INTRODUCTION
La découverte de l’isomérie des oximes, faite presque simultanément, d'une part, par V. Meyer et Golschmiedt (benzildioximes) et, d'autre part, par Beckmann (benzaldoximes) a suscité de nombreuses recherches, destinées à préciser la nature de cette isomérie. Était-ce une isomérie de structure ou une isomérie stéréochimique ou encore une sorte de tautomérie ? |
Aujourd’hui le débat est à peu près terminé, au moins sur un point important, et l’on semble admettre généralement que cette isomérie n’est pas une isomérie de structure, mais plutôt d’ordre stéréochimique.
Est-ce à dire que la question de fond soit complètement vidée et que l’on soit d'accord sur la façon précise de la concevoir et de l’exposer? Il serait imprudent de l’affirmer et rien n’est au contraire moins précis et moins clair que tout ce qui git au fond des manières de voir relatives à cette question.
Je n’entreprendrai point ici, ni de démêler ou d’ex-
Se 1
poser, ni de mettre d’accord ou en opposition les différentes opinions professées sur celte isomérie. Cependant, je veux dire un mot à propos de deux d’entre elles, non pas qu’elles me semblent avoir un caractère plus définitif, mais parce qu’elles ont déterminé l’ensemble de mes recherches. L
La théorie de Hantzsch et Werner consiste à considérer dans une oxime (aldoxime ou cétoxime)
Rece (l Az (OH)
l’azote trivalent doublement lié au carbone, comme susceptible d’asymétrie ; si les radicaux R et KR sont distincts, ils constituent, vis-à-vis de l’oxhydryle lié à l’azote, des foyers attractifs d'intensité inégale et, suivant que cet oxhydryle se trouve attiré davantage vers l’un ou l’autre de ces foyers, on a une position ou une autre d’équilibre, correspondant à la possibilité de deux molécules distinctes.
C’est ce que Hantzsch représente géométriquement
comme 1l suit :
Az 0H HO Az ou d’une manière plus schématique :
R—C—R' RCE (I Il Az (OH) (HO) Az
Dans l’hypothèse de l’atome de carbone tétraédrique, cela signifie que les trois valences de l’azote sont dirigées, non pas dans un plan comme on peut le supposer pour l’ammoniaque, par exemple,
ie TT Ne Az | H
mais suivant les trois arêtes d’un trièdre, la dissymétrie du reste de la molécule intervenant pour attirer l’une des valences hors du plan des deux autres.
La théorie d’Auwers et Meyer déplace la cause de l’isomérie; d’après ces savants, elle tient à la présence de l'atome d'oxygène; plus exactement, elle est liée à la situation de l’atome d'hydrogène de lhydroxyle vis-à-vis des zones attractives des deux radicaux R et R’, ce qu'on peut schématiser
R=—C—R! R—C—R il (l AZ Az | | O—H H—0O
Plus récemment, Hantzsch et ses collaborateurs (1) ont obtenu, par l’action de la phénylhydrazine (2?) ou de la diphénylhydrazine sur les chlorures correspondant à certaines cétones aromatiques un certain nombre d'exemples de manifestations isomériques, et Hantzsch a fait un rapprochement, souvent artificiel d’ailleurs, entre ces phénomènes isomériques et ceux qui se présentent à propos des oximes.
Il a naturellement schématisé les isomères de la manière
(*) Berichte, t. XXVI, p. 9 et suivantes.
{*) Depuis cette époque on a trouvé un autre exemple d’isomérie dans les phénylhydrazones.
suivante :
RPC RE NCEER Il Il Az — AzHCSHS (C6H5) HAz — Az
pour les phénylhydrazones et