‹ Action Hypoglycémiante de l’insuline chez le chienChapitre 8 sur 54 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En 1924, Radoslaw [89] proposa une épreuve que l’on désigne dans les pays de langue allemande sous le nom d’ « épreuve de Radoslaw » et qui consiste à établir une courbe d’'hypoglycémie après injection intraveineuse de 12 unités d’insuline, les prises de sang se faisant de demiheure en demi-heure. Ces recherches ont eu pour effet de montrer que l’insuline provoque des chutes de glycémie beaucoup plus importantes chez les diabétiques que chez les sujets normaux, et d'autant plus que la glycémie est plus élevée; l'équivalent glucose-insuline croissant avec le taux de cette hypoglycémie. De plus, l'épreuve de Radoslaw a été largement utilisée pour déceler les états d’insulinorésistance en clinique.

Sendrail [100], Raab, Bodansky et Sutherland Simpson [15], Csepai et Ernst, Burger et Kramer, Jimenez Diaz, J. Mancera [50], Lymans, Nichols et Mac Cann, et F. Vega ont également étudié l’effet d’une injection intraveineuse d'insuline, soit chez les sujets normaux, soit chez les sujets pathologiques atteints d’affections diverses.

Ces différentes recherches ont abouti à montrer que la glycémie atteint, chez les sujets non diabétiques, son point le plus bas, en général en une demi-heure, et remonte en trois heures à son taux initial.

Mais les conditions d’observation ayant beaucoup varié dans les travaux précédents, tant en ce qui concerne les doses d'insuline injectée que l'intervalle des prises de sang effectuées, ou les méthodes de dosage employées, il s’ensuit que les résultats obtenus divergent sur de nombreux points. Au surplus, il n'apparaît pas qu’en dehors du diabète,

Ca

l'épreuve d’hypoglycémie post-insulinique ait fourni des renseignements très importants en pathologie.

Norgaard, H. Thayssen et K. Roholm [45, 46, 84, 85, 85, 87, 95, 96] ont repris, dans un travail très important, l’étude de l’hypoglycémie post-insulinique chez l’homme, en précisant les conditions dans lesquelles cette étude doit être faite pour pouvoir donner des résultats concordants, et en limitant leurs observations à l’homme normal et aux diabétiques. Ces auteurs opèrent chez des sujets à jeun depuis douze à quatorze heures, en état de métabolisme basal. Plusieurs dosages de glycémie sont effectués avant l'injection d'insuline. L’injection est faite dans une veine médiane du bras. Au lieu de calculer la dose d’insuline par rapport au poids du corps, comme l'avaient fait certains des auteurs précédents, ils se sont arrêtés à la dose de 12 unités déjà proposée par Radoslaw, car les travaux de Mac Leod, Flechter et Campbell, Lyman, Nichols et Mac Cann, J.-M. Gillivray et R. Wagner ont montré que, dans certaines limites, l’importance de la chute de la glycémie n’est pas fonction de la dose injectée. Les auteurs nordiques ont surtout insisté sur la nécessité, pour pouvoir utiliser des valeurs d’hypoglycémie précises, d’effectuer des dosages de glycémie fréquents. C’est ainsi qu'ils pratiquent des prises de sang toutes les cinq minutes durant quarante minutes, puis toutes les dix minutes, jusqu’à cent minutes, et enfin tous les quarts d'heure.

Il est évident qu’il faut, pour réaliser une telle épreuve, utiliser une méthode de dosage donnant des résultats précis, bien que ne portant que sur des quantités minimes de sang. Norgaard et Thayssen ont utilisé, à cet effet, la méthode d'Hagedorn et Jensen qui donne à cet égard toutes garanties et qui, depuis cette époque, s’est d’ailleurs généralisée dans tous les laboratoires. Norgaard, Thayssen et Roholm ont pu ainsi obtenir des courbes d’hypoglycémie détaillées et faire des observations qui avaient plus ou moins échappé à la sagacité des auteurs antérieurs.

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