VI. — ETUDES ULTRAMICROSCOPIQUES
Elles ont été faites sur les cellules épidermiques des écailles du bulbe d’Allium Cepa, du pétale de Tulipa suaveolens, de la feuille d’{ris germanica et sur les cellules marginales de la feuille d’Elodea.
La description de ces différents types de cellules examinées dans des conditions normales, a été faite très exactement par GUILLIERMOND (37 c) qui les a également figurées.
Cellule de l’épiderme des écailles bulbaires d’Allium Cepa. — À la température ordinaire, elle présente un noyau légèrement opalescent avec un ou deux nucléoles optiquement vides. Le cytoplasme paraît parfaitement noir, mais chondriocontes et mitochondries sont visibles par leur contour faiblement lumineux. On observe aussi de nombreux granules lipoïdes animés de mouvements orientés, entraînés le long de fines trabécules protoplasmiques.
Au fur et à mesure que la température s'élève, ces mouvements deviennent plus rapides et atteignent leur vitesse maxima vers 420, température égale à celles déjà mesurées dans d’autres cellules comparables. A partir de ce moment, les granules n’avancent plus
que par saccades et sont animées d’intenses trémulations browniennes. M
Dès que la température de 500 est atteinte, le noyau prend un aspect de plus en plus granuleux et il apparaît plus teinté que précédemment : mais ce n’est que le début de ces phénomènes.
Vers 62-650, il y a coagulation du protoplasme ainsi que le montre nettement son changement de coloration : il devient d’un blanc neigeux et tout mouvement cellulaire cesse. Quand on continue de chauffer un peu plus haut, vers 700, il y a rétraction brusque accompagnée de la rupture des travées cytoplasmiques et d'un mouvement soudain du noyau qui se dentelle sur ses bords.
Le chondriome ne nous a présenté que des variations de formes, mais aucun changement de teintes.
Cellule de l'épiderme foliaire d'Iris germanica. — Les phénomènes étudiés ont absolument la même allure que dans le cas précédent. 5 La cellule contient des plastes qui s’altèrent dès 400, et présentent de nombreux granules lipoïdes brillants vivement agités de mouvements browniens. Ces mouvements ne cessent que vers 700, température à laquelle ces plastes, complètement déformés, ne renferment plus que des amas grisâtres et immobiles (fig. 12).
La coagulation du protoplasme n’a lieu que vers 72-759; plastes et globules brillants s’agglomèrent alors en petites masses blanchâtres bien observables, pendant que l’ensemble de la cellule prend une teinte grise assez peu prononcée.
Le noyau de cette cellule subit également des modifications visibles (fig. 14). Sue ; A 300, il a le même aspect que celui de la cellule d’Allium Cepa. À 530, il prend une teinte blanchâtre pendant que les deux nucléoles restent optiquement vides. À 72-750 seulement, les nucléoles coagulent à leur tour pendant qu’une zone sombre les entoure comme d’un halo, que le noyau se rétracte en un coagulum irrégulier et granuleux. Ainsi donc, les nucléoles se modifient bien après que le noyau à commencé lui-même à changer, ce qui est contraire aux conclusions de YAMAHA (108).
Cellule marginale de la feuille d'Elodea. — Les mouvements des chloroplastes et des- granules protoplasmiques (lesquels ne
sont que faiblement brillants) peuvent cependant être suivis dans les mêmes conditions qu’à la lumière directe : les mêmes températures remarquables ont été mesurées.
“Vers 520, ces mouvements ne sont plus dirigés et font place
à une agitation brownienne décroissante quand la température s'élève.
1. Vers 650, se produit un arrêt total de toute cette agitation, c’est-à-dire un début de coagulation protoplasmique, ce que confirme l'apparition d’une teinte grisâtre dans la cellule.
- A 700, il apparaît dans les vacuoles de nombreux grains brillants, frénétiquement animés de mouvements browniens, dont l'aspect rappelle d'une façon frappante celui des paillettes scintillantes que LApIcQuE (55) a décrites dans les cellules de la Spirogyre. Ces particules s’agglomèrent en une masse plus ou moins volumineuse, dont les trémulations s'arrêtent vers 850. Le protoplasme s’est d’ailleurs fortement rétracté à 750.
Dans les cellules d’Elodea, le noyau se déplace lentement d’une facon tout autoncme, puisqu'il peut aller même en sens * inverse du sens cyclique de l’ensemble cytoplasmique. Il peut
ainsi, au cours d’une expérience (une demi-heure) parcourir la moitié d’une cellule. Il va de plus en plus vite quand la température s'élève ; vers 559, il s'arrête et devient opaque.
Conclusions. — GuILLIERMOND (37 c pp. 83 et 84 de son mémoire) a parfaitement décrit les phénomènes agoniques que présente au fond noir la cellule. Ses conclusions sont identiquement applicables à la mort sous l’action de la chaleur et nous nous pérmettons de
. les reproduire en partie :
«Les premiers signes de la coagulation du cytoplasme se «manifestent par une augmentation de l'opalescence du noyau, «puis par la cessation brusque des courants cytoplasmiques, «lorsque ceux-ci existent, il se traduit par l’arrêt des granulations «lipoïdes ; celles-ci présentent alors, pendant quelque temps, des «mouvements browniens. En même temps, on assiste fréquem- «ment à la production, dans les vacuoles, de granulations-animées «de mouvements browniens. Bientôt après, le cytoplasme prend «un aspect opalescent et se remplit de petites granulations con- «fuses (phase des nébuleuses non résolubles), puis se transforme
«entièrement en une masse constituée par. d'innombrables grains, (parmi lesquels il n’est plus possible de distinguer les granulations «lipoïdes et qui donnent au cytoplasme tout entier une forte «luminosité (aspect neigeux), analogue à celle qu’offrent les cellules «fixées (stade des nébuleuses réductibles). Le noyau prend le «même aspect, mais plus lumineux et plus compact ».
Cependant, nous avons séparé ces différents actes successifs de la coagulation en fonction de la température. L'arrêt des mouvements a lieu vers 50-539 et coïncide avec le début de la coagulation du noyau. Le protoplasme par contre ne s’est pas encore modifié d’une façon visible. Il ne le fait que plus tard vers 65-700 et cette modification est suivie, quelques degrés plus haut, d’une forte rétraction.
f CHAPITRE: JI]