CONCLUSIONS
1° Les observations que nous a communiquées M. le D: Haan ont montré le rôle considérable du ganglion
lymphatique dans la syphilis, et la clinique a pris la
__ rigueur de l’expérience de laboratoire ;
2° Jusqu’à présent le ganglion syphilitique qui était le siège d’une hyperplasie de tissu conjonctif considérable, semblait, à bon droit, frappé de déchéances. On a vu que néanmoins l’élément lymphatique est resté
nettement protecteur ;
3 Dans la scrofulo-tuberculose, les travaux de Hiq-
- mans de Leyde, de Haan (du Hâvre) ont montré que
sous peine d'accidents souvent graves, le traitement n° devait jamais être rapide, brutal ét destructif. La ques-
tion de perméabilité des reins aura {oujours une impor-
. tance très grande ;
& Un des premiers en France (janvier 1898), M. le D' Haan à songé que devant les infections où les ganglions ont un très grand rôle, ceux-ci disposaient d'une
sécrétion interne bactéricide. Les récents travaux alle-
-mands et le remarquable mémoire de MM. Bezançon
et Labbé favorisent singulièrement cette manière de
voir ;
— 12 — gs
5 Le complément de l'observation N montre, si le besoin en était encore nécessaire, le rôle trop méconnu de l'irritation dans la syphilis. L'observation donne la preuve de la persistance de la lutte du ganglion lym- phatique malgré la sclérose. Elle a montré de plus très rigoureusement par la distribution élective des accidents syphilitiques, la persistance 416 mois après le chancre, de la sécrétion bactéricide, antitoxique qan-
glionnaire.
6° MM. Bezançon et Labbé ont montré par de judi-.
cieuses expériences, par injection de culture des sta-
phylocoques que si ceux-ci arrivent aux ganglions
voisins du point d’inoculation, ils y sont très rapidement détruit par les phagocytes, de sorte qu'il est toujours difficile de démontrer leur présence sur des coupes histologiques. |
7 S'il est prouvé qu'à la période de réaction, Île ganglion offre un mauvais moyen de culture aux bactéries, il n’en est plus de même à une période plus {ardive où l'infection diminue peu à peu le moyen de résistance de lorgane. C’est alors que l’on retrouve les bactéries dans les sinus sous-capsulaires, ou dans
l'intérieur des leucocytes polynucléaires.
& En résumé, le ganglion, au point de vue physiologique pur, peut être aujourd’hui considéré comme un organe d'arrêt chargé de retenir au passage les bactéries qui ont échappé à la destruction au point d’mo-
culation.
9° Le ganglion constitue un second centre pour la
ET Cp ;
phagocytose qui vient doubler VPaction produite au
point d’inoculation par les leucocytes d'apport.
“A0 TS Aoble. action du ganglion se parachève dans
une fonction d'atténuation dela virulence. Nous avons
en effet montré d’après MM. Bezançon et Labbé, dans
le corps de notre travail que les bactéries qui ont
végété dans un ganglion, sont moins virulentes que. celles qu’on peut isoler au point d’inoculation,
11° Etant donné, d’après les auteurs précités, que la
fonction leucocytaire persiste même à une période assez
avancée de l’infection, et que tous les ganglions réa-
gissent à un degré variable, on peut songer avec les
expérimentateurs cités plus haut, ‘que cette leucocy-
tose peut se rapprocher de celle signalée au début
‘de la plupart des maladies infectieuses.
12° En dehors de ces rôles complexes, les leucocytes sortis par diapédèse sont encore des agents rec-
teurs de matériaux nutritifs pour les tissus, comme
Buknez l’a montré.
: 43° MM. Metchnikoff et Bordet, le D' P. Haan du Hâvre, Chatenay, Bezançon et Labbé, admettent la sécrétion d’une substance qui, du ganglion, diffuse dans
le sérum sanguin, et exerce une action sur Île mi-
crobe.
En plus MM. Bezançon et Labbé ont montré que la leucocytose existait aussi bien pour les bactéries que pour les toxines.
14° Il faut donc en conclure fermement que le gan-
glion joue un rôle extrêmement actif de protection à
la fois contre les microbes et leurs toxines, dans linfection locale, comme dans l'infection générale. Les derniers travaux de Van de Velde, de Bail, de Denys, et Leclef, n’ont fait que confirmer les propositions établies d’une façon indiscutable par les auteurs cités
dans le cours de notre travail.
Yu par le président de la thèse FOURNIER Vu par le Doyen, BROUARDEL Vu et permis d'imprimer:
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,