Actions et traictez oratoires
C'est un fait remarquable que les œuvres de Guillaume Du Vair, après avoir eu du vivant de l'auteur de nombreuses éditions, n'aient jamais été réimprimées, depuis 1641, ni en totalité ni par fragments. Il y a là une injustice d'autant plus grande que d'autres écrivains, qui ne valent pas Du Vair, Charron par exemple, ont été sur ce point plus favorisés que lui. — En attendant que l'on offre au public un bon texte de ses traités philosophiques, tout au moins de la Constance, voici ce qu'il y a dans son œuvre ■de plus vivant : ses discours politiques.
Ces discours ne constituent pas toute sa production oratoire. Mais on va voir que, s'il a fallu faire un choix, ce choix s'est fait de lui-même, sans qu'aient eu à intervenir les préférences de l'éditeur. Chronologiquement parlant, il y a eu deux hommes dans Du Vair : de même son œuvre oratoire est double. Avant 1596, l'homme d'action qu'il est se mêle aux luttes des partis. De vive voix ou par écrit il cherche à faire triompher sa cause dans des discours qui traitent de questions aauelles et qu'animent les passions du moment. Après 1596, magistrat consciencieux et prudent, il solennise par de doctes et pacifiques remontrances les rentrées des cours souveraines aux travaux desquelles il préside. Ce n'est pas que dans cette deuxième période de sa vie il n'ait parfois traité avec un réel bonheur des sujets d'actualité. Plus d'une fois il montra combien l'éloquence de cérémonie qu'on