CH3-CH-CH2-C-CO?2H
| Il H-Az-CSH5 AzCSHS.
L’analogie de la réaction actuelle avec celle-ci est saisissante et se poursuit d’ailleurs dans la stabilité des composés obtenus ; l’acide pyruvique libre peut se comporter comme l’aldéhyde éthylique, mais ses éthers sont plus stables, leur molécule intervient sans décomposition préalable dans la condensation : c'est uniquement ce qui disüngue les deux cas. Ces trois réactions démontrent la puissance de condensation de l’aniline; elles réalisent toutes trois, d’ailleurs, la soudure de deux molécules linéaires en une autre également linéaire.
On produit ainsi, par une réaction calme et régulière, une chaïne à six atomes de carbone à l’aide d’une chatne linéaire n'en renfermant que trois. Jusqu'à présent, de telles condensations n’ont été observées que très rarement.
En outre, il y a formation d’un groupe cétonique en ÿ> ce qui est d’accord avec la stabilité des produits obtenus: l'apparition d’un carbonyle cétonique permet de rappro-
cher la réaction de celle qui a fourni à Geuther l’éther acétylacétique
CH3-CO2C2H5 + CH3-CO2C2H5 + Na = CH3-CO-CH2-CO?2C2H5-+ C2H50 Ni.
Ce nouveau mode de condensation de l'acide pyruvique met en relief l'aptitude que présente ce corps à se prêter aux transformations les plus variées ; c’est au plus haut degré un composé de transition.
Les éthers de l’acide pyruvique, sur lesquels les recherches ont porté, sont les pyruvates d’éthyle, d’amyle actif, d’isoamyle, d’allyle et de benzyle.
Sauf le premier, aucun de ces éthers n’avait été signalé.
Je les ai préparés tous, ou à peu près, par la méthode d’éthérification directe, sans agent de condensation qui a le double avantage de donner un bon rendement en éther et de le livrer sans aucune impureté provenant, soit du déshydratant employé, soit des condensations plus profondes qu’il serait capable de produire.
$ 2. — PYRUVATE D'ÉTHYLE (PROPANONOATE D'ÉTHYLE) CH3-GO-CO2C2Hi-
La préparation de cet éther comporte certaines précautons si l’on veut obtenir un bon rendement. En tart qu’acide cétonique, l’acide pyruvique subit des altérations profondes sous l’action des agents de condensation; il en est de même de son éther. En outre, celui-ci se décompose facilement à la distillation, surtout s’il est accompagné d'impuretés notables, et il est trop soluble dans l’eau pour qu’on puisse l’isoler (sans des pertes notables) en projetant dans l’eau les mélanges qui le renferment.
Bôttinger, qui l'a préparé le premier, employait un mélange d’alcool, d'acide pyruvique et d’acide sulfurique qu’il extrayait à l’éther au bout de quelque temps. Dans ce cas,
il se forme accessoirement de notables quantités de pyrotartrate d’éthyle, et la distillation, même sous pression réduite, est rapidement arrêtée par la carbonisation.
Par cette méthode, j'ai pu obtenir en éther environ la moitié du poids de l’acide employé, soit 38 pour 100 du rendement théorique. Parfois même, le résultat a été beaucoup plus mauvais.
M. Genvresse a opéré différemment : il fait passer dans le mélange d'acide et d’alcool refroidi un courant de gaz chlorhydrique et distille au bout de vingt-quatre heures. Si l’on prolonge la durée de l’action da gaz chlorhydrique en abandonnant plus longtemps le mélange à lui-même, la condensation est plus profonde : il se forme d’autres produits et, en particulier, l’un d’eux, que M. Genvresse a étudié et auquel il a attribué la formule (!)