide arsénieux ou chacun de ses dérivés phénylés.

En ce qui concerne l'acide arsénieux, l’étude a été faite d’uné façon très soignée par J.-R. Rogsucx (1), aussi bien au point de vue de la vitesse de réaction que de l’équilibre proprement dit. Comme nous le verrons au cours de ce travail, quelques-unes de ses expériences peuvent être critiquées. Néanmoins, les résultats généraux obtenus par cet auteur, ne nous paraissent pas devoir être modifiés par ces critiques et doivent être considérés comme apportant la preuve que cette réaction est bien une réaction d'équilibre, Les résultats expérimentaux obtenus concordant d’une façon très satisfaisante avec ceux que l’on peut déduire de la théorie cinétique des équilibres.

Pour notre part, nous voulions seulement comparer, dans des conditions aussi simples que possible, l’action de l’iode sur l’acide arsénieux et ses trois dérivés phénylés,afin de nous rendre compte d’une façon quantitative des différences existant entre ces quatre corps au point de vue de leur oxydabilité.

Peur réaliser ces conditions de simplicité, nous nous sommes contenté, dans la plupart de nos expériences, d’opposer équivalent à équivalent d’une part l’iode, de l’autre le composé arsenical trivalent.Les conditions que nous avons fait varier sont la concentration et la nature du dissolvant qui fut, selon la solubilité du corps étudié, soit de l’eau, soit de l’alcool, avec ou sans adjonction d'iodure alcalin.

La réaction étudiée étant une réaction d'équilibre, nous avons examiné, à titre de vérification, dans quelques expériences, si l'équilibre était le même lorsqu'on partait de l'acide iodhydrique et du composé arsenical pentavalent.

Une fois l'équilibre atteint, il s'agissait de déterminer à ce moment la composition du milieu. Comme nous connaissions la

(1) The rate of the reaction between arsenious acid and iodine,etc. The Journ, of Physical Chem., 6, p. 365-98 (1902) et. 9, p. 727-63 (1905).

AL constitution du mélange dont nous étions partis, il nous suffisait

de déterminer l’un des quatre constituants pour calculer la composition au moment de l’équilibre.

L'équation est la suivante :

As203+4212+2H2077 > As205+4HI

C'est la détermination de l’iode libre dans le mélange qui nous a paru présenter le plus d'avantages.

Quand il s’agit de l’acide arsénieux, l'équilibre ne s'établit qu’au bout de plusieurs heures. C’est pourquoi, dans ce cas, nous déterminions l'iode présent au moment où l'équilibre est établi par simple titrage à l’aide de la solution d'hyposulfite de sodium, en opérant aussi rapidement que possible. Nous nous arrêtions dès que la décoloration était obtenue sans nous préoccuper de Ha mise en liberté subséquente d’iode.

Au contraire, dans le cas des dérivés phénylés, la réaction entre ces corps et l’iode est beaucoup plus rapide et il nous fut impossible de faire un titrage à l’aide de l’hyposulfite, de nouvelles quantités d’iode se trouvant libérées au fur et à mesure que les premières étaient éliminées par l’action de l’hyposulfite. Nous avons dû alors avoir recours à la méthode colorimétrique.

Sans nous faire illusion sur la précision de cette méthode, nous avons estimé que sa sensibilité était suflisante pour le but poursuivi qui était, en somme, de fixer l’ordre de grandeur des phénomènes.

Page 1