‹ Action des lysats bactériophagiques sur Salmonella enteritidis var. Danysz dans l'infection expérimentale de la souris et dans les culturesChapitre 8 sur 59 · VOS · texte numérisé non relu

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très petite place dans les applications cliniques, et que l’action thérapeutique, quand elle existe, est dans l’ensemble non spécifique.

Nous pensons qu'avant de chercher les applications cliniques, le problème doit être étudié du point de vue expérimental. Nous allons donc passer en revue rapidement les travaux qui ont été faits en ce sens en essayant de les analyser, puis nous exposerons les moyens et le but de notre travail.

De nombreux auteurs n’ont eu que des échecs, et un certain nombre d’autres n’ont pas jugé utile de publier leurs travaux. Quelques-uns, cependant, signalent des succès; c’est sur les travaux de ces derniers que nous allons nous arrêter.

! ASHESHOV, WiLsoN et TopLEY [1] contaminent des souris avec 100 X 105 bacilles typhiques Vi, ils divisent ces souris en trois lots : l’un sert de témoin; au deuxième lot ils injectent du phage Vi antityphique de titre 1,5 X 10°; au troisième lot, ils injectent des phages tués par la chaleur. Seul le lot ayant reçu le phage vivant survit, ce qui prouve bien Paction lytique spécifique du phage. En employant un phage non spécifique, ils n’ont obtenu aucun succès. Ils signalent, de plus, que si l'injection du phage est faite deux heures après la contamination, l’action protectrice est beaucoup plus faible; enfin, au delà de deux heures, l’effet est. nul.

Fisk [7] signale lui aussi une action: protectrice dans l’infection typhoïdique expérimentale de la souris. Il injecte dans le péritoine 1 cm° de bacilles typhiques auquel il ajoute de la mucine. La dose mortelle étant, dans ces condiüons, de 1.000 germes, il utilise pour ses essais 1.000 à 100.000 doses mortelles. Les phages employés ont été isolés de Peau d’égout et sont probablement un mélange de plusieurs phages. L'action de ces phages est positive si on les injecte aussitôt après l'infection, son titre étant de 1 X 108. Si le titre est de 5 X 10%, il y a encore une action positive

PAR ie

quand Pinjection est faite quatre heures après l'infection. L'emploi du phage chauffé cinquante minutes à 70° est demeuré sans résultat.

Dugos, SrRAUS et PRICE [6] provoquent l'infection expérimentale des souris avec Shigella dysenteriæ, ils font une injection intracérébrale de 0,03 cm° de culture de ce bacille et provoquent ainsi la mort des animaux qui succombent à une méningite en trois à dix jours. Des phages sont isolés de l’eau d’égout. La préparation n’est pas purifiée et donne au moins deux sortes de plages, et son titre est de 7 X 10° à 2 X 10° par em. Ces auteurs constatent d’abord une multiplication in vivo dans le cerveau et dans le sang, celle-ci étant meilleure dans le premier cas. Ils signalent que l’élimination du phage est rapide et qu'après quatre jours on n’en retrouve plus. L’expérience porte sur trois lots de huit souris : un lot comprend les témoins qui succombent tous; le deuxième lot reçoit du phage de titre 10° par cm* : deux souris seulement meurent; le troisième lot reçoit du phage de titre 105 : six souris meurent. Les auteurs injectent le phage et les germes en même temps, ils obtiennent 72 p. 100 de guérison quand le phage est injecté par voie intrapéritonéale; ils signalent des résultats positifs quand le phage est injecté par voie intraveineuse ou sous-cutanée. Les résultats sont négatifs si le phage est administré per os. Ils concluent en disant que le phage se multiplie in vivo et que le succès du traitement dépend du titre élevé du phage.

MoRTON, ENGLEY et FRANK [13] ont expérimenté avec Shigella para-dysenteriæ FLExNER. Une suspension de quatre bacilles avec 5 p. 100 de mucine constitue la dose minima mortelle pour la souris. Ils utilisent un phage dysentérique actif et multiplié sur leur germe ayant un titre de 1 X 10% par em*. Le phage protège les souris contre 10.000 doses mortelles, s’il est injecté sept jours avant l’infection. Dans les mêmes conditions, un phage tué par la chaleur n’a aucune action. L’action du phage est positive

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si on l’injecte simultanément avec les bactéries par voie intrapéritonéale, et on a une protection contre 12.000 doses mortelles. Si le phage est injecté six heures après les germes, l’action est nulle.

MorToON et PEREZ-OTERO [12] signalent, dans leurs travaux sur le comportement du phage in vivo, une multiplication de celui-ci dans le sang, et disent que l’on peut encore ly détecter après cinq ou sept jours. L'action protectrice du phage serait due, d’après eux, à son action lytique.

Walter E. Warp [37], enfin, a fait lui aussi un travail intéressant et obtenu des résultats positifs. Les conditions expé- ‘ rimentales sont les suivantes : l’infection est provoquée par l'injection intrapéritonéale de 10 à 100 bacilles typhiques Vi dans 4 p. 100 de mucine. Le phage est injecté par voie intraveineuse. Jusqu'à une concentration de phage de 10, les résultats sont positifs; si la concentration est de 105, il y a 60 p. 100 de morts; enfin, si le titre n’est que de 10, il y a 100 p. 100 de morts. L'auteur retrouve des germes dans le sang une heure après l’infection; il protège 90 p. 100 des souris en injectant le phage par voie intraveineuse, quatre heures après l’infection. Les résultats sont négatifs si l’injection de phage est plus tardive où si l’on emploie du phage non spécifique. Lorsque l’on emploie du phage spécifique, le phage se retrouve dans le sang après soixante heures. Si le phage n’est pas spécifique, il disparaît très vite. Enfin, chez les souris traitées et guéries, . WaRD retrouve des germes non pathogènes.

La critique que nous pouvons adresser à ces travaux est que les différents auteurs ont utilisé des germes peu pathogenes pour la souris. Les auteurs ont dû utiliser des artifices (adjonction de mucine aux germes ou introduction de ceux-ci par voie intracérébrale) pour tuer leurs animaux; on ne peut donc pas tirer un enseignement pratique de ces expériences. Cependant, certaines conclusions paraissent s'imposer. Les phages ne sont actifs que s'ils sont employés à une concentration suffisamment élevée et introduits très

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