RARES SE
Temps 0 250 255 270 285 300 330 360 | 390 450
Glyc...2,97 2,97 3,07 3,03. 3,07 . 3,07 3,07 - 3,07 3,11 3.20
Ceci nous paraît montrer que l'état de perturbation survenu dans le métabolisme du sucre, du fait de la pancréatectomie totale, met environ quarante-huit heures pour atteindre son plein effet. C’est surtout en nous basant sur les courbes obtenues à ce moment que nous étudierons les modifications produites dans l’action hypoglycémiante de linsuline par la suppression du pancréas.
1° LIGNE GÉNÉRALE. — Ce qui frappe à première vue lorsqu’on considère les courbes obtenues avant et après paucréatectomie chez le même chien, c’est l'amplitude considérablement augmentée de ces dernières et leur régularité
DST
beaucoup plus grande qu’à l’état normal, avec absence de toute dent de scie.
De même qu’à l’état normal, cette ligne présente ses deux parties caractéristiques : la ligne descendante ou d’assimilation, la ligne remontante ou de restauration, réserve faite de l’augmentation très importante de l’amplitude. La ligne d’assimilation a la même allure générale qu’à l’état normal; mais la ligne de restauration est différente, elle continue insensiblement la première sans former d’angle a comme à l’état normal. Le fond de la courbe est ainsi adouci, incurvé. La réascension est lente et progressive, sans présenter aucun incident. Il n’y a aucune démarcation possible entre les lignes de restauration primaire et secondaire.
Norgaard et Hess Thayssen obtinrent des courbes analogues dans des cas de diabète grave chez l’homme. Par contre, dans les diabètes légers, l’allure générale de la courbe d’hypoglycémie se rapproche du type normal; l’angle formé par les lignes montante et descendante se précise. Les lignes, surtout l’ascendante, sont irrégulières.
Chez nos chiens dépancréatés, parvenus à l’état cachectique, l’allure de la courbe d’hypoglycémie se modifie dans sa ligne de restauration qui s’affaisse et tend de plus en plus vers l'horizontale, par trouble prononcé du système de recharge glycémique.
2° HYPERGLYCÉMIE INITIALE. — On ne constate pas plus d'hyperglycémie initiale après la pancréatectomie qu'avant elle.
3° CHUTE MAXIMA (Voir Tableau 11). — On constate une augmentation considérable de la chute maxima, qui passe en moyenne, de 0,43 à 1,57 pour le chien 1 et de 0,34 à 1,49 pour le chien 4.
Cette chute considérable s’observe aussi chez les individus diabétiques. Même avec dose faible d'insuline, la chute peut être telle que le sujet arrive à faire des accidents d’hypoglycémie. Les chiffres que nous avons obtenus sont en
parfait accord avec ceux trouvés par Norgaard et Fhayssen. Chez l'homme, disent ces auteurs, la chute maxima de la elycémie dépend largement de la valeur initiale de la glycémie.
Pour des glycémies de 2,00 à 2,50 la chute est de 1,50, Pour des glycémies de 1,50 à 2,00 la chute est de 1,05. Pour des glycémies de 1,10 à 1,50 la chute est de 0,75. Ces faits avaient été signalés par Radoslaw et par Freise
et Choremis.
TABLEAU KI VARIATIONS DES VALEURS D'HYPOGLYCËMIE AVANT ET APRÈS PANCRÉATECTOMIE
Glvc. initiale Chute max Pourcentage de Temps Chiens [Courbes LS ONTRUURES da «La chute maxima | d'assimilation N° N°° À Re —— ” — ne
avant | après avant | après | avant après avant | après
2 1,09 5,30. USE 185 00500680 110 à) 1,14 2,48 0,47 1,45 0,41 0,58 89 150 4 > 2,17 > 1,58 » 0,73 » 165 5 > 0,81 > sup. à 0,52 » 0,64 » sup, à 90 4 1 0,85-2,97 0,34 0,83 0,40: 0.26. 25 110 PT RUN SV 0,34 1,61 0,40 0,37 25 110 3 » 4,12 > 1,93 >» 0,47 » 120 4 >» 4,04 >» 1,062 > 0,40 » 120 4° POURCENTAGE DE CHUTE MAXIMA (Tableau 11.). Il ne
varie pas ou très peu et se trouve être à peu près le même après comme avant la pancréatectomie,
Norgaard et Hess Thayssen ont trouvé également que le pourcentage de chute, dans des conditions expérimentales analogues, était le même chez les diabétiques et chez les sujets normaux (56 p. 100 dans les deux cas). Labbé [63] et ses collaborateurs ont trouvé un pourcentage de 43 p. 100 pour les diabétiques graves, et de 49 p. 100 pour les sujets normaux.
