ACTION DE L’ALUMINIUM SUR LE CHROMATE NEUTRE DE POTASSIUM
Avant d'exposer les expériences faites avec le chromate de potassium, nous voulons faire remarquer que nous avons rencontré ici des difficultés, résultant de la haute température où s'effectue la transformation, de la volatilité du potassium mis en liberté, et de la grande affinité de l'oxygène pour le potassium et l’aluminium ; nous n'avons pu recueillir du potassium qu'il est cependant facile de mettre en évidence. C’est pourquoi nous réservons ce sujet.
Nous avons desséché complètement le chromate de potassium, et conformément aux prévisions théoriques nous avons posé :
3 CrO'K?2 + 8 AI = 3 K? +3 Cr + 4 Al20ÿ Nous avons pris:
Chromate neutre de potassium . . . 194 gr. 5 CUT NES TP OP ENT AE 72 gr.
et nous avons mélangé intimement.
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Première expérience. — On prend 50 grammes du mélange qu'on dispose sur un têt à gaz, ‘et on amorce la réaction. L'incandescence obtenue en un point, on s'éloigne.
Le mélange brüle rapidement se transforme en une masse rouge vif et le têt à gaz sous l'influence de la chaleur dégagée rougit. En même temps, ilse dégage des torrents de vapeurs blanchâtres à odeur caractéristique de lessive alcaline. Fi
N'ayant pu recueillir les vapeurs, nous avons mis de côté le résidu de la réaction, et nous avons procédé à de nouvelles expériences en vue de condenser les vapeurs et connaître leur composition.
Deuxième expérience. — L'appareil se compose tigre
{° D'une cornue À en terre réfractaire, à deux tubulures a et b; un bouchon est préparé pour fermer rapidement l'ouverture a ;
2° D'un ballon B à deux tubulures, l’une dans laquelle s'engage hermétiquement la tubulure à de la cornue ; la deuxième ouverture du ballon est munie d'un tube recourbé dont l'extrémité libre plonge dans une petite cuve à mercure.
On introduit dans la cornue par l'ouverture a du mélange 3 CrO'K? + 8 Al de facon à remplir le tiers de la cornue, et on plonge un fil de magnésium dans le mélange, l’autre extrémité du fil sortant de la cornue. On allume ce dernier et lorsque l’incandescence du fil gagne l’intérieur de la cornue, on ferme
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celle-ci avec le bouchon préparé d'avance, et on s'éloigne de l'appareil.
Presque aussitôt des vapeurs blanchâtres pénètrent dans le ballon B; en même temps, la cornue, sous l'influence de la chaleur dégagée dans la réaction, est portée au rouge; puis des félures se produisent sur les parois de la cornue par lesquelles s'échappent des torrents de vapeurs qui inondent la salle en même temps que l’on percoit de longues flammes violacées autour de la cornue ; quelques projections lumineuses se produisent dans le ballon 2 qui ne tarde pas à se briser. La réaction ne demande pas plus de trois à quatre minutes pour être terminée complètement.
Au moment où le ballon se brise, nous constatons que ses parois intérieures sont recouvertes d'un léger dépôt à reflets métalliques; sans perdre de temps, nous plongeons les parois du ballon présentant des parties teintées dans un cristallisoir rempli aux deux tiers d’eau. Il se produit chaque fois qu'un morceau de ballon est plongé dans l’eau des étincelles, et le dépôt signalé se dissout dans l’eau.
Un thermomètre placé dans le cristallisoir accuse une élévation de température de 4° 2.
L'eau contenue dans le cristallisoir présente à ce moment une réaction alcaline.
L'acide tartrique, le tartrate acide de soude, l’acide picrique, l'acide perchlorique, le chlorure de platine, nous ont donné dans cette solution les réactions des sels de potassium.
Étant donné que de grandes quantités de vapeurs