II. — TEMPÉRATURE ET MITOCHONDRIES
Aspects sur le vivant dans la c’llule de l'épiderme d'Allium Cepa et du pétale de Tulipa suaveolens. — L'appareil mitochondrial de ces cellules a été très exactement décrit et figuré par GUILLIER- MOND (37 € pL 18et 19,37 a b, 38 ,). Il se cuupuse de chondriocontes allongés et flexueux, avec de petites mitochondries, en bâtonnets ou plus ou moins arrondies. Un peu d'habitude permet de les voir avec facilité et netteté. Quelques-uns de ces chondriocontes peuvent présenter de faibles renflements. La cellule- contient également des granulations lipoïdes se déplaçant rapidement le long de fines travées protoplasmiques.
À 290, l'agitation générale croît et les mouvements deviennent plus rapides. La fluidité du protoplasme augmente.
A 360, cette agitation continue d’être très active et le chondriome est très nettement visible ; c’est d’ailleurs à cette température qu’il l’est le plus. Les chondriocontes commencent à s'épaissir en se raccourcissant et même parfois en se fragmentant.
À 400, cette vésiculisation s’accentue pendant que la réfringence commence à diminuer ; elle devient très faible à 500, et 1l faut avoir suivi sans arrêt ces variations pour ne pas perdre de vue les éléments observés, Ce fait, joint à la diminution de l’affinité
Famin. Action de la température 3
chromatique, explique l'erreur des précédents auteurs, ainsi que nous l'avons déjà indiqué (31 b). |
A 580 environ, le gonflement des chondriocontes est maximum, pendant que la rapidité, le nombre et l'ampleur des mouvements des granulations lipoïdes ont énormément diminué.
A 620, les extrémités de certains éléments mitochondriaux
sa
Fig. 3. -— Aspect des chondriomes sur le vivant, dans la cellule de l’épiderme du pétale de Tulipa suaveolens à diverses températures.
Les différences de teinte indiquent les variations de la visibilité. Grossissement : 1.500 Nota. — Toutes les figures ayant trait à la partie cytologique ont été, sans
exception, dessinées à la chambre claire.
sont agitées sur place de trémulations extrêmement vives, décelant ainsi de fortes agitations protoplasmiques : c’est le début de la coagulation visible, comme le confirmeront des observations suivantes.
Cependant, il nous a été possible de suivre dans quelques cas jusqu'à 850, les fragments provenant des chondriocontes.
Fig. 4 —— Aspect du chondriome après chauffage à différentes températures (cellule épidermique d’Allium Cepa). — 1 : liposomes, ch: chondriocontes ; m : mitochondries ; pr : albuminoïdes de constitution coagulés. Meves. Hematoxyline. Grossissement : 1.500.
Les autres formes du chondriome sont beaucoup plus faïblement atteintes.
Les observations faites sur l’épiderme du pétale de Tulipe sont absolument identiques aux précédentes ; ce sont elles que nous avons représentées dans la figure 3.
Etude après fixation et coloration (fig. 4). — Les Oignons entiers ont été mis durant 18 heures à l’étuve convenablement réglée.
L'examen de l’épiderme confirme les variations de formes des éléments examinés, et quelques autres résultats chimiques ont été obtenus. Le temps d’action plus long que dans les expériences précédentes, a permis aux changements de cet ordre de s'effectuer.
Jusqu'à 389, rien de particulièrement spécial n'apparaît, sinon la vésiculation déjà indiquée ainsi qu’une diminution de la chromaticité du chondriome.
À 460, certains chondriocontes se « cavulent » et peuvent prendre une teinte bistre due à la réduction de l'acide osmique contenu dans le fixateur de Mëves. Cette teinte peut être diffuse ou offrir des formes figurées définies. D’autres chondriocontes se fragmentent différemment, ne laissant qu'une vésicule intérieure à peine visible entourée d’une auréole de petits grains sphériques suivie d’un chapelet de grains identiques. L'ensemble né se colore pas par l'acide osmique et prend faiblement l'hématoxyline.
À 580, les phénomènes morphologiques restent les mêmes bien que plus accentués ; mais il y a maintenant séparation des constituants chimiques. Tous les chondriocontes sont colorés en brun par l'acide osmique, ce qui décèle leurs lipoïdes de constitution ; dans quelques cas, il apparaît de petites sphères colorées en noir par l'hématoxyline, alors que le reste de la vésicule ne l’est pas : ce sont sans doute des coagulums albuminoïdes. Les « comètes » mitochondriales signalées à 460 se comportent de la même manière.
Ainsi donc, les mitochondries ne «s'évanouissent » ni ne «fonhdent » pas par élévation de température, mais se conservent en changeant, du moins pour les chondriocontes, considérablement de formes ; leur visibilité maxima à 360 est minima vérs 45-500. Vers 60, il apparaît des lipoïdes chez tous et des granules protéiques dans un certain nombre d’entre eux.
Par une voie bien détournée, nous confirmons de cette manière
ACTION DE LA TEMPÉRATURE sUÛRr LES VÉGÉTAUX 37
les recherches de Mirovinov (68 a) et l'opinion exprimée par Guis- LIERMOND dans son récent Traité de Cytologie (p. 79) : « On peut donc admettre que les chondriosomes sont constitués comme le cytoplasme par des lipoprotéides ; mais ils paraissent beaucoup plus riches en Jipoïdes que le cytoplasme ».