HISTORIQUE
Cytoplasme. — Bien: que cette question ait fait l’objet de travaux nombreux mais fragmentaires, il nous a cependant paru intéressant de la reprendre, afin, si possible, d'apporter des faits nouveaux et de coordonner dans une certaine mesure tout ce qui concerne les actions de la chaleur sur les constituants cellulaires. Nous avons été amenés non seulement à faire l'étude des températures prémortelles et mortelles, mais aussi à pousser les recherches bien au-delà, jusqu'aux points de coagulations réelles.
Il existe, à ce point de vue, peu d’études méthodiques sur les mitochondries et les vacuoles.
Poricarp et MANGENOT (82), sur les filaments de Saprolégnia, les cellules épidermiques des jeunes feuilles d’Iris et des pétales de Tulipe, ont confirmé de précédentes observations de PoricarD (81) et de Cowpry (13): les mitochondries, sensibles aux élévations de température, «s’évanouissent » entre 48 et 500 où se situerait « un point de fusion » caractéristique de ces éléments.
Il n'existe, à notre connaissance, aucun travail sur les variations de l’appareil vacuolaire en fonction de la chaleur.
Les mouvements cytoplasmiques, par contre, ont fait l’objet
d’abondantes recherches, en particulier la cyclose des chloroplastes d’Elodea et de celle des cellules de Characées. Nous ne retiendrons, parmi élles, que les principales.
L'action de la chaleur sur Chara flexilis fut étudiée en 1837, par DurrocHer (23 b) ; il constata que, lorsqu'on élève doucement la température, il y a d’abord diminution de la vitesse du cytoplasme de 18 à 270, puis, au bout de quelque temps, l'équilibre s'établit et il y a accroissement jusqu’à 45°. NÂGEerr (71 a, b, 72), à plusieurs reprises (1855, 1860, 1867) revient sur ce sujet et examine Nütella syncarpa, Nitella flexilis, les poils épidermiques de Cucurbita pepo. Il constate que les mouvements chez Nitella syncarpa cessent à 37° et chez Cucurbita pepo à 47, 489 ; c’est ce qu'il a appelé la « Warmestarre ». JÜRGENSEN (50) observe Vallisneria spiralis et ScHuLrzE (90) mesure les vitesses des mouvements chez cette plante : il trouve de 0 mm. 015 à 0 mm. 04 par seconde, avec arrêt à 430.
VELTEN (101) fait, en particulier, une étude sérieuse sur Elodea et situe la « Warméstarre» à 350, chiffre certainement trop faible. Alors que NÂGEL1 avait constaté que l’augmentation des vitesses était une fonction logarithmique de la température, VELTEN trouve qu’elle est une fonction linéaire. Le même auteur a également examiné le Chara, et est arrivé à des résultats analogues aux précédents. D'après HErrBruNN (42), les chercheurs plus récents ont plutôt confirmé VELTEN que NÂGELr.
Plus tard, EwarT (30), puis Vour (105) ont rassemblé les résultats épars et ont donné les valeurs des vitesses de ces mouvements cycliques. Ils discutèrent également les valeurs du coefficient de Vax T'Horr, comme l'avaient déjà fait Kanrrz (51) NÂGeri et VELTEN. Nous ne les suivrons pas dans cette voie : il est évident que, vers les températures élevées, ce coefficient prend des valeurs aberrantes, bien plus faibles d’ailleurs que la valeur théorique (comprise entre 2 et 3), et qu'il ne peut nous apporter aucun élément nouveau. À
Très récemment, LamBErs (53 a, b) et Romix (85) ont étudié le premier, - Nitella mucronata, le second, Nitella flexilis. - LamBErs note que la courbe des vitesses en fonction des températures est très sensiblement la même que celle de la fluidité, celle-ci étant l'inverse de la viscosité, qu'elle est une droite jusqu’à
340. I] partage l'avis d’Ewarr : la température agit sur cette viscosité. RomiJxX donne les résultats suivants :