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Action de quelques substances organiques sur la forme et la structure de la feuille

A 1 École de Botanique de Toulouse, la plante, qui m'avait d abord paru vivace, a été reconnue annuelle, comme le sont la plupart des espèces du genre.

M. Molliard a la parole pour la communication qui suit :

Action de quelques substances organiques sur la forme et la structure de la feuille.

par M. MOLLIARD.

Au cours de recherches destinées à établir la relation qui existe entre la structure des végétaux supérieurs et la composition du milieu organique dans lequel se développent leurs racines, j’ai pu constater que la morphologie, tant interne

qu

subit

ce milieu vient à varier; je me réserve de les décrire en détail dans un travail d’ensemble sur la question, mais je puis dès maintenant signaler certains effets provenant de la présence de

substances sucrées.

Toutes les cultures qui m’ont fourni les faits que je vais rapporter ici sont relatives au Radis; elles ont été effectuées dans des conditions absolument comparables ; les tubes étaient tous exposés à la même lumière et à la même température, contre on mur qui ne recevait jamais qu’une belle lumière di H use, la lumière directe ne pouvant être supportée par les plantes qui se développent k l’intérieur d’ un vase en verre; j’ai pris soin en outre d’établir au moins cinq cultures pour chacun «les milieux étudiés; l'uniformité des caractères présentés par les divers individus de chaque lot donnait l’assurance que ces caractères n étaient pas dus k des propriétés individuelles de la graine ensemencée ou à quelque autre condition accidentelle qui serait

passée inaperçue.

Les sucres essayés ont été ajoutés, à des doses diverses, à nne solution minérale dont la composition restait la même pour tous les lots; les plantes développées dans cette solution seraient de base aux comparaisons.

séance; ne 26 janvier 1906.

La coloration de la feuille est modifiée par le saccharose, le glucose, le lévulose et la dextrine, mais surtout par les trois premières substances; l’intensité de la coloration verte est augmentée du fait d’un développement plus abondant de la chlorophylle et aussi, comme nous le verrons plus loin, par suite de modifications que subit la structure de la feuille et avec elle la disposition des chloroleucites.

C'est le saccharose dont l’action est à cet égard la plus intense; vient ensuite le glucose, puis le lévulose; si on compare les cultures effectuées dans des solutions, à des concentrations diverses, de saccharose ou de glucose, elles se classent de la manière suivante, en adoptant l’ordre qui correspond aux intensités décroissantes de coloration : cultures en solutions à

15 p. 100 de glucose, 10 p. 100 de saccharose, 5 p. 100 de saccharose, 10 p. 100 de glucose (ces deux dernières très peu différentes) et 5 p. 100 de glucose. On voit donc qu’à poids égal, le saccharose augmente beaucoup plus le verdissement de la feuille que le glucose. Il n’est question que de solutions assez concentrées de sucres; ce n’est en effet qu'à partir de 5 p. 100 environ que l’action des substances mentionnées est nettement appréciable.

Ces faits, relatifs à faction de certains sucres sur le développement du pigment chlorophyllien des végétaux supérieurs, ne font que compléter ce que nous savions déjà à cet égard par les recherches de divers auteurs (Palladine....) ; mais c’est surtout 1 action de ces substances sur la forme externe ou sur la structure de la feuille que je veux envisager brièvement.

Les individus qui se sont développés sur la solution exclusiment minérale ont des feuilles très comparables à celles de pieds ayant végété dans des conditions normales de culture; pour la variété de Radis que j’ai en vue il s’agit de feuilles à pétiole bien développé, à limbe s’atténuant insensiblement vers sa base et largement ovale vers sa partie terminale; son contour présente des lobes assez larges et peu profonds. Le glucose, le saccharose, la mannite et la glycérine sont les sub¬

stances qui modifient le plus profondément cette forme extérieure

de la feuille.

Dans une culture sur solution de glucose à 10 p. 100 les

MOLLIARD.

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