‹ Action des lysats bactériophagiques sur Salmonella enteritidis var. Danysz dans l'infection expérimentale de la souris et dans les culturesChapitre 51 sur 59 · À. — LA SURVIE DE BACTÉRIES SENSIBLES EN PRÉSENCE DE PHAGES · texte numérisé non relu

À. — LA SURVIE DE BACTÉRIES SENSIBLES EN PRÉSENCE DE PHAGES

Trois hypothèses peuvent être faites à ce Sujet

a) On peut supposer que les lysats contiennent des substances antiphages;

b) Que l’action des phages sur les bactéries ne peut se produire qu'avec l'association d’un facteur adjuvant venu des bactéries où du lysat et qui se trouverait en quantité insuffisante dans les systèmes étudiés:

c) Enfin, les bactéries survivantes pourraient appartenir à une variété différente de celles des bactéries qui sont

lysées, et opposer une certaine résistance à l’action du

phage. +

Ces hypothèses ne s’excluent pas mutuellement.

1° Les lysats contiennent-ils des substances antiphages ?

Cette hypothèse peut être éliminée pour deux raisons

il est impossible que le pouvoir antiphage de la même quantité de Iysats soit d’autant plus faible qu’il y à moins de bactéries à lyser; par ailleurs, le nombre des bactéries sensibles survivantes n’est pas plus grand avec des Iysats purs qu'avec des lysats dilués cent fois. Ceux-ci devraient appor- | ter au système cent fois moins de ces hypothétiques substances antiphages. Au contraire, le nombre des bactéries survivantes, quand on emploie des lysats dilués, loin d'être diminué, est plus grand.

2 Les phages n'agissent-ils qu'en association

avec un facteur adjuvant venu des bactéries ? Cette hypothèse à plus de consistance que la précédente. En effet, nous avons vu qu’une même préparation de phages lyse d'autant plus de bactéries qu'on en à introduit davan-

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tage dans la culture et, par ailleurs, on sait que, d’une façon générale, les phages se multiplient mieux quand ils sont introduits un certain temps après les germes, quand le métabolisme de ceux-ci est en pleine activité. De plus, nous avons vu précédemment que seuls les lysats concentrés peuvent stériliser des cultures, et il se pourrait que cette propriété soit due à leur forte concentration en substances adjuvantes plutôt qu’à leur titre élevé en phages.

Ce facteur pourrait provenir, soit du métabolisme normal des bactéries, soit de leur métabolisme modifié par l’induction spécifique du phage. Dans le premier cas, on devrait le trouver dans les milieux de culture où les bactéries se sont multipliées; dans le second, dans des lysats dont les phages ont été inactivés ou éliminés.

En ajoutant au système phages-bactéries diverses quantités de cultures de la souche IT âgées de six heures à trente heures, centrifugées et filtrées à pH 7,8, nous n’avons jamais obtenu de lyse totale des bactéries sensibles.

Quelques essais ont été faits avec des Iysats dont les phages étaient inactivés par du sérum spécifique. Ils ont été négatifs.

Nous n’avons donc pas pu mettre en évidence, ni dans les milieux de culture, ni dans les lysats, de facteurs adjuvants qui permettraient la stérilisation des cultures de phage. Mais les essais sont insuffisants pour permettre une conclusion définitive, car les faits que nous venons de citer sont un argument sérieux en faveur de leur existence.

3° Les bactéries survivantes opposent-elles une certaine résistance à l’action du phage ?

Nous avons, dans tout ce qui précède, considéré comme bactéries « sensibles » toutes celles qui ne donnaient pas de colonies sur gélose en présence de bactériophage concentré.

Cette notion doit-elle subir des retouches ? On peut se demander si les bactéries de nos souches n’appartiennent

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