Le pourcentage de chute maxima nous paraît avoir moins
d'intérêt que la chute maxima elle-même, en regard de l'importance des phénomènes d’assimilation déclanchés par l'insuline. Mais le fait qu’il ne varie pas lorsqu'il y a une forte hyperglycémie, alors que la chute maxima augmente considérablement, indique bien que cette augmentation de la chute maxima est fonction de l’hyperglycémie.
9° TEMPS DE CHUTE MAXIMA OU TEMPS D’ASSIMILATION (Voir Tableau 11). — Le temps d’assimilation est beaucoup plus important après qu'avant la pancréatectomie. Il est en moyenne quatre à cinq fois plus grand. Contrairement à la chute maxima, il est le même quel que soit le taux de la glycémie initiale. Ce fait a déjà été mentionné par Norgaard et Thayssen, chez l’homme. La plus grande différence entre l'effet de l’insuline chez les diabétiques et les sujets normaux est, disent-ils, en accord avec les résultats de Csepai et Ernst, une plus longue durée de lassimilation. La chute maxima de la glycémie est atteinte beaucoup plus tard chez les diabétiques. Selon la gravité du diabête, ils trouvent des valeurs comprises entre la vingtcinquième minute (sujets normaux) et la cent cinquantième minute.
Chez nos chiens, nous avons trouvé des temps compris entre cent dix et cent soixante-cinq minutes, ce qui correspond aux valeurs trouvées par les auteurs précédents. Dans les cas de diabète humain les plus graves, ainsi que ces auteurs l’ont constaté également chez l’homme, nous avons observé expérimentalement, chez le chien, qu’il n’y a pas de rapport entre la valeur de la glycémie initiale et le temps de chute maxima. L'indépendance de ce facteur visà-vis de cette hyperglycémie initiale est un fait capital à retenir sur lequel nous reviendrons.
Nous devons faire remarquer d’ores et déjà que chez le chien 1, lors d’une épreuve faite, alors que l’animal était cachectique, nous avons obtenu une courbe se différenciant de celles antérieurement observées chez le même animal,
ot —
avant que cette cachexie n’apparaisse, en ce que le processus de restauration s’est effectué avec une extrême lenteur. du fait de l'épuisement des réserves glycogéniques. Nous reviendrons également sur ce sujet plus loin.
Le temps d’hypoglycémie maxima s’est trouvé, cette foislà, un peu plus grand que lors des épreuves effectuées antérieurement chez le même animal. Nous pensons que cet allongement est dû à un retard dans le déclanchement du facteur de restauration (cent soixante-cinq minutes au lieu de cent vingt à cent cinquante. Courbe IV, Tableau 117°ce qui indique que la déficience du processus de recharge glycémique peut contribuer à augmenter le temps pendant lequel l’action hypoglycémiante de l'insuline se fait sentir. L'augmentation du temps d'hypoglycémie maxima est tout à fait caractéristique de l'état diabétique par pancréatectomie. Nous allons voir en effet, que, dans les premières semaines qui suivent l'intervention, la recharge glycémique n’est pas troublée; et déjà cependant le temps d'hypoglycémie maxima est très augmenté.
6° VITESSE DE CHUTE DE LA GLYCÉMIE. — TANGENTE DE LA LIGNE D’ASSIMILATION. — Cette vitesse peut être concrétisée
en étudiant la tangente de l’angle formé par la direction de la ligne d’assimilation avec l’axe des temps.
chute maxima
En pratique, c’est le rapport : == temps d’assimilation
7° TANGENTE MOYENNE. — À première vue les chiffres obtenus (Voir Tableau 12) semblent contradictoires, puisqu'après pancréatectomie, nous obtenons chez le même chien, tantôt des valeurs plus grandes, et tantôt des valeurs plus faibles que celles qui ont été enregistrées avant l’opé- ‘ation. Ces faits s'expliquent aisément, si on effectue un tableau des valeurs des tangentes, prises en fonction de la glycémie initiale (Tableau 13). On constate alors que la tangente est d'autant plus grande que la glycémie elle-
même est plus forte; ce qui se conçoit, puisque le temps d'hypoglycémie maxima ne varie pas quelle que soit la valeur de la glycémie initiale.
La tangente de la ligne d’assimilation donnant une idée de l’intensité du processus d’assimilation dans le temps, le phénomène précédent montre donc que l'intensité de l’assimilation, produite par l’insuline, est d'autant plus grande que l’hyperglycémie est elle-même plus forte. Celle-ci entraîne, par voie de conséquence, l’accroissement de l’activité de l’insuline en intensité, comme elle le fait en valeur absolue, ainsi que nous l’avons vu à propos de la chute maxima.