‹ Action de la quinine sur les parasites malariques et sur les accès fébriles qu'ils déterminentChapitre 5 sur 6 · III. — Expériences sur la troisième catégorie de fièvres · texte numérisé non relu

III. — Expériences sur la troisième catégorie de fièvres

Les observations de l’A., sur ces fièvres, sont limitées. Le fait le plus essentiel observé par lui et par d'autres, sur ce point, est la résistance extraordinaire des corps en croissant à l’action de la quinine. « On dirait presque, ainsi s’exprime l’A. dans un de ses travaux (1), que, comme les formes durables des scbizomycètes, ces formes sont presque insensibles à l’influence des agents antimalariques ordinaires ». Ce fait fut constaté aussi par Baccelli dans ses injections intraveineuses.

Cependant, avec l'administration prolongée et ininterrompue de la quinine, il n’est pas impossible d’empêcher les accès et d 'éteindre l’infection. En outre, d’après ses observations, l’A. se croit autorisé à admettre^ malgré les contestations à cet égard, que, de la part des corps en croissant aussi, a lieu un processus de sporulation avec production de jeunes formes, sur lesquelles il semble que la quinine puisse manifester son action.

Il ajoute, enfin, que, de la cure arsénicale tant vantée, relativement àrV infection malarique active , c’est-à-dire sur les différentes catégories de parasites, il n’a obtenu que des résultats négatifs. Il ne nie pas, pour cela, que l’arsénic ne puisse procurer des avantages indirects par son action reconstituante.

Par quoi sont représentées les altérations matérielles causées par la quinine sur les parasites malariques?

Voici, en quelques mots, ce que l’A. a observé, à ce sujet, dans ses nombreuses recherches: Il y a quelque chose de spécial relativement aux différents stades de parasites, mais les altérations les plus visibles concernent la forme de stade plus avancé, c’est-à-dire celui de l'ae-

(1) G. Golgi, Suite febbri intermittenti a lunghi intervalli , etc. (Arch. per le scienze mediche , vol. XIV , p. 315). — Ueber intermittirende Fieberformen der Malaria mit langen Intervallen. — Ha, uptunterscheidungsmerkmale für die Gmppirung der Fieberformen der Malaria ( Beitrdge zur palhologischen Anatomie und zur allgemeinen Pathologie , vol. VII, et Archives italiennes de Biologie, t. XIV, 1890).

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croissement endoglobulaire, dans lequel on peut remarquer: une granulosité moins fine du pigment, un spécial reflet gris métallique de celui-ci, certaine opacité du protoplasma propre au parasite, enfin une tendance du globule contenant et du parasite contenu, à se ratatiner; on pourrait ajouter la diminution ou la cessation du mouvement amœboïde, spécialement dans les parasites de la fièvre tierce, chez lesquels le mouvement est, d’ordinaire, plus vif, tandis qu’il est de peu de valeur dans les parasites de la fièvre quarte.

On doit attribuer aux altérations des phases avancées dans le développement des parasites, l’apparition, dans le sang, des corps spéciaux appelés, par l’A., formes dégénératives ou cadavériques ; elles se présentent non seulement dans les cas’ qui guérissent par la quinine, mais encore dans les cas ou l’infection tend à s’éteindre spontanément.

Enfin, on peut attribuer également aux altérations produites par la quinine certaines irrégularités dans les formes de maturation et de sporulation, appelées, par l’A., formes abortives. L’action de la quinine ne se manifeste pas sur les corps flagellés caractéristiques des formes d’infection représentées par les corps en croissant, la quinine n’exerçant aucune influence ni sur leur apparition, ni sur leur mode de se présenter, ni sur leurs mouvements.

Si Ton veut résumer brièvement, ici, les résultats de toutes les recherches mentionnées plus haut, et arriver à une conclusion qui indique lequel des différents préceptes exposés au commencement de ce travail et plus communément suivis par les cliniciens, touchant l’emploi de la quinine, est le meilleur, on peut dire que l’administration faite quelques heures avant l’accès, apparaît, en ligne absolue, le plus rationnel, parce que c’est celui qui renferme le plus de probabilité d’obtenir, avec une seule dose, l’extinction de, l’infection; la répétition de la prescription est cependant toujours indiquée. Il serait, au contraire, absolument irrationnel d'administrer, suivant un autre précepte, une seule dose de quinine, ou lorsque l’accès est fini, ou même à une période plus avancée d’apyrexie, parce que, tandis que cette manière d’employer le remède pourrait avoir pour effet (par suite de la désorganisation ou de la destruction partielle de la génération parasitaire) une apparence de guérison, elle exposerait, selon une très grande probabilité, à la récidive. Ce mode d’administration pourrait, toutefois, acquérir un caractère de rationalité à condition que la prescription fût répétée, de manière à assurer la présence de

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