INTRODUCTION
Dans la pathologie cardiaque un des problèmes les pius importants est le traitement de l'insuffisance cardiaque.
On a proposé de nombreuses médications variant avec les formes cliniques à traiter.
Quelles qu’elles soient il est souvent très utile de commencer, par saigner le malade, ce qui facilite l’action médicamenteuse ultérieure.
Nous avons pu observer dans le service de notre maitre, M. le docteur Aubertin, à la Pitié, deux malades atteints d'insuffisance ventriculaire gauche, dont lun (obs. V) fut amélioré momentanément par une hémorragie spontanée abondante et l’autre (obs. VI) fut guéri par une saignée importante.
M. le docteur Aubertin, dont nous ne saurions trop ici reconnaître la bienveillance, et que nous remercions pour les conseils qu’il nous a prodigués, nous communique, d'autre part, une observation d'insuffisance ventriculaire droite. Le malade intéressé présentait des ac-
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cidents marqués d'insuffisance cardiaque, dont plusieurs symptômes importants disparurent à la suite d'une hémorragie gastrique, spontanée, abondante.
Nous nous proposons dans ce travail, guidé par ces observations, d'étudier le rôle bienfaisant de la saignée au cours de l'insuffisance cardiaque droite et gauche.
Nous verrons que les hémorragies spontanées donnent souvent, dans ces cas, de bons résultats.
Nous verrons comment dans l'insuffisance ventriculaire droite et gauche des symptômes souvent alarmants disparaissent.
Nous chercherons ensuite à comprendre par quel mécanisme on assiste à leur disparition.
Enfin nous envisagerons pour terminer les déductions
thérapeutiques que nous aura inspirées ce travail.
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Action bienfaisante de la Saignée chez les cardiaques
Les malades atteints d'affection cardiaque sont parmi ceux qui bénéficient le plus largement de la saignée.
Cette notion est vieille et existait bien avant qu'on aït classé la défaillance du cœur et les modalités de son insuffisance.
Les anciens se basaient sur un ou quelques symptô: mes pour pratiquer la phlébotomie, et la pauvreté de leur diagnostic ne Îles empêchaient pas d’en tirer parfois d'excellents résultats. L’empirisme Surtout présidait à cette thérapeutique comme à tant d'autres.
Jusqu'au XIX° siècle la saignée connut une fortune singulière. Après en avoir usé largement, abusé d’une manière prodigieuse pendant plusieurs siècles, en ne s'appuyant que sur des données incertaines, les médecins consolidèrent leur conviction avec le système pathologique de Broussais.
L'inflammation était, pour cet auteur, l’origine de la
plupart des maladies. Il écrivait :
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« Au premier rang des débilitants propres à arrêter l'inflammation nous avons la saignée ».
On saignait dans telle ou telle maladie et, pratiquement, dans presque toutes.
Mais au XIX° siècle, Louis, Bretonneau, Trousseau, Jaccoud, reconnaissent les uns après les autres l’inutilité fréquente de la saignée. Jaccoud l'indiquait avec précision dans trois cas seulement : dyspnée intense — troubles mécaniques de la circulation pulmonaire —phénomène de stase encéphalique.
Deux d’entre ces indications sont excellentes ; elles se rapportent le plus souvent à l'insuffisance cardiaque droite.
Mais la réaction contre la saignée fut si violente qu'à la fin du XIX* siècle cette pratique était tombée en désuétude ; ou bien on en tirait un parti trop discret.
Si bien qu'en 1907, Chirié, dans sa thèse, reprenant l'étude de la saignée abondante à propos du traitement de l’éclampsie, parle de ce « remède héroïque abandonné aujourd'hui ».
A notre époque on use raisonnablement de cette thérapeutique bienfaisante, non pas tant en présence de certaines maladies, comme surtout en présence de certains symptômes. ù
Chez les cardiaques la saignée est indiquée au moment de la défaillance du cœur, lorsque la polypnée, la cyanose, l'œdème, l’oligurie se détachent, menaçants, du
syndrome complet de l'insuffisance cardiaque : encom-
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