ÉTUDES EXPÉRIMENTALES
Elles ont été poursuivies dans deux directions différentes:
19 Détermination de l’optimum de température pour une espèce définie (Mastigocladus laminosus) et examen des formes en fonction des températures.
2° Etude des échanges chimiques, pendant un certain temps, : entre les Algues thermales et un milieu défini, par rapport à la température.
I. — Optimum de température et morphologie comparée du : Mastigocladus laminosus.
Culture des Algues. — Dans un tube d’une trentaine de centimètres de haut et de 4 centimètres environ de diamètre, muni d’un col étroit, il a été mis 150 cc. d’eau de Chaudesaigues, provenant de l'endroit même où la récolte des Algues avait été faite. Ces tubes, munis d’un prolongement fermé par un tampon de coton serré et d’un capuchon de verre, furent-ensuite stérilisés.
I y fut introduit une petite quantité de Mastigocladus laminosus provenant d'une souche qui peut être considérée comme pure, observée à Chaudesaigues et récoltée vivante. Les tubes ainsi préparés furent à demi plongés dans des récipients contenant de l'eau maintenue à une température sensiblement constante (20 environ de différence entre les températures extrêmes), par un procédé de chauffage et un procédé de circulation de liquides appropriés.
Environ deux fois par jour, les températures des bains-maries et, partant, celles des Algues, étaient relevées. Ce sont leurs moyennes que nous donnons.
ACTION DE LA TEMPÉRATURE SUR LES VÉGÉTAUX AT Les conditions d'éclairage (appareils face à une fenêtre orientée à l'Est) étaient les mêmes dans tous les cas.
Résultats. — Ces cultures ont été suivies du 29 septembre au 25 novembre 1931, c’est à dire presque deux mois.
Températures. — Tube témoin : température du Laboratoire, SOIR ERSIDIEMONÉe-ee- cceeuescss 200 es eu eue 350 NE A ee à meneur s 450 IN TRS DE RE RENE 540 DOM PET MU 630 NOTE PUR RE 800
Observations macroscopiques.
Tube témoin : les Algues n'ont aucunement végété; elles ne se sont pas fixées aux parois, ont jauni, puis sont mortes.
Tube n° 1 : son contenu est resté vert, mais d’un vert pâle ; le morceau ensemencé a proliféré, mais légèrement, sur les bords.
Tube n° 2 : la reprise de la végétation a été immédiate. L'Algue s’est facilement attachée au verre, et a formé dans l’eau de culture, à sa surface et sur les parois, un voile abondant vert foncé.
Tube n° 3 : extérieurement, une auréole verte de nouvelle végétation a entouré le fragment ensemencé, mais le développement en est faible et lent (quelques millimètres seulement).
Tubes 4 et 5 : dès les premiers jours de la mise en expérience, le contenu a immédiatement jauni et est mort.
Le minimum de température, compatible avec la vie du Mastigocladus laminosus est donc d’environ 35° ; l’optimum est compris entre 45 et 549, soit 500 à peu près, et le maximum vers 559. En ce qui concerne les températures de l’optimum et du maximum, elles sont identiques à celles rapportées par LOwENSTEIN (64) et Voux (105 d). Le nombre correspondant au minimum thermique confirme les recherches de ce dernier auteur.
Ces températures sont d’ailleurs un peu inférieures à celles trouvées dans la nature : cela tient sans doute aux différences de conditions, éclairement et surtout renouvellement du liquide ambiant.
Fami, Action de la température. j 13
Observations microscopiques
La description de l'espèce Mastigocladus laminosus a été donnée par BoyE PETERSEN (6) et FRÉMY (34 c).
Bove PETERSEN (p. 307-311) en fait trois sous-espèces suivant la forme :
a) la forme {ypica : à «trichomes toruleux, formés le plus souvent d’une seule série de cellules, à rameaux dressés, unilatéraux, moitié moins épais que le filament principal » (FRÉMY, p. 458).
b) la forme anabænoïdes ressemblant à des Anabaena.
c) la forme phormidioïdes, constituée d'une seule suite de cellules sans hétérocystes.
Ces formes ont été figurées par les deux auteurs, pour le premier p. 308, fig. 15, et pour le second p. 455, fig. 356.
BoyE PETERSEN ajoute (p. 310) : «I have not been able to prove any connection between the temp, and the form under which the Alga occurs. I presume the forms to bed developmental stages, f. phormidioïdes being, f. phormidioïdes being the youngest, f. typica the oldest forme, but in case the conditions are unfavorable for is growth it remains presumably at its first stage of development ».
La souche présentait, lors de l’ensemencement, les trois formes précitées.
A 350, seule la forme phormidioïdes a été observée sur les bords de la partie mise en culture : elle est d’ailleurs restée de petite taille.
A 450, était prédominante la forme typica accompagnée de quelques formes anaboenoïdes, avec de grandes cellules soit dans le trichome lui même, soit dans les rameaux.
A 549, la forme typica est rare, la forme phormidioïdes est de beaucoup la plus fréquente et sa taille est plus petite qu'à la précédente température.
La fig. 17 rassemble toutes ces constatations morphologiques.
La température agit donc sur le développement ainsi que sur ses formes. Il est entier vers 45°, pour demeurer aux premiers stades, à 3950 et à 540, comme le pensait BoyE PETERSEN. Les tailles sont différentes suivant les températures, avec un optimum vers 500 ; et cette variabilité justifie ce°que pensait LAPEYRERE (54)
Fig. 17. —— Formes et tailles du Mastigocladus laminosus suivant les températures. — Grossissement : 1.800.
à propos de l’Hapalosiphon major de TILzLDEN (98) : cette espèce doit être comprise dans l’espèce Hapalosiphon laminosus, dont elle ne présente qu’une variante due à l’action du milieu.
Une sorte de contre-épreuve a été faite.
A partir des Cyanophycées ayant poussé à 45° (tube n° 2) il a été procédé à une nouvelle série d’ensemencement aux températures suivantes : 320, 370, 469, 560,
À 320, il n'y a pas de reprise végétative.
A 37°, une certaine reprise se manifeste et il y a formation de filaments.
A 460, les Algues poussent fort bien et la forme typica est la plus fréquente.
A 560, il apparaît en faible quantité surtout des formes filamenteuses.
Ces observations confirment donc exactement les précédentes.
Si nous comparons ces résultats aux déterminations faites dans la nature, il y a concordance presque parfaite : toutes les formes se trouvent entre 420 et 55° environ ; mais au-dessus de 550, on ne trouve que des formes filamenteuses.