TECHNIQUE
Les courbes d’hypoglycémie post-insulinienne obtenues chez le chien ont été étudiées selon une technique précise mise au point par Trinquier [105]. Aussi renvoyons-nous à son travail pour toute documentation spéciale.
Toutefois, durant les recherches que nous avons été amené à effectuer chez les chiens normaux, nous avons pu faire un certain nombre de remarques que nous tenons à mentionner ici.
Nous avons toujours opéré sur des chiens de 15 à 25 kilos, en équilibre physiolcgique et en bonne santé, à jeun depuis au moins vingt-quatre heures. Les prises de sang ont été effectuées à la veine saphène externe; rarement nous avons eu recours à la dénudation de la veine fémorale.
Pour la détermination de la glycémie initiale, qui a une très grosse importance, Trinquier prenait la moyenne des valeurs obtenues sur trois échantillons de sang, prélevés à cinq minutes d'intervalle. Nous avons modifié cette technique, pour les raisons suivantes :
Czezowska et Goertz [26] ont montré que les ponctions veineuses répétées font varier la glycémie. Ces auteurs, prélevant le sang au lobe du doigt, chez des sujets normaux à jeun, de deux en deux minutes, constatèrent une augmentation progressive de la glycémie, trente-quatre fois sur quarante. La réaction obtenue étant supprimée par une injection d’atropine, et son intensité dépendant de l’excitabilité du sujet, Czezowska et Goertz rangèrent le phénomène dans le cadre des réflexes végétatifs déclanchés par l’excitation des terminaisons nerveuses de la peau.
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Trinquier [105] montra également que, d’une façon générale, lors des trois prises de sang, la deuxième donne une elycémie nettement supérieure. Aussi, avons-nous préféré pratiquer un seul prélèvement, sur lequel nous avons effectué trois ou quatre dosages, la glycémie initiale étant la moyenne des chiffres obtenus. L’exacte détermination de la raleur de la glycémie initiale importe en effet, au plus haut point; car la moindre erreur influe sur tous les facteurs de l'hypoglycémie post-insulinique. Il est évident, en effet, que si on évalue le taux de cette glycémie initiale à un niveau trop haut ou trop bas, on augmente ou on diminue plus ou moins considérablement l’importance des valeurs réelles de l’'hypoglycémie observée.
Dans nos premières expériences, les prises de sang ont été effectuées sur le chien solidement attaché sur une gouttière de Farabœuf. Mais les courbes ainsi obtenues montraient des variations de glycémie assez considérables, semblant coïncider avec les ébats du chien. Aussi avonsnous opéré par la suite sur le chien couché simplement sur le sol dans sa position normale. Les courbes ainsi obtenues sont beaucoup plus régulières.
Les doses d’insuline injectées ont été d’un quart d’unité par kilogramme de chien, calculées sur son poids initial.
Durant toutes nos recherches, nous avons utilisé l’'Endopancrine qui nous a toujours donné entière satisfaction.
Pour les différentes courbes effectuées chez le même chien, nous nous sommes toujours servi du même échantillon, afin d'éliminer les erreurs dues aux variations de dosages.
Nos dosages ont été pratiqués exclusivement par la méthode d'Hagedorn et Jensen qui a déjà été utilisée par Trinquier et dont la technique est mentionnée en détail dans la thèse de ce dernier.
Afin cependant de rendre service aux laboratoires qui seraient désireux d'utiliser cette excellente méthode, nous n’hésitons pas à la reproduire ici d’une manière pratique.
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PRINCIPE. — Après défécation, oxydation du glucose sanguin par un excès connu de ferricyanure de K. en milieu alcalin et dosage ultérieur de cet excès, en milieu acide par iodométrie.
Cette technique comprend plusieurs parties :
1° Prélèvement du sang. — 1/10 de cm* de sang, prélevé très exactement avec une pipette de Marcano, est versé intégralement dans un mélange extemporané de 1 cm* de solution À et de 5 cm de solution B. Le tout est porté au baïinmarie bouillant pendant trois minutes.
2° Filtration. — Sur des entonnoirs identiques, de petite capacité (25 cm°) placer des quantités de coton hydrophile aussi identiques que possible, laver à l’eau distillée bouillante à plusieurs reprises et tasser régulièrement (coup de main nécessaire). Après agitation ménagée, jeter alors le contenu du tube dans l’entonnoir. Lorsque l'écoulement du liquide est complet, laver au minimum deux fois, tube et entonnoir avec, en tout, 6 cm* d’eau bouillante. Essorer le coton. Préparer dans les mêmes conditions plusieurs essais à blanc avec de l’eau distillée. Les filtrats doivent être rigoureusement limpides, sinon le dosage est perdu.
Nora. — On peut encore préparer à l’avance son coton en le traitant quelques minutes à l’ébullition dans de l’eau bidistillée. Ces lavages ont pour but de le débarrasser des traces de matières réductrices qu’il contient normalement.
3° Réduction. — Verser dans chaque tube, avec une pipette exactement graduée, 1 cm° de solution C et 1 cm de solution D ou 2 cm° du mélange extemporané. Porter au bain-marie bouillant strictement 15 minutes. Au bout de ce temps, sortir rapidement les tubes et les plonger dans un cristallisoir à eau courante froide environ 5 minutes.
Nora. — a) La valeur absolue de la glycémie dépend du temps d’ébullition.
b) Veiller à ce que l’ébullition reste constante durant les 15 minutes.
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4 Dosage iodométrique. — Ajouter alors dans chaque tube 1 cm° de E, 2 cm* de F, 2 cm° de G, et II gouttes d’empois d’amidon. Agiter. On observe après addition de la solution F un jaunissement prononcé, avec apparition d’un précipité (Formation de ferrocyanure de Zn) aux dépens du ferrocyanure formé durant la réduction. En milieu acide l'I. est libéré en quantité strictement correspondante au ferricyanure non réduit. Cet L. sera dosé avec du S? 0° Na, N/200 (Sol. H). Ajouter cette solution au moyen d’une microburette de 2 cm° graduée en 1/100 de cm*. Ajouter cette solution en petites fractions en retournant, après chaque affusion, le tube, obturé avec le pouce, jusqu’à obtention d’un liquide rigoureusement incolore.
Soit n le nombre de cm° trouvé pour le dosage.
Soit n celui de l’essai à blanc. Calculer la glycémie en se rapportant au Tableau d’Hagedorn.
Soit a la glycémie correspondant à n.
Soit a la glycémie correspondant à n°.
a — «à — glycémie recherchée pour °/°°.
À défaut du tableau d’Hagedorn, on peut appliquer la formuie suivante :
: % 0175 C 0.0005 € icr D, — . 4 si ü ucre F en mg 297 —C C — volume de solution de ferricyanure employée (RER) REMARQUE I. — L’essai à blanc est nécessaire, d’une part
pour indiquer les légères erreurs existant entre la solution de thio-sulfate et de ferricyanure, d’autre part, du fait d'une légère libération d’'I. avec le temps de la solution E.
REMARQUE II. — Tous les produits utilisés doivent être rigoureusement purs. Utiliser les produits de Merck d’Haens ou de Poulenc.
REMARQUE III. — La méthode précédente étant une méthode par reste ne permet d'atteindre au maximum qu'une glycémie de 3 g. 85. Pour des glycémies supérieures, diviser la prise en deux, et additionner les deux résultats.
eo REMARQUE IV. —— Tout le matériel doit être en pyrex.