‹ Action Protectrice du Ganglion Lymphatique dans Diverses AffectionsChapitre 5 sur 11 · ROLE DE SA SÉCRÉTION BACTÉRICIDE · texte numérisé non relu

ROLE DE SA SÉCRÉTION BACTÉRICIDE

L'analyse des faits cliniques dans une infection déterminée a montré depuis longtemps que les différents stades de celle-ci semblaient ordonnés dans un sens précis. ”

La pathologie comparée a confirmé cette loi, il était juste d’essayer d’en saisir la raison. Si une lymphangite succède à quelque inoculation septique qu’une adénite en soit la conséquence rapide, puis que l’organisme succombe et résiste, ne peut-on raisonnablement songer

que le résultat n’a été acquis, indépendamment du trai-

- tement mis en pratique, qu'après que le malade à fait

usage de sés moyens de défense naturelle, moyens variables suivant la qualité de l’héridité et la solidité personnelle du sujet en cause.

Depuis quelque temps M. le D: Haan, médecin des

Hôpitaux du Havre, a rassemblé quelques observa-

LH A0 tions qu'il nous a remises, et qui lui avaient permis de discerner des actions nouvelles dans le rôle si com- plexe du ganglion lymphatique.

Nous appuyant uniquement sur des faits cliniques, tels que ceux que. nous produisons aujourd’hui dans deux observations, il nous a paru possible d’esquisser un complément à la biologie lymphatique.

Nous n’avons été pour cela sollicité par aucune théorie, ni influencé par aucune école. Nous avons achevé ce travail, surpris peut-être de la nouveauté de notre propre interprétation, et voilà qu’au moment où nous allions le livrer, en toute conscience de notre faillibilité, paraît en Allemagne le travail magistral de MM. Wessermann et Takiki, dont les vues sont bien propres, ce

nous semble, à légitimer nos conclusions.

Observation I

Communiquée par M. le D' Haan.

Adénite inguinale droite. Destruction des ganglions. Syphilis génitale. Curieuse distribution des syphilis.

M. K..., âgé de 24 ans, d’hérédité nerveuse, alcoolique avéré, débile de constitution, et sans antécédents personnels sérieux, se blesse à la face plantaire du pied droit avec un éclat de verre en novembre 1896. La plaie était nette, petite, et fut suivie d’une très faible hémorrhagie, au point que le malade put remettre sa chaussure et rentrer chez lui sans trop de douleur .

JS : Etes

La plaie avait été souillée, elle suppura les jours suivants. Quand les premiers soins réellement antiseptiques furent donnés, la voie lymphatique accusait déjà l'infection par de fines arborisations réticulées rouges, chaudes, douloureuses, perceptibles surtout sur la jambe et la face antéro-interne de la cuisse. |

° Les jours suivants les ganglions inguinaux furent pris à leur tour, devinrent tuméfiés, très douloureux et s’abcé-

dérent. IH fallut opérer des débridements qui donnèrent

issue à un pus odorant, séreux ; la cicatrisation très lon- gue à obtenir nécessita un séjour au lit de près d’un mois.

— Le parenchyme des ganglions dut se trouver presque entiè=

s rement détruit, la cicatrice demeura épaisse, infundibuli-

forme.

Dans le courant du mois de février 1897. M. K. revint

nous voir, frappé d’une syphilis à ses débuts.

Très soigneux de «a personne, il se présenta à nous à la période initiale, trente jours environ après le coit sus- pect alors que trois chancres génitaux étaient à peine grands comme une lentille, deux étaient extérieurs le

troisième occupait le sillon balano-préputial.

Mais: déjà infection s'accusait, deux petites papules étaient visibles, la Ilymphangite réticulaire se dessinait, le ganglion se sentait dans l’aine gauche. À droite on ne distinguait rien, l'épaisseur de la cicatrice rendait impossible tout palper. - L'incubation était normale, les symptômes | classiques, le diagnostic ne pouvait se discuter. Le malade

fut mis au traitement.

La syphilis suivit son cours, offrant successivement une

No

énorme lymphangite dorsale de la verge qui dissimula durant trois semaines un des chancres infectants.

Des syphilides papuleuses et papulo-squameuses en nombre considérable, brunes, sur le fond violätré des tissus parsemèrent la verge, le pubis. Une roséole bien fleurie äpparut. Les éléments s’étendirent au bras, au tronc, aux cuisses, surtout à droite. On nota successivement de l’œdème dur de la verge, des papules du cuir chevelu, des plaques anales, buccales laryngées.

Six semaines environ après le début de la roséole, il se fit une distribution nette, élective des accidents des membres inférieurs.

Alors que le membre inférieur gauche, à peine touché

par la syphilis, ne présentait plus que quelques macules

brunes, cicatricielles, le membre inférieur droit présentait |

des plaques anales développées sur le côté droit du pli interfessier, des placards de papules squameuses, fusionnés, croûteux, géants, qui occupèrent exactement La moitié droite du pubis, sur un fond suintant, rouge vineux. On

eût dit qu'artificiellement on se fût complu à ne garder

comme malade que la moitié du tégument pubien. Le scro--

tum resta indemne. $

La cuisse présenta à la face interne de petits placards papuleux, mais à partir du creux poplité jusqu'aux malléoles, au troisième mois de la maladie, nous avons relevé environ cent cinquante papules squameuses, fusionnées ou libres, sur auréole brunàâtre, qui occupaient surtout la face externe de la jambe. Au milieu de ces tissus polychromes, un vâste placard d’ecthyma ostracé, rupiforme, de trois

centimètres de diamètre, s'était développé.

Notons encore une couronne de papules squameuses à l’appui circulaire de la chaussure, dues à l'effet de l’irritation sur la syphilis, et à la face plantaire des îlots de syphilides psoriatiformes finement desquamantes, et limitées surtout à la moitié externe.

Le membre gauche, nous le répétons, était absolument Livre de tout accident, et n’accusait la syphilis que dans le volume et la dureté de son ganglion inguinal.

L'examen des membres inférieurs du malade offrait un contraste remarquable, et le médecin le moins prévenu,

ignorant les antécédents du sujet, se serait de suite de-

mandé quelle pouvait être la cause de cette immunilé

apparente du membre gauche, alors que le droit collectait des accidents si nombreux et si variés.

L'action physiologique du gangiion lymphatique primait en l’espèce, et si ce dernier protégeait le membre gauche, il était absent à droite, de par l’accident antérieur, et le virus syphilitique n’y rencontrait plus de barrières.

Nous aurons à discuter ce rôle si important du gan-

glion.

Observation Il Communiquée par M. le D' Haan.

Tuberculose ganglionnaire cervicale ulcérée, infantile. Des. truction des ganglions malades. Méningite tuberculeuse dans les deux mois. Mort.

Au mois de janvier 1896, on présente à notre consultation un enfant de 14 mois, issu de mère bien portante et de pèra

tuberculeux encore vivant.

= Ve & &

L'accouchement avait été laborieux, la déformation du crâne en pain de sucre révélait encore une présentation de front.

L'enfant était nourri au sein et présentait à notre premier examen deux ganglions cervicaux droits, tuméfiés et ulcérés, sur fond rougeàtre, représentant d’une façon typique, l’infiltration scrofulo-tuberculeuse infantile, et donnant lieu à un écoulement clair, bien connu, qui représente, somme toute, l’excrétion du ganglion dans sa fonction physiologique alors qu’il est aux prises avec la tuberculose chez l'enfant.

Une exploration au stylet révélait des décollements profonds, les bords de l’ulcération étaient mollasses, atones, irréguliers. L'enfant était, en dehors de son affection locale, en excellent état apparent.

La mère nous demandait de guérir - le petit malade, de tarir tout écoulement de ce qu’elle appelait des glandes, et de cicatriser rapidement le trajet fistuleux.

Quoique bien défiant, et ayant vu des cas semblables, nous avons traité l’enfant par la cautérisation au chlorure de zinc à 1/10 des parties malades, l'injection interstitielle par gouttes de naphtol camphré dans les ganglions et les pansements humides iodoformés.

À la fin du mois de février, on nous représentait l'enfant dontle cou n’offrait plus que deux petites cicatrices gaufrée S, blanchâtres, mais déjà nous le trouvions moins bien portant. La mère, satisfaite du résultat obtenu, déclarait que l’enfantse nourissait très bien, et qu’ellen’avaitrien remarqué d’anormal.

Le 27 avril 1896, c’est-à-dire deux mois après la cicatri-

sation des ganglions, l'enfant après quelques malaises, était

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