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3° Parmi les composés qui viennent d'être énumérés, un Intérêt tout spécial s'attache aux dérivés sulfocinnamiques,
Ces corps présentent, en effet, dans leur chaîne latérale, le groupement moléculaire — C(SOH) = CH
Or, de ce groupement, si fréquent dans les Noyaux aromaliques, on ne connaît jusqu'ici, dans les chaines ahphatiques, qu'un seul exemple (1. C'est l'acide éthylène-sulfonique : CH CH-—SO'H, préparé par Kohler (2).
L'intéressant travail que ce savant à consacré à ce corps en à mis en lumière les lrès intéressantes propriétés chimiques. C'est ce qui m'engagera à reprendre dans l'avenir l'étude approfondie des dérivés sulfocinnamiques.
Déjà, J'ai remarqué de grandes analogies entre les propriétés physiques et chimiques de l'éthylène-sulfonale de sodium et celles des dérivés sulfocimnamiques. Je signalerai notamment :
a) La grande solubihité de ces corps dans l'alcool fort. Par exemple, c'est grâce à sa solubililté dans l'alcool à 95° que J'ai pu séparer le cinnamale de méthyle monosulfonate de sodium des composés disulfonés qui se forment incontestablement dans la même réaction : c'est également grâce à la solubilité, dans l'alcool à 95°, de l’éthylène-sulfonate de sodium, que Kohler à pu le séparer de léthane-disulfonate de sodium qui l'accompagne.
b) L’analogie se poursuit par le fait que ces deux catégories de composés fixent avidement le brôme à froid (3) :
c) Enfin, toutes les deux sont très facilement oxydables à froid par le permanganale de potassium: mais, tondis que l'acide éthylène-sulfonique est quantitalivement oxydé en CO? et SO‘FE, ce qui en permet le dosage volumétrique. Dans le cas de sulfocinnamate disodique Foxydation n’est pas rigoureusement quantitative.
(1) II convient, toutefois, de mentionner une forme tantomérique de l’acide acétaldéhyde disulfonique, c’est la forme CHOH=C (SO*H)? hypothétiquement considérée par Schrüter (Lichig's Annalen,T.CCCTIT p. 1187). |
L'hypothèse de Schrôter est basée sur ce fait, que l'acide en question donne un sel tribarytique, qui serait: C(SO*)2Ba — CHO Ba!/,.
(2) Kouzer. American Chemical Journal, F, MIX p. 729 (897): T. XX, p. 680; T. XXE, p. 349. ” |
(3) I/acide éthylène-sulfonique donne, dans ces conditions, un dérivé de substitution; CH= — CBr—SOSH, avec élimination de HBr,
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4° J'ai montré le parti que l'on pouvait tirer de l’action de l’acide chlorhydrique concentré sur les acides sulfoniques lorsque le groupement —SO*H est fixé sur un atome de carbone appartenant à une chaîne ouverte. Dans les composés que j'ai étudiés, le groupement —SO'H s'élimine à l'état de SO? et il se forme un composé cétonique.
5° C'est ce fait qui m'a permis d'établir la constitution du sulfocinnamate disodique et de montrer que, dans ce composé, le groupement sulfonique est en $ par rapport au carboxyle.
6° Un autre fait vient à l'appui de cette constitution ; c'est l’action de la soude fondante, agissant à la température de 200°, sur le sulfocinnamate disodique.
D'une part, le groupement sulfonique s'élimine à l'état de sulfite de sodium ; d'autre part, la molécule est coupée à l'endroit de la double haison, en donnant du benzoate et de l’acétate de sodium. L’équation de la réaction est donc :
C$H5 C(SOSNa)=CH CONa+2Na0H = SOSNa?+CSH5- CO2Na+-CH CO?Na
7° Les caractères des composés sulfoniques obtenus dans la série aromatique m'ont conduit à mettre au point une méthode de purification basée sur l'emploi de l’eau oxygénée et de l'acétate neutre de plomb. Cette méthode, susceptible d’être généralisée, pourra rendre des services, lorsqu'on aura à séparer des sulfites, des sulfates, des sulfonates, et lorsqu'on ne pourra isoler ces sulfonates ni par l'intermédiaire des sels de plomb, ni par l'intermédiaire des sels alcalinoterreux.
Tels sont les principaux résultats obtenus dans ce travail.
Le travail que Je viens d'exposer est susceptible d'un développement considérable, qu'il est superflu d'indiquer ici. Même, dans le domaine où je me suis maintenu, je ne me dissimule pas qu'il reste bien des points imparfaits et bien des lacunes à remplir. En particulier, il reste à établir d'une façon définlive, la constitution des composés
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disullonés que j'ai préparés et au sujet de laquelle on ne peut avoir, Jusqu'à présent, que des présomplions.
Ce sont là des points que je tenterai d’élucider plus tard.
Pour le moment, j'ai surtout cherché à me rendre compte du mécanisme des réactions, à isoler dans les meilleures conditions possibles les composés formés, à en connaître les propriétés les plus importantes.
Je pense avoir alteint mon but principal, qui était de montrer la possibilité de saturer, partiellement où completement, la haison acélylénique par les bisulfites.
Vu, bon à imprimer NUS Le Président de la thèse, Le Directeur de l'Ecole, CH. MOUREU. H. GAUTIER.
Vu et permis d'imprimer : Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, L. LIARD.
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