‹ Action des amines aromatiques primaires sur quelques composés cétoniques dissymétriquesChapitre 11 sur 50 · ACTION DE L’ANILINE SUR L’ACIDE PYRUVIQUE · texte numérisé non relu

ACTION DE L’ANILINE SUR L’ACIDE PYRUVIQUE

On dissout séparément dans leur poids d’éther anhydre des quantités équimoléculaires d'acide pyruvique et d’aniline fraîchement disullée, et on les mélange peu à peu dans un flacon en agitant continuellement.

Chaque addition d’acide à la solution de base détermine l'apparition d'un précipité qui se redissout immédiatement; dès que l’on a ajouté une certaine quantité d'acide, ce précipité persiste : il est blanc et caséeux. Simultanément la solution s’échauffe et, si l’on procède un peu vite, l’éther peut entrer en ébullition; il est bon de fermer le

(*) Bull, Soc. Chim.; t. XI, p. %.

flacon par un bouchon au travers duquel passe un long tube ouvert servant de réfrigérant, de manière que l’ébullition de l’éther n’empêche pas l’agitation du flacon. Cette agitation a pour but d'empêcher l'agglomération du précipité qui en rendrait le lavage plus pénible.

Il est possible que le premier précipité formé se modifie au sein de la liqueur, car le dégagement de chaleur semble à un moment déterminé s’exagérer considérablement, en même temps que le précipité paraît changer d'aspect : il devient plus jaunâtre et plutôt grenu et cristallin que caséeux.

Peut-être se forme-t-il tout d’abord, comme le pense Bôüttinger, du pyruvate d’aniline, qui se transforme ensuite et subitement en acide anilpyruvique?

Lorsqu'on a terminé le mélange, on continue à agiter pendant quelque temps jusqu’à ce que l’éther se soit re- {roidi et l’on filtre immédiatement à la trompe le précipité formé; on le lave très soigneusement à l’éther anhydre en ajoutant les éthers de lavage à la liqueur mère.

Le produit ainsi obtenu est l'acide anilpyruvique.

Ilest assez difficile, sinon impossible, surtout lorsqu'on opère sur des quantités notables d’obtenir ainsi une matière assez pure pour pouvoir se conserver. L! suffit de petites traces d’impuretés, eau, aniline, etc., pour amener la transformation, plus ou moins rapide, de la matière blanche pulvérulente, inodore, obtenue tout d’abord, en une pâte brun noirâtre possédant une odeur caractéristique.

Pour obtenir l'acide anilpyruvique à un état de pureté suffisant pour qu’il puisse se conserver indéfiniment sans altération, il faut le faire bouillir avec du chloroforme et le filtrer. On se débarrasse du chloroforme, soit par un lavage à l’éther anhydre, soit par un séjour prolongé sous une cloche avec de l’acide sulfurique.

Les eaux-mères, qui fournissent ce produit, en aban-

ACTION DES AMINES AROMATIQUES. Jo

donnent quelquefois une nouvelle portion au bout de très peu de temps. On l’essore et on la traite de la même manière.

Le rendement total est satisfaisant; il s'élève environ au poids d’acide pyruvique employé.

Une fois l’acide anilpyruvique recueilli, il se dépose au sein des liqueurs éthérées un nouveau corps, nettement cristallisé, celui-là en cristaux souvent de dimensions notables.

Le dépôt augmente pendant plusieurs jours à mesure que l'éther s'évapore.

On décante la liqueur et on lave les cristaux avec très peu d’écher, carils sont sensiblement solubles dans ce dissolvant. Pour les purifier, on les lave au chloroforme froid et on les fait cristalliser ensuite dans le chloroforme bouillant. Le chloroforme dissout en effet ce corps assez bien à chaud et l’abandonne presque intégralement par refroidissement.

On peut encore employer l'alcool chaud, ou l’ébullition avec la potasse,

Le rendement en ce produit est d'environ 25 pour 100 du poids d’acide pyruvique employé.

Les liqueurs évaporées à l’air abandonnent un sirop noirâtre, résineux, dont l'étude trop pénible a dü être délaissée.

Acide anilpyruvique (phényliminopropanoïque)

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