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pratiquait alors dans les Parlements ou les assemblées délibérantes pouvait devenir vivante et forte, quand l'orateur puisait dans une énergique personnalité ou simplement dans le désir d'être vrai et d'être utile le courage de se mettre au dessus du mauvais goût à la mode. Notamment le discours d'ouverture des États de Provence de 1600 est parmi les meilleurs qu'il ait prononcés. Mais le faire figurer ici à ce titre eût été substituer l'arbitraire à la vérité historique. Il n'y avait qu'à laisser parler les faits. En 1 587, Du Vair prend position dans le conflit de la Ligue, et en 1596, mis par Henri IV à la tête de la Chambre de justice de Marseille, il demande aux citoyens de cette ville de l'aider à réparer les ruines de la guerre civile. — On trouvera dans le présent volume toutes les harangues, tous les factums qu'il prononça ou qu'il écrivit entre ces deux dates extrêmes, depuis l'oraison funèbre de Marie Stuart, qui marqua le début de la crise, jusqu'à la remontrance aux habitants de Marseille, qui en est la conclusion.
Pour l'établissement du texte de ces discours, il faut distinguer deux sortes de sources : les éditions d'ensemble, et, à l'occasion, les éditions originales antérieures. — Je me suis efforcé ailleurs ' de donner des premières une énumération aussi complète que possible. Trois seulement méritent de retenir l'attention : 1° celle de 1606, qui dans la plupart des cas est le texte le plus ancien que nous possédions; 2° celle de 1625 ; 3° celle de 1641.
10 Recueil des Harangues et Traicte^ du S^ Du Vair, Pr. Pr. au Pari, de Pr.. Selon Vordre contenu en la page suyvante. A Paris, chez Abel L'Angelier, au premier pil. de la Grand'salle du Palais. M.DCVI, