CHAPITRE PREMIER HISTORIQUE
L'étude de la pénétration de l’eau et des: sels qu’elle tient en dissolution a, tout naturellement, à cause de son importance agricole, suscité de nombreux travaux. En très grande majorité, ils ont été faits à la température ordinaire. Nous n’en reprendrons que les résultats essentiels en renvoyant, pour la mise au point et la discussion des méthodes et observations, au mémoire de Pirscae et MENGDEHL (80), lequel est suivi d’une bibliographie complète.
Les méthodes employées peuvent être classées en deux catégories:
1° Celles où les auteurs utilisent des fragments découpés d’organes, plus particulièrement de tubercules ou de racines (Pomme de terre, Topinambour, Carotte, etc.) ou des hampes florales (Pissenlit, Oignon).
20 Celles, selon nous bien supérieures, où la plante elle-même est mise en expérience.
Seules, les premières méthodes ont, à notre connaissance,
donné lieu à des recherches sur l’action de la température et les échanges avec le milieu ambiant.
Quelques études, telles que celles de VESQUE (102), PFEFFER (77) avaient montré que les racines des plantes absorbent d'autant plus d'eau que la température est plus élevée, que, de même, en pareil cas, les couleurs d’aniline pénétraient plus vite, que la plasmolyse et la déplasmolyse étaient plus rapides. Le premier travail méthodique sur cette question est celui de VAN RYSSELBERGHE (100). Il utilisa le fait que les tissus ayant une certaine longueur se raccourcissent dans des solutions plasmolysantes, et s’allongent ensuite dans l’eau. Il constate un accroissement remarquable de la vitesse de pénétration de cette eau avec la température. Égale à 1 à 00, elle vaut 6 à 160 et 8 à 300. La perméabilité des cellules aux sels dissous varie également dans le même sens.
DeELr (17) a repris ces recherches. Il remplace les solutions à 25 %, de sucre employées par VAN RYSSELBERGHE, par des solutions « subtoniques », renfermant de 2,5 à 4 fois moins de sucre. Il se sert du pédoncule floral de l’Oignon et du Pissenlit qu'il fait traverser par de l'eau pure, puis par la solution sucrée. Il mesure en l’amplifiant par un système optique, la variation de longueur qui est de l’ordre d’un 1/10e de millimètre. Les températures étudiées vont de 5 à 400. Il note que la température de 350 marque une différence nette dans la façon de se comporter du tissu, ce qui concorde avec toutes nos observations, y compris nos observations cytologiques.
Températures 50 TOME 0 20° 250 30° 350 400
Oignon 0,36, 0,44 0,50 0,66 1 170255 5 Pissenlit 0,22 0,30 0,50 1 1,9 4,9 5
REDFERN (84) utilisant la méthode de SriLes et JORGENSEN (95) montre que des disques de Carotté absorbent mieux les colorants vitaux quand la température s’abaisse ; cela est d'autant plus net que la dilution du colorant est plus grande. L'auteur en conclut que absorption et combinaisons chimiques sont deux choses bien différentes.
PETRIE (76) à fait une sére de recherches méthodiques sur la température et l’inégale pénétration des ions dans les plantes. Comme les précédents auteurs, il épuise d’abord des disques de Carotte par l’eau distillée, puis il les immerge dans des solutions
de NHXCI, SO* (NH), KCI, (NO*)Ca à 1/10 de molécule par litre. Il dose le liquide après un certain nombre d’heures de contact. Les températures ont été étudiées de 40 à 309, et l’auteur note qu'à partir de 290, la stérilisation est nécessaire sans indiquer cependant, avec toute la précision désirable, comment il la pratique. Il conclut en disant que, lorsque la température s'élève, les anions (CI, SO4,NO%) sont plus fortement absorbés et les cations (NH!, K, Ca) plus faiblement. Les courbes, bien que variant en sens inverse, conservent une remarquable similitude. Il pense, en le disant prudemment, que l'explication de ces faits pourrait être cherchée dans les échanges de bases entre les colloïdes dissociés par les acides et les sels. La question est en effet fort complexe, et il ne paraît pas encore possible de donner une théorie, même à peine satisfaisante, de ces phénomènes.
La méthode de SrILES et JORGENSEN a donc été appliquée sur une grande échelle. Dans d’autres recherches, moins nombreuses d’ailleurs, les jeunes plantules vivantes ont été mises en expérience.
‘ Il n'entre pas dans nos intentions de les rappeler toutes et moins encore d'en discuter les parties théoriques, cela ne serait plus du cadre de ce travail.
TRUE et BARTLETT (99), examinant les échanges d'ions entre les racines de jeunes Lupins blancs et le miliew ambiant, concluent que ces racines abandonnent à l’eau distillée leurs sels jusqu'à épuisement complet et mort, que PO#KH? et KCI en solutions diluées (de 0, molécule 000006 à 0,000208 par litre pour le premier par exemple) ont le même effet, tandis que SO#K?, NOK et NaCI sont faiblement absorbés ; dans un deuxième (98 b) et un troisième travail (98c), ils constatent que, dans les solutions contenant deux ou trois sels, les cations Ca, Mg et K exercent une. influence prédominante, quels que soient les anions qui les accompagnent, lesquels n’ont aucune action sur la pénétration. PAn- TANELLI (75 a, b, c) étend la question et conclut que, d’une façon générale, les cations sont“absorbés plus rapidement que les anions, avec cependant quelques exceptions, notamment celle des sulfates chez les Dicotylédones ; il observe également une périodicité de l’absorption dans le temps qu'aucun auteur n’a retrouvée depuis. Jonxson (49) montre, à la suite de nombreuses expériences, que Ca est absorbé en plus grande quantité dans les tissus morts que
dans les tissus vivants, du moins chez la Betterave, la Carotte, le Maïs doux. HoAGLAND (44), opérant sur KCI, constate une pénétration égale de K et de CI.
REDFERN (84), à la suite de recherches sur l'absorption des ions de CaCI? par le Pois et le Maïs, indique que l'ion Ca est absorbé plus vite que l'ion CI, ce qui confirme les remarques de PANTANELLI.
En 1928, NixLewskr, KRAUSE et LEmAxCzvx (73) établissent que l'ion K est utilisé de la façon suivante par rapport aux aniors avec lesquels il est associé :