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nombre des excitations mécaniques nécessaires pour obtenir le réflexe oculo-palpébral dans les deux cas, suivant la technique habituelle de l’auteur. Des précautions ont été prises pour éviter les phénomènes d’accoutumance susceptibles de se produire chez les lapins, aussi bien vis-à-vis de la cocaïne que de la morphine : séries différentes d’animaux, temps de repos suffisamment longs entre deux expériences sur le même animal.
L'examen des résultats permet de constater que les divers sels étudiés peuvent être classés en deux groupes :
— ceux qui produisent une « remontée anesthésique » supérieure à celle du chlorhydrate : benzoate, phénylbutyrate, phénylpropionate ;
— ceux qui produisent une « remontée anesthésique » inférieure à celle du chlorhydrate : gluconate, citrate;
— entre ces deux groupes, se place le tartrate dont l’activité est comparable à celle du chlorhydrate.
En exceptant le résultat fourni par le tartrate, on retrouve encore les deux grands groupes mis en évidence avec les sels de novocaïne et de cocaïne, à savoir, une série de sels agissant fortement et une autre série de sels agissant faiblement.
Cette expérience met en évidence le fait que même en injection intraveineuse, la même quantité de base morphine agit de façon différente selon l’acide avec lequel elle est combinée. Il semble donc que l’organisme respecte, au moins dans une certaine mesure, l’intégrité chimique des sels d’alcaloïdes qui lui sont injectés.
Cependant, les auteurs eux-mêmes critiquent ces expériences et estiment qu’ils ne peuvent suivre aussi longtemps qu'ils l’auraient voulu lPaction de chaque sel de morphine (55). En effet, cette action dépend d’une façon prépondérante du « reliquat » d’anesthésie cocaïnique subsistant au moment de l'injection. Cette anesthésie restante, en voie de rapide disparition, ne permet de connaître que le début des
EN. SRB
phénomènes morphiniques. Pour obtenir un résultat plus complet, ils s'adressent à un autre test.
$ 2. ÉTUDE DE L'ACTION DES DIFFÉRENTS SELS DE MORPHINE SUR LA SENSIBILITÉ CORNÉENNE : DÉPRESSION DU RÉFLEXE OCULO-PALPÉBRAL.
Lors d’essais précédents (55), J. Régnier et S. Lambin avaient remarqué que, si à la dosé de 5 milligrammes de chlorhydrate par kilogramme, la morphine n’agit pas sur le réflexe cornéen, à doses plus fortes, elle provoque chez le lapin une atténuation et même une suppression complète de ce réflexe. Ils constatent, en outre, que malgré l’irrégularité des réponses tenant aux variations de sensibilité des animaux et l'impossibilité de construire une courbe régulière de «concentration-action », il leur reste la possibilité d’étudier comparativement sur les mêmes lapins, à la même époque, successivement, le chlorhydrate de morphine et un autre sel de la même base.
Des lapins reçurent par voie intraveineuse, des doses déterminées de base morphine sous forme de divers sels. Dès l’injection faite, et ceci pendant cinq heures, à intervalles de 5 minutes, l’abolition du réflexe cornéen est recherchée par l'excitation rythmée de la cornée suivant la technique de la méthode exposée lors de l’étude des anesthésiques locaux.
Le nombre des excitations est compté ;1l est supérieur à 1 lorsque le réflexe est atténué et le chiffre 400, représentant le nombre maximum des excitations en une minute prouvant l'abolition totale du réflexe, n’est jamais dépassé. L’excitation unique déclenchant un réflexe normal n’est pas comptée. Le total des excitations traduit donc la profondeur et la durée de l’action dépressive du sel de morphine sur le réflexe. Pour éviter les causes d’erreur provenant de l’accoutumance ou des sensibilités différentes des divers animaux, les auteurs