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ACTION SUR LES CHROMATOPHORES DES POISSONS ET DES BATRACIENS

Au cours de nos recherches sur l’organisme des poissons soumis à l’action du cobalt, nous avons observé outre les effets décrits plus haut, une action constante

sur les mélanophores de ces animaux. Nous avons surtout étudié cette action sur le vairon, Phoxinus Laevis . Agass; on sait qu’il est le poisson de choix pour ce

genre de recherches : la sensibilité réactionnelle de ses cellules pigmentaires, la robe de noce qu’il présente au moment du fraie ont été maintes fois mises à profit par les expérimentateurs.

D'ailleurs les différentes connections nerveuses de ses cellules pigmentaires, bien étudiées par Von FRISCH, nous sont connues et permettent d'expliquer partiellement les phénomènes observés.

Nous nous sommes servis pour nos recherches de solutions semblables à celles utilisées précédemment. Les injections étaient faites sous le tégument dorsal du poisson au niveau de ja nageoire médiane. Les animaux en expérience étaient toujours maintenus sur fond blanc. Les temps que nous donnons ci-dessous son! relatifs au chlorure; par rapport à lui, le sulfate, le bromure et le nitrate sont dans l’ordre moins actifs; par contre l’acétate donne des réactions plus violentes.

Nous savons que la dose toxique des différents sels étudiés est pour le vairon voisine de 2 milligrammes; à cette dose l'effet s’observe rapidement : en quelques secondes la dilatation des mélanophores commence;

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elle atteint son maximum en 2? ou 3 minutes; à ce moment elle est généralisée, le dos comme les flancs, la partie antérieure de l’animal comme sa partie postérieure sont. noirs. | Ta plupart. des. animaux meurent ensuite à ces doses trop fortes. ‘À la dose de 1 milligramme, la dilatation des mélanophores s’installe moins rapidement, on la voit seulement apparaître au bout de 15 à 20 secondes, son maximum d'intensité survient en 5 ou 6 minutes. Elle est encore généralisée et très intense, le dos et les bandes latérales sont également noirs. Les animaux gardent leur teinte sombre pendant au moins une heure après l'injection, elle disparaît ensuite plus ou moins rapidement suivant les cas; on peut cependant distinguer encore au bout de 24 heures les animaux traités d'avec les témoins. A dose moitié moindre, 0,5 mgr., les phénomènes initiaux se succèdent dans le même espace de temps, mais on a lors des intensités inégales entre les différentes plages du corps de l’animal; les mélanophores dorsaux sont à peine touchés alors que ceux des bandes latérales atteignent une intensité comparable à celle obtenue avec une dose double. L’intensité la plus forte s’observe de 5 à 6 minutes après l'injection; elle commence à diminuer au bout de 15 minutes. L’action cst encore visible ici 24 heures après l’expérience. À 0,25 mgr., on n’a plus d'action sur !:s mélanophores dorsaux, mais les bandes latérales sont toujours atteintes et les mélanophores du tiers postérieur du corps sont visiblement plus touchés. L'action se manifeste dans cette région d’abord sur les grosses cellules pigmentaires qui sont placécs immédiatement au devant de la nageoiïire caudale. À des doses inférieures au 1/8° de milligramme, l’action est encore nette; au-dessous du 1/10° de milligramme, on a encore de nettes dilatations, mais elles durent quelques heures à peine.

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En dehors du vairon, nos expériences ont porté sur l’épinoche, Gasterosteus aculeatus, où nous avons observé des phénomènes semblables, la partie de l’animal la plus sensible est ici le tiers antérieur du corps, le pourtour du museau, la partie dorsale de la tête, les bandes latérales de mélanophores qui précèdent la grande nageoire dorsale. L'activité des différents sels de cobalt est comparable à celle observée sur le vairon.

Nous avons encore recherché l’action des sels de cobalt sur les mélanophores de quelques poissons: de mer comme la rascasse, Scorpæna porcus L., le labre vert, Labrus viridis L., la petite sole, Monochirus hispidus Rafin, la roussette, Scyllium canicula Cuv. et Scyllium Catulus Cuv. enfin sur la girelle, Julis giofredi

‘ Risso. Nous avons observé sur tous des effets comparables aux précédents. Seule la roussette s’est montrée plus réfractaire pour les doses moyennes n’agissant que faiblement au doses toxiques.

Nous n’avons jusqu'ici parlé que des mélanophores, car c’est surtout sur eux que l’action dilatatrice du cobalt est remarquable. Cependant, chez le vairon, aux fortes doses, la partie ventrale et la partie blanche des flancs libres de mélanophores deviennent bleuâtres sous l'influence du métal. Les «sacantophores ne semblent cependant guère touchés. On observe parfois aux doses moyennes une dilatation des érythrophores qui n’est jamais très considérable; nous avons cependant observé

“quelquefois une dilatation importante de ces cellules

pigmentaires donnant à l’animal l’aspect de la robe

de noces.

Ceci n’a été observé que sur des individus mâles. Nous n’avons rien vu qui soit digne d’être rapporté sur les chromatophores des autres poissons traités.

L'action des sels de cobalt sur lés mélanophores est,

De

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