‹ Action Hypoglycémiante de l’insuline chez le chienChapitre 51 sur 54 · TABLEAU XXXII · texte numérisé non relu

TABLEAU XXXII

TABLEAU DES DIFFÉRENTES VALEURS D'HYPOGLYCÉMIE AVANT ET APRÈS LE JEÜNE.

oo

de É | Temps Aire Aire Aire Tg. Jg. Rapport ÉTRTES | restaur. | d hypogl.| assimil. | reslaur. rest. des aires | | 17. —— Normal 92 21,89 5,04 16,85 0,38 0,29 8 jours de jeûne infini infini 16,75 infini (D 0 18. - Normal 220 41,52 4,20 37,32 0,23 0,11 14 jours de jeûne 210 DD TU 0,41 22,36 0,15 0 29 jours de jeûne infini infini 12,55 infini () 0 30. —— Normal 125 30,79 6,62 24,17 0,42 027 27 jours de jeûne infini infini 1927) infini 0 0 31. — Normal 88 252) 5,60 19,92 0,63 0,28

22 jours de jeûne 260 59,10 11,25 47,85 0,19 0,23 28 jours de jeûne infini infini 10,90 infini 0,11 0,00

1° En ce qui concerne la glycémie à jeun nous n’avons observé que des variations très faibles. Ces faits sont d’accord avec les travaux antérieurement effectués par d’autres auteurs; la glycémie ne baisse pas ou très peu sous l’influence du jeûne. Morgulis et Edward ont montré que durant les premiers jours la glycémie baisse légèrement, mais quand la perte du poids atteint 10 pour 100 elle peut dépasser sa valeur à l’état normal : De même Lennox. O’Connor et Bellinger constatent chez l’homme les mêmes faits. Entre le deuxième et le quatrième jour, il y a baisse de la glycémie. Cette dernière reste ensuite étale une huitaine de jours et remonte ensuite à sa valeur initiale.

Ces faits se retrouvent chez certains de nos chiens, en particulier chez le chien 17.

te

2 En ce qui concerne les valeurs d’assimilation après un temps suflisant de jeûne, on observe une augmentation, du double environ, du temps d’hypoglycémie maxima, comme chez le chien présentant une dégénérescence graisseuse du foie. L'aire d’assimilation est accrue également comme chez ce dernier, mais d'une façon moins importante (deux fois au lieu de trois fois), ce qui s'explique, car, après le jeûne, la tangente de la ligne d’assimilation est abaissée, tandis qu'elle reste la même durant les premières minutes chez le chien à foie gras. Nous reviendrons plus loin sur lexplica-

tion de ce phénomène.

ee

5 heures à

Fig. 22, — Chien n° 17 : Courbes d'hypoglycémie obtenues à l'état normal (en traits pleins) et durant le jeûne (en tirets) chez le chien n° 17.

3° En ce qui concerne la phase de restauration, on constate que la ligne de restauration tend de plus en plus, au fur et à mesure que le jeûne se prolonge, vers l'horizontale, et devient à la fin presque parallèle à l’axe des temps.

Cette modification semble évoluer de la façon suivante Peu de jours après la mise au jeûne, la ligne de restauration présente encore une démarcation nette en ligne primaire et secondaire, Mais alors que la ligne primaire forme avec l'axe des temps un angle important et voisin de celui que l’on observe dans les courbes d'hypoglycémie effectuées à l'état normal, la ligne secondaire, au contraire, est presque parallèle à cet axe. Cet étalement de la phase secondaire s'effectue toujours à un niveau inférieur à celui de la glycémie de départ. Il semble d'autant plus

“(syair} u9) aououoid ouuel un quemmp 39 (surod SYTB U9) [EUHIOUF6)9,T & 8 oU U9rU9 91 Za49 sanu93qo anbrurnsur-sod orwu994180d£,p soqino”) : SI UaIY7) — :

nest La D P—n em es Dr ——"" y pres es ve

APRPEE

‘21W99418 EL 2P S2211U[N89I SUOTJOUOJ Sa] 21JU2 JUOW9[FII9P un

AUBJUOU aUN9{ 2p 38J9 U9 $T ou U21U9 2[ ZoU2 onu234{0 onbrurnsur-3s0d arwu992418#0d£,p 2qan0 : gJ ou U9IU") — ‘EG ‘OIA

éloigné de celle-ci que le jeûne est plus prononcé. Ce fait a pour conséquence de diminuer de plus en plus la loneueur de la ligne primaire, si bien que, lorsque le jeûne est très avancé, elle n’existe plus, et la ligne de restauration est constituée uniquement par la ligne secondaire qui forme un plateau s’étalant au niveau de la glycémie minima observée.

On se rappelle que nous avons considéré les accidents de la courbe de restauration comme la manifestation d’une insulinémie endogène réactionnelle, consécutive à la poussée hyperglycémique d’origine adrénalinique qui se produit dès le début de la phase de restauration. Ici la ligne pri-

—— oo qe ee em

F1G. 25. — Ch'en n° 30 : Courbes d'hypoglycémie post-insulinique obtenues chez le chien n° 30 avant (en traits pleins) et durant un jeûne prononcé (en tirets).

maire serait bien due, comme dans le cas précédent, à la glycogénolyse pure, mais la ligne secondaire proviendrait de la déficience rapide et brutale de cette glycogénolyse l'insuline endogène n’intervenant que fort peu, et d'autant moins que le jeûne est plus avancé. La remontée de la glycémie durant cette dernière période serait alors liée à la fonction néoglucogénétique, forcément très lente: cest pourquoi nous n'avons pu observer le retour de la glycémie à sa valeur initiale malgré un temps d’expérimentation qui a duré de six à huit heures.

Cette carence d’insulinémie endogène, démontrée sur les courbes d’hypoglycémie par l’absence d'onde de Thayssen, s'explique ici par le fait que la phase de restauration s’amorce sur un mode mineur, en raison de la pauvreté en

glycogène de l’organisme; l’excitation du pancréas interne est donc réduite par rapport à la normale. Ceci nous paraît donc conforme à notre interprétation. Mais il y a plus. MM. Aubertin, Lacoste et Saric [6] ont en effet montré que le pancréas interne, à la suite du jeûne prolongé, est moins excitable que normalement, et qu’il faut une hyperglycémie plus forte et plus durable pour déclancher une décharge d’insuline. On conçoit dans ces conditions que ces deux facteurs s'ajoutent pour minimiser les réactions exportatrices des îlots et supprimer la phase de Thayssen.

4° En même temps que les valeurs de la restauration s’accroissent sous l’influence du jeûne, les valeurs de la

PC PATIO es CRC ALL no

po .….

4 heures

F1G. 26. — Chien n°31 : Courbes d'hypoglycémie post-insulinique obtenues chez le chien 31 à l’état normal (en traits pleins) et durant le jeune.

. phase d’assimilation augmentent également, mais dans des proportions beaucoup plus faibles et du même ordre que celles que nous avons observées chez le chien à dégénérescence graisseuse complète du foie. Il y a donc tout lieu de penser, comme dans ce dernier cas, que si le temps d’assimilation se prolonge c’est parce que la recharge glycémique s'effectue mal.

Cependant il y a une différence essentielle entre le chien à foie gras et les chiens à jeun, c’est que chez l’animal à foie gras, la tangente de la ligne d’assimilation, durant les premières minutes, reste la même qu’à l’état normal. La chute de la glycémie s'effectue au rythme normal, mais elle le fait plus longtemps parce que la réaction hyperglycémiante tarde à se produire. Dans le cas du jeûne, le

temps d'assimilalion est également accru pour la mème raison, mais l'assimilation se fait d'une façon moins intense que normalement, car la tangente de la ligne d'assimilation est très abaissée.

Il en résulte qu'il est certainement comburé moins de glucose par unité de temps, sinon en totalité, que normalement, comme si, sous l'influence du jeûne, les cellules de l'organisme se trouvaient dans un état d'aptitude moins prompte à métaboliser les glucides sous l'influence de l'insuline. Cette raison n'existe pas chez notre chien à dégénérescence graisseuse du foie, qui fut nourri d'une façon normale. Ainsi le jeûne, non seulement retarde les réaclions exportatrices du issu insulaire, mais aussi paraît diminuer dans une certaine mesure la réactivité cellulaire, vis-à-vis des actions métabolisantes exercées par l'insuline.

Si finalement, la phase d'assimilation aboutit à une métabolisation de glucose un peu plus abondante que normalement, cela lient à ce que les processus d'assimilation, bien que ralentis, sont prolongés du fait des troubles apportés dans la phase de restauration, troubles qui masquent en définitive une sorte d'amoindrissement de l'assimilation, survenu sous linfluence de la réduction prolongée des échanges déterminés par le jeûne,

CEPAPIER EENII

DISCUSSION ET ESSAI SUR LE MECANISME QUI PRESIDE A L’'AUGMENTATION HVPOGLYCEMIANTE DE L'’INSULINE

Page 1