TA RES
Ils montrèrent la nécessité de pratiquer plusieurs dosages de glycémie avant d’injecter l’insuline, afin d'établir une moyenne de glycémie initiale. La première partie de la courbe d’hypoglycémie, chez le sujet normal, montre une chute brusque et régulière, jusqu’à sa valeur la plus basse que lon trouve souvent vers la vingt-cinquième minute. Cette ligne, figurant la chute de la glycémie, est appelée par les auteurs précédents « ligne d’assimilation », parce qu’elle leur paraît représenter la quantité de glucose assimilée par l’organisme.
Ils proposent, pour évaluer l’importance de ces phénomèênes d’assimilation, l’établissement d’un index qu'ils appellent «/lindex d’assimilation », que l’on obtient en divisant le pourcentage de chute de la glycémie par le temps qu'a mis la glycémie à atteindre son point le plus bas. La ligne, figurant la réascension de la glycémie, est appelée par ces auteurs la «ligne de restauration ». Elle comprend deux parties : la première, rapide, ou « ligne primaire », et qui dure de dix à vingt minutes; la deuxième, plus lente et progressive, ou « ligne secondaire », qui dure de la cinquante-cinquième à la cent dixième minute. Entre ces deux parties, peut s'inscrire une «onde» pendant laquelle la glycémie s’abaisse pour remonter. Cette onde, qu’à la suite de Frinquier [105], nous appellerons pour Ia commodité de l’exposé « phase de Thayssen », s'inscrit en un temps variant de dix à quinze minutes.
Après avoir établi ces données sur l’homme normal, Norgaard et H. Thayssen ont poursuivi leurs recherches sur les diabétiques. Ils ont trouvé que la chute maxima est considérablement accrue, mais que le pourcentage de chute maxima reste à peu près le même. Le temps pendant lequel la glycémie s’abaisse étant notablement augmenté, l’index d’assimilation se trouve donc diminué, et les auteurs concluent que cet index est d'autant plus bas qu’il s’agit d’un diabète plus grave.
Les recherches de Norgaard, Thayssen et Roholm ont
De
marqué une étape dans l’étude des phénomènes insuliniques chez l’homme.
Il a paru à M. le professeur Aubertin qu’il pourrait y avoir intérêt à poursuivre parallèlement des recherches analogues chez l’animal, ce qui permet de faire varier les conditions d'observation et d'obtenir, par conséquent, des renseignements nouveaux.
A vrai dire, de nombreux expérimentateurs, depuis la découverte de l’insuline, et notamment Mac Leod, avaient étudié l’hypoglycémie post-insulinique chez l'animal normal et chez le chien diabétique, mais ces études d’ordre général, comme les études effectuées parallèlement chez l’homme, n’avaient revêtu aucune uniformité, ni aucune précision, et, de ce fait, de multiples variations peuvent être relevées dans les résultats observés jusqu’alors.
Une foule de recherches expérimentales, destinées à étudier l’influence de différents facteurs sur l’action hypoglycémiante de l’insuline, ont été faites, notamment en pratiquant seulement des dosages espacés de glycémie, après des injections d'insuline pratiquées à des doses et par des modes très variables d’une expérience à l’autre, d’où des résultats très contradictoires.
S’inspirant des travaux de Norgaard et Thayssen, MM. E. Aubertin et Trinquier [7-8 et 105] ont mis au point une technique standard d’étude de l’action hypoglycémiante de l'insuline chez le chien, en introduisant de plus dans cette étude, des valeurs d’hypoglycémie nouvelles, telles que les aires d’hypoglycémie, les aires d’assimilation et de restauration, et leurs travaux ont été confirmés par Berg, Gross, Speezucker [12].
Appliquant cette méthode à l’étude de la glycémie après injection d'insuline administrée par les voies diverses et dans des états pathologiques divers : (anesthésie, ligature des urethères, ablation des reins), MM. E. Aubertin et Trinquier ont montré comment ces différents facteurs modifiaient l’action hypoglycémiante de l’insuline.
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Sous la direction de M. le professeur Aubertin, nous avoas poursuivi ces recherches. Elles nous ont amené à faire des constatations nouvelles, même chez le chien normal. Nous les rapportons dans notre deuxième chapitre, après avoir rappelé la technique employée, dans le chapitre premier.
Puis nous avons poursuivi nos investigations chez les chiens ayant subi une pancréatectomie partielle ou totale. Nos résultats sont consignés dans le chapitre II.
Nous avons ensuite étudié l’effet des injections d'insuline chez les chiens privés de leur pancréas externe, par ligature des canaux pancréatiques et dégénérescence consécutive des acini (Chapitre IV).
Dans les chapitres V et VI, nous avons étudié les variations survenues dans l’action hypoglycémiante de l’insuline, du fait d’une dégénérescence graisseuse du foie, ou d’un état de jeûne prolongé.
Enfin dans le chapitre VII, nous exposerons les raisons pour lesquelles nous avons été amené à effectuer les différentes recherches précédentes, et nous nous efforcerons, dans une vue d’ensemble, d'interpréter les résultats obtenus.