‹ Action du Cobalt sur l'Organisme des VertébrésChapitre 11 sur 30 · PEN · texte numérisé non relu

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périphérique bien mise en relief d’ailleurs par quelques auteurs dont nous parlerons plus loin.

1° Le cobalt agit comme un anesthésique ordinaire sur les poissons et ne semble pas avoir sur eux d’autre action. Sur la grenouille, l’action primordiale est hypnotique comme nous l’avons mis en relief dans les expériences suivantes : on met les hémisphères cérébraux d’une grenouille à découvert par arrachement des pariétaux. À l’aide d’une pipette, on laisse tomber sur l'écorce cérébrale, goutte à goutte, une solution de bromure à 1 %. En quelques minutes l’animal repose. Il n’y a eu ici qu’une action locale du métal et nous retrouvons le tableau qu’on observe au début des effets sur le système nerveux.

De même si on renouvelle les expériences décrites plus haut sur des animaux décérébrés, on n’observe pas les premières phases de somnolence et d’insensibilité habituelles dans les minutes qui suivent l’injection; on voit cependant apparaître au bout de 20 à 30 minutes les phénomènes parésiques et paralytiques terminaux.

On obtient les mêmes résultats si on sépare au bistouri les hémisphères du cerveau moyen et postérieur par une section rétro-hémisphérique. Sur les mammifères, l’effet anesthésique est évident et masque l’apparition des phénomènes paralytiques. L'action primordiale du cobalt semble donc bien être une action anesthésique.

2° De quel ordre est maintenant la seconde action qu’il exerce sur le système nerveux ? STUART pensait que le cobalt agissait en paralysant les muscles qui devenaient inexcitables, mais il a vu qu’ils conservaient intacte leur physiologie et qu’au contraire le rendement du travail était meilleur avec les muscles traités.

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STUART pense alors à une action sur le système nerveux, Car s’il coupe une sciatique, par exemple, il n’y a pas de mouvements spontanés dans les muscles correspondants. Il conclut pour finir que le cobalt provoque simplement une excitation du système nerveux. Cette assertion est gratuite et c’est CoPPoLA (9) qui a fait les expériences décisives. Il recherche l’action sur les muscles striés et sur les terminaisons nerveuses périphériques en étudiant un muscle gastrocnémien avec son nerf isolé. D’un côté, c’est le nerf, de l’autre le muscle qui baiïignent dans une solution de CoCE à 2,5 %. Au bout d’un quart d’heure, le nerf transmet encore son excitation au muscle qui répond. En trois quarts d'heure, le nerf ne peut plus exciter le muscle, quoique ce dernier soit encore directement excitable avec un fort courant électrique. Le nerf transmet encore lui-même son excitation; le pont est donc coupé entre le muscle et son nerf.

CorPpoLaA conclut en disant que le cobalt agit sur la plaque de Rouget et rend intransmissible l'excitation nerveuse au muscle. C’est la chronaxie expliquée avant la lettre. Nous nous réservons de publier prochainement une note sur les modifications chronaxiques déclenchées par le cobalt, mais l’auteur italien a droit à notre admiration pour avoir si bien démontré l’action curarisante du métal. Bock (11) a aussi parlé des effets curarisanis du cobalt administré sous forme d’un composé aminé-chloré.

Les actions du cobalt sur le système nerveux semblent donc bien pouvoir se résumer en ceci: action hypnotique primordiale qui masque Papparition plus tardive des phénomènes de curarisation.

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