D | INJECTION DE TOXINE DIPHTÉRIQUE
à A l'inverse de l’intoxication par le microbe de Lœfà | fler, dans l’action de la toxine on observe: la conjection É peu intense, les hémorrhagies dans les voies lympha- = tiques peu abondantes, les leucocytes polynucléaires 4 n'apparaissent pas dans les voies lymphatiques intra- È ganglionnaires bien qu’on en voit quelques unes dansles 1 e. = lymphatiques afférents ; la réaction des cellules fixes
du réticuleum est tardive et toujours peu intense, les cellules ne disparaissent pas, les altérations des follicules sont précoces et intenses ; la karyokinèse disparail très rapidement, et des phénomènes de nécrose se montrent dans le centre germinatif.
Les lésions sont précoces, intenses, généralisées, et
aussi marquées dans les ganglions éloignés que dans
les ganglions voisins du point d’inoculation. Le gan- … glion dans l’énfection dipthérique réagit avec inten- E | sité, tant qu'il n’a pas été atteint par les toxines pro- L duites au foyer d'inoculation ; dans l’éntoxication dipthérique, la réaction est faible ou nulle, et la fonc- 2. tion de karyokinèse est très rapidement détruite.
Martin 3
on
Le ganglionne produit pas de cellules lymphatiques, fait important à rapprocher des constatations de Chatenay, d'Avervied, Massart et Demooz. Ces auteurs ont montré que chezles animaux auxquels on inoculait une dose mortelle de toxines ou de cultures microbiennes, l’hyperleucocytose ne se produisait pas et était remplacée par une hypoleucocytose progressive.
Mais ce processus infectieux si curieux peut se résumer en considérant le ganglion en lui-même.
4e Le système des voies lympathiques, qui n'est que la prolongation du tissu conjonctif, et dans lequel se poursuivront sur une large surface les phénomènes que Pon: observe déjà au point d’inoculation dans le territoire qui commande le ganglion. |
2 Malgré ses rapports de contiguité, le système folliculaire ne communique que difficilement avec les voies Iymphatiques : au contraire, sa richesse en vaisseaux sanguins le met dans un rapport intime avec la cireu-: : lation générale.
De ces deux systèmes, le premier est surtout en rapport avec l'infection locale, le second avec Pinfection générale.
La diffusion des toxines dans la circulation et la communication des ganglions les uns avec les autres permet de comprendre les effets à distance.
En dehors des formes propres ressortissant de chaque infection, il est établi que si dans la période de réaction, le ganglion offre un mauvais terrain de culture aux bactéries qui ne s’y retrouvent qu’exception-
nellement et ne peuvent y donner des foyers de pullu-
lation, il.n’en est plus de même à Ja période. plus. tar dive où l'infection diminue, peu à -peu le. payes: de . résistance de l'organe.
Le ganylion. se laisse alors aout par | Ée bactéries,
soit par la voie lymphatique afférente, les bactéries ..
nues du foyer d'infection primitif continuant: à affluer
au ganglion, mais n’y étant plus détruite au fur et à.
mesure de leur arrivée, soit: par | la voie sanguine, l'in-
Fa
feetion générale de l'organisme amenant au ganglion, comme à tous les autres viscères, les bactéries qui ont
pullulé dans certains points, dans la rate ou dans l’in-
à fa n
testin, par exemple. .
Ces bactéries.se retrouvent surtout dans les sinus .
sous-capsulaires, et en beaucoup plus petit nombre L vis :
dans les sinus caverneux. Dans le sinus, elles sont le
plus souvent libres, mais on les voit aussi dans Pinté-.
rieur des leucocytes polynucléaires etdes macrophages
(infection charbonneuse).
Les bactéries suivant MM. Besançon et Labbé peu-..
vent se présenter sous un aspect anormal, dans un cas de diphtérie ils ont vu tant à la périphérie des ganglions que dans les sinus, des bacilles de Lœffler transformés en granules arrondis contenus dans l’intérieur des leucocytes. Q & Cette constatation des phénomènes de phagocytose chez les animaux qui ont succombé à l'infection est une preuve de la résistance du ganglion qui peut conserver en partie son rôle de défense alors que l’intoxication da reste de l'organisme est assez profonde pour
quë la mort survienne.
SE ques
Tout ce qui ele permet d'examiner en général le rôle des ganglions dans les maladies infectieuses.
Par son système des voies lymphatiques le ganglion peut être considéré comme un organe d'arrêt chargé de retenir au passage les bactéries qui ont échappé à la destruction, au point d’inoculation ou à l’action des leucocytes et des endothéliums dans le trajet des vaisseaux lymphatiques.
Dans le cas où l’organisme se défend contre les bactéries, on assiste dans le ganglion aux mêmes phénomènes de réaction qu’au point d’inoculation ; la congestion des vaisseaux est très vive; il s’y produit un ‘afflux leucocytaire extrêmement marqué bientôt suivi de diapédèse. Le ganglion constitue donc ainsi un second centre pour la phagocytose, qui vient doubler l’action déjà produite au point d’inoculation du microbe.
Le rôle de protection semble être très actif, et rares sont les bactéries qu’on retrouve dans le ganglion et qui peuvent franchir la barrière physiologique qu'il oppose à l'infection.
Ce n’est que lorsque le ganglion est détruit que les microbes l’envahissent « Un ganglion peut être envahi par les bactéries sans que la défense de l'organisme soit compromise, car les étapes ganglionnaires qu'un microbe doit franchir avant de pénétrer par le canal thoracique dans la circulation sanguine sont fort nombreuses. à
Mais voici plus encore. L’action des ganglions sur
les bactéries n’est pas seulement une action” d'arrêt.
= < u SR E ; ; Ts
C'est aussi UN ROLE D'ATTÉNUATION DE LA VIRULENCE. Les bactéries qui ont végété dans un ganglion étant moins virulentes que celles que l’on peut isoler au point d’inoculation. $
La phagocytose dans le ganglion ne s’exerce par. seulement à l'égard des bactéries. A l’état normal, pas ses cellules endothéliales ou ses mononucléaires, le ganglion joue un rôle dans l’englobement des produits de. déchet qui circulent dans la lymphe (débris d’hématies, de leucocytes, fragments de nucléine) ; au cours de l'infection ce rôle se poursuit {out en augmentant beaucoup d'importance. é
Si l’on songe à la multiplicité extrême des ganglions répandus dans l'organisme, à l’analogie complète de structure qui existe entre ceux-ci et les amygdales les plaques de Peyer, les follicules clos de l’intestin, l’appendice, on comprendra toute l'importance que joue le tissu réticulé dans la protection de l'organisme puisqu'il n’est quère de point dela peau ou desmuqueuses, qui ne soit garanti de Pinfection par cette seconde ligne de défense. |
Les ganglions en sus de leur secrétion personnelle produisent encore des leucocytes qui passent dans les voies lymphatiques, et surtout dans la circulation générale. Cette fonction persiste même à une époque assez avancée de Pinfection, et tous les ganglions réagissent à un degré atténué.
Cette production de leucocytes, suivant MM. Bezan-
çon et Labbé, dans le ganglion enflammé, doit être
rapprochée de la leucocytose signalée au début de la
plupart des maladies infectieuses. La persistance de
Pintégrité relative du système folliculaire à une pério=
de avancée de l'infection, permet d’autre part de com-
prendre les cas de leucocytose tardive, signalée par divers auteurs (Gabritchensky, Nicolas, etc.). . Si lesleucocytes,eten particulier les leucocytes poly-
nucléaires ont souvent pour fonction d’englober les
bactéries, on ne saurait cependant leur attribuer que
ce rôle. Sortis des capillaires par diapédèse, les leucocytes qui pénètrent dans les interstices du tissu cellu-
laire apportent avec eux une partie des matériaux né-
cessaires à la nutrition des tissus. Cette fonction per-.
siste et même s’exagère dans les infections.”
Dans ces dernières années On à insisté beaucoup sur le rôle des leucocytes. dans la production du pouvoir bactéricide des humeurs (Buchner).
MM. Metchnikoff et Bordet admettent aussi que les leucocytes sécrètent une substance qui diffuse dans le sérum et y exerce une action à distance sur les microbes. Quoiqu'il en soit, les récherches de Chatenay que nous avons citées plus haut, et celles de MM. Bezançon et Labbé ont montré que la leucocytose pouvait se produire aussi bien à la suite d’injections de toxine, qu’à la suite d’inoculations de bactéries. On est porté à admettre une action des phagocytes sur les toxines. "
Le ganglion joue donc un rôle extrémement actr{ de protection à la fois contre les microbes et leurs toxines dans l'infection locale, comme dans l’infection
générale. Ce rôle est comparable à celui de certains
autres organes. L’endothélium des capillaires sanguins
du foie, des poumons, de la rate etc. exercent au cours de l'infection sanguine une action du même ordre. Enfin les auteurs précités ont montré les analogies de fonction avec la rate. Si la rate, disent-ils, fait la poli-ce de la circulation sanguine, on peut dire que le qanglion, par ses sinus, fait celle de la circulation lymphatique, et le corpascule de Malpighi comme le système folliculaire lymphatique présentent une résistance commune, très grande à la pénétration des bactéries ; ils ne sont que tardivement atteints par les phénomènes nécrosiques qui attaquent les autres cellules, si bien que leur rôle de défense peut se poursuivre au cours de Pnfection, comme Pont montré MM. Roger et Josué. 4 je |
La question que nous traitons aujourd’hui fut parachevée par les travaux de Van de Velde qui montra au début de cette année que la destruction des leucocytes donne au séruni une forte propriété bactéricide. Il pro= voquait chez les lapins des exsudats pleuraux, par injection d’émulsion de staphylocoques tués. Par centrifugation ces exsudats étaient débarrassés de la séro- sité. Les leucocytes étaient tués par l’action d’eau distllée ou de sérum de chien. Il conclut que :
1° La partie liquide des exsudats qui contient des leucocytes vivants est plus fortement bactéricide que le sérum sanguin. La puissance bactéricide serait due à une sécrétion produite pendant la vie des leucocytes.
2° Les expériences de l’auteur confirmant celles de
Buchnez, de Hahn, de Schattenfroh, de Bail prouvent que les leucocytes retirés des exsudats, possèdent encore beaucoup de substances bactéricides, qu’on met en évidence par la destruction des leucocytes ;
3° Denys et Leclef ont étudié les conditions dans lesquelles les globules blancs vivants, abandonnent au sérum leur propriété bactéricide, et ont cherché à voir se produire, £n vitro, cette sécrétion commencée dans la plèvre, mais ne le purent.
Il est remarquable que les leucocytes enlevés de l'organisme et mis dans du sérum cessent leur sécrétion, même lorsqu'on les excite par des produits microbiens. Pourquoi? On ne peut le dire. Cette sécrétion doit obéir à des lois qui nous sont encore inconnues. Peut-être le leucocyte qarde-t-il dans son intérieur la ‘substance bactéricide jusqu’à ce qu'il soit arrivé sur le
lieu de l'infection.