HISTORIQUE ET REVUE GÉNÉRALE DE LA PENICILLINE
Au lendemain de l'invasion du continent européen par les troupes alliées, pendant l'été 1944, se répandait dans le public français le bruit que ces armées possédaient un médicament merveilleux, une panacée, une arme secrète contre la mort. Les commentaires allaient bon train, comme il se doit ; la grande presse, toujours bien renseignée, en fit un médicament aux possibilités thérapeutiques universelles.
Personne, en Europe, à a quelques exceptions près, n'avait jamais vu ce médicament conservé précieusement dans les hôpitaux militaires, mais on savait déjà que c'était une poudre jaune qui, dissoute dans du sérum, était administrée par piqûres.
Ainsi la pénicilline, encore voilée de mystère, pénétrait, entourée d'une auréole éclatante, sur le vieux continent.
Depuis, par de nombreuses publications, nous avons appris à connaître son histoire, une histoire comme les autres, où l'enthousiasme et le. désespoir se suivent comme la nuit suit le jour.
Nous ne tracerons ici que les grandes lignes d’un destin . , .
qui nest pas encore accompli :
de
Sa découverte, comme on l’a vu parfois dans le domaine scientifique, est due à un fait de hasard, mais observé par un œil averti. L'œil averti, en l'occurence, était celui de Sir Alexander FLEMING.
Au mois de septembre 1928, dans son laboratoire du St-Mary's Hospital de Londres, ce bactériologiste constata qu'une colonie de staphylocoques sur gélose coulée dans une boîte de Pétri, était en voie de lyse. Il s’aperçut alors que cette culture avait été contaminée accidentellement par une moisissure de l'air : le Penicillium Notatum Westling, appartenant à l’ordre des Ascomycètes.
Ayant isolé ce champignon pour en étudier les propriétés antimicrobiennes, 1l découvrit que ( cette moisissure élaborait pendant sa poussée, une puissante substance antibactérienne qui diffusait rapidement à travers le milieu de culture, qui se montrait très sélective dans son action contre le microbe, et qui n'était pas toxique pour les animaux de laboratoire et n'altérait pas les leucocytes » (FLEMING). Cette substance, qui traversait les bougies de porcelaine, fut baptisée ( Pénicilline ». Elle détruisait de nombreuses bactéries, comme les cocci pyogènes, mais beaucoup d'autres, comme par exemple les microbes à Gram négatif de la flore intestinale, étaient insensibles à son action.
Ce fait donna l'idée à FLEMING d'utiliser la pénicailline pour purifier des cultures. Sa première expérience porta sur l'isolement du bacille de Pfeiffer. Une boîte de Pétri était ensemencée avec un mélange de staphylocoques et de bacilles de Pfeiffer. Six gouttes de pénicilline étaient vaporisées sur une moitié de la culture. De ce côté, on observait une colonie pure de bacilles, alors que sur la partie ne contenant pas de pénicilline apparaissait une culture mixte des deux microbes.
À la suite de diverses expériences, FLEMING put proposer une classification de microbes sensibles et de microbes résistants à l’action de la pénicilline,