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RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS D’ENSEMBLE

Le caractère essentiellement analytique de ce travail rend difficile, sinon impossible, l'établissement d'une conclusion ramenant à une action simple de la chaleur tous les faits observés. Comme nous l'avons déjà dit et répété, cette action est complexe, à la fois physique, chimique et physico-chimique. La chaleur agit d’abord en tant qu agent physique; elle agit aussi sur les constituants du végétal et intervient dans leurs relations réciproques et dans les relations avec le milieu. Ce sont quelques uns des aspects de cette question que nous nous sommes efforcés de mettre en relief.

Nous rappellerons donc les principaux résultats auxquels nous sommes parvenus, en leur donnant une forme aussi claire et aussi précise que possible.

1° Le Pois, cultivé dans des conditions aseptiques, ne germe pas au delà de 359 et végète de moins en moins bien de 29 à 56°, I acquiert d’ailleurs à ces températures des formes extérieures tourmentées et aberrantes.

29 Les constituants cellulaires changent de formes et de propriétés physiques et chimiques.

Les mitochondries se vésiculisent, se fragmentent et se séparent vers 600 en lipoïdes et protéines.

Le vacuome diminue de volume, mais, d’une facon discontinue au moins jusqu’à 450, avec des augmentations et des diminutions successives.

Le cytoplasme a une fluidité croissante jusque vers 459 également, fluidité qui diminue brusquement et considérablement ensuite, bien que sa coagulation visible au fond noir ne se produise que plus tard, vers 65-700.

La cause possible de ces variations peut être trouvée dans les changements survenant surtout dans les graisses et lipoïdes de constitution du protoplasme.

Aucune mitose n’a lieu au delà de 36°, et la température modifie énormément, dans le sens d’une diminution de l’individualisation, la forme, la taille et la répartition des chromosomes, ainsi que le noyau au repos et le nucléole.

39 Les changements d'ordre cytologique s’accompagnent de profondes modifications des échanges chimiques. A 350, il n’y a plus, en ce qui concerne les sels courants de potassium et d’ammonium, absorption régulière des ions, mais au contraire une cession au milieu extérieur des corps venant de la plante, c’est-à-dire un changement complet du sens de la perméabilité.

Les deux précédentes séries de modifications (2° et 30) expliquent facilement la non-germination et la non-végétation des plantes étudiées au-delà de 350.

L’élévation de la température nous a, dans une certaine mesure, servi de moyen d'investigation interne. Elle nous a permis de montrer que les substances protéïques du Pois circulaient, après dégradation dans la plante sous des formes ammoniacales et nitriques, et que l’ion NH et l'ion NO: favorisaient par leur présence l’apparition des formes chimiques qui leur correspondaient.

4 Les Algues thermales, bien qu'ayant une latitude thermique constante bien plus considérable que la très grande majorité des plantes, se comportent cependant, dans leurs limites particulières de températures, comme les autres végétaux, tant au point de vue de leurs formes que de leur chimisme.

Cela montre la remarquable unité de la matière vivante, attestée par des réactions identiques dans des conditions similaires.

Cela montre également que la température, agissant sur tout ce qui entre dans ls composition d’une plante et sur toutes ses fonctions vitales, peut amener, à quelque degré de l'échelle que ce soit, des modifications morphologiques, probablement liées à l'état physique, ? l’état chimique des substances constitutives et aux échanges du végétal avec le milieu extérieur.

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