SOUS-CUTANÉE
La congestion est beaucoup moins intense et les hémorrhagies moins abondantes que dans l'infection charbonneuse. Les leucocytes polynucléaires jouent un rôle très considérable dans l'infection du ganglion par le staphylocoque. Leur arrivée est précoce : 3/4 d'heure après linoculation on en rencontre déjà un nombre appréciable dans les cordons et dans les voies lymphatiques. Ils disparaissent vers le 7° jour. Norrem- bert a constaté le même fait.
Or les auteurs qui précèdent ont vu surtout la plus grande accumulation de leucocytes polynucléaires se faire en deux points bien distincts:
1° Dans les cordons autour des vaisseaux sanguins ;
2 Dans les sinus périphériques où ils forment en certains points, correspondant probablement à l’embouchure d’un vaisseau lymphatique afférent, des amas considérables qui dilatent le sinus.
Le tissu réticulé de la nappe réticulée et des cordons folliculaires réagitun peu plus tard que celui des voies
lymphatiques. I atteint au 4° jour son maximum de
réaction, et se présente engénéralsous forme de grosses travées, orientées concentriqeument par rapport aux vaisseaux sanguins, on y voit de nombreuses figures de karyokinèse et Matstzellen. |
L'endothélium des capillaires sanguins présente “aussi des phénomènes de gonflement et de multiplication par voie indirecte. Celte réaction doit être attribuée aux toxines microbiennes et non à la présence du staphylocoque lui-même dans le sang, car le sang du cœur s’est toujours montré stérile chez les cobayes que nous avons sacrifiés.
L’infection se propage ainsi par les vaisseaux lymphatiques et parcourt successivement toutes les étapes lymphatiques sans arriver jusqu’à la dernière, létape sanguine, quand l'animal meurt par. suppuration.
Bactériologie. — Dans la plupart des cas étudiés, les auteurs n’ont pas retrouvé de staphylocoques sur les coupes histologiques de ganglions colorés par la méthode de Gram-Meigert, quatre seulement ont fait exception à cette règle.
1° Chez le cobaye sacrifié 1 heure 3/4 après l’inoculation le tissu périganglionnaire de l’aine gauche contenait de très nombreux diplocoques : ceux-ci se retrouvaient également dans les sinus sous-capsulaires et interfolliculaires, mais ils faisaient défaut dans le reste des ganglions.
2° Un cobaye sacrifié 6 heures après l’inoculation montrait seulement quelques staphylocoques dans les sinus et les systèmes caverneux.
3° Un cobaye sacrifié après 18 heures et présentant
une périadénite intense, nous a montré l’existence de nombreux staphylocoques dans le pus qui entourait le ganglion et de quelques-uns seulement dans le sinus.
4 Un cobaye sacrifié au deuxième jour de linfection présentait également beaucoup de staphylocoques dans le tissu périganglionnaire : on en retrouvait quelquesuns dans les sinus et même les systèmes caverneux, aucun dans les cordons et les follicules.
Dans tous les autres cas, les staphylocoques étaient absents sur les coupes des ganglions, même lorsque ceux-ci présentaient des altérations très graves, et que l'infection entraînait la mort de l’animal. Chaque fois que le ganglion contient des staphylocoques, le nombre de ceux-ci est toujours relativement minime si on le compare à celui des staphylocoques du tissu périadénique.
On peut donc conclure que si les staphylocoques arrivent au ganglion voisin du point inoculé, ils y sont très rapidement détruits par les phagocytes, de sorte qu'il est presque toujours impossible de démontrer
leur présence sur des coupes histologiques.