Choix d'une suspension. — Pour étudier facilement la
précipitation d’une suspension, il est désirable que certaines propriétés varient beaucoup pendant la précipitation ; il faut en outre que cette dernière ne soit pastrop rapide afin que la détermination des variations des propriétés considérées puisse se faire commodément. À ce double point de vue, les suspensions de soufre conviennent particulièrement.
Quand on précipite le soufre d’une solution d’hyposulfite de soude par un acide, on obtient un liquidetrouble, d’abord rouge par transparence, mais qui ne tarde pas après une évolution dont le temps varie avec les concentrations des réactifs employés, à absorber beaucoup moinsles petites longueurs d'onde que les grandes : vu par transparence ce liquide est bleu et enfin violet; puis il sédimente et le dépôt de soufre amorphe ainsi recueilli cristallise à la longue.
Cette variation des propriétés optiques est liée surtout à la variation de grosseur des particules en suspension. On à montré en effet {t) par des études systématiques qu’à concentration constante, l'absorption des milieux troubles dépendait de la grosseur des grains en suspension. Des suspensions de mastic et de gomme-gutte constituées par des particules de dimensions petites vis-à-vis de la longueur d’onde incidente, diffusent par diffraction surtout les petites longueurs d'onde, vues par transparence, de telles suspensions parais-
(1) CRÈNEYEAU et AupuBerT. Ann. de Phys; juin 1920.
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sent rouges ; au contraire, pour une même concentration granulaire, des suspensions de gomme-gutte et de mastic constituées par des sphérules de diamètre plus grand que la longueur d’ondeincidente diffusent plus facilement les radiations de grandes longueurs d’onde (‘), par transparence de tels milieux paraissent bleus. Indépendamment de l'influence possible de la concentration, il y a donc tout lieu de supposer que la variation dans l'absorption optique de suspensions de soufre pendant leur évolution est due principalement à la variation de grosseur des particules en suspension. La variation importante des propriétés optiques du soufre en suspension en fait donc une suspension excellente ; en outre, la période d'évolution peut être modifiée à volonté, elle peut durer plusieurs jours, ce qui est plus que suffisant.
J'ai surtout utilisé du soufre obtenu par voie physique car pour le soufre obtenu par précipitation chimique, il eut été difficile d’être assuré que la lumière n’agissait pas sur la réaction chimique (?). On réalise aisément des suspensions de soufre par voie physique en utilisant le procédé général de préparation des suspensions qui est employé lorsqu'on veut obtenir des suspensions de gomme-gutte ou de mastic.
2. Préparation. — On obtient généralement un milieu trouble dans les mélanges formés de trois corps À, B, C, tels que A soit très soluble dans B et C alors que B et C sont insolubles l’un dans l’autre.
RSS (1) Dans ce cas, la formule de Lord Rayleigh —- — e “ne B é Lil $ . Il T5 s'applique pas et doit être remplacée par la formule "= x®
(Bouraric. Thèse, 1918), où n peut être positif ou négatif (Cnè- NEVEAU et R. Auvugerr. C. R., t. CLX VII, p. 766, 1919).
(*) On obtient, au reste, avec une suspension de soufre obtenue par voie chimique des résultats identiques.
Par exemple :
B A (Re
Eau Miocl Eté A — — Chloroforme — Toluène
— — Acide thymique — — Phtaléine du phénol.
Dans cette même catégorie, rentrent les mélanges tels que:
Eau Alcool Colophane — Mastic — — Gomme-gutte — Soufre — Acétone — (!)
Ce procédé permet d'obtenir des suspensions de soufre ; le soufre est en effet soluble äans l’acétone et dans l’alcool. Pour obtenir une suspension de soufre, il suffira donc de dissoudre du soufre dans l’un quelconque de ces deux solvants et d'ajouter de l’eau.
Avant d'expliquer en détail les propriétés particulières des suspensions de soufre, il est utile de rappeler quelques propriétés générales des milieux dispersés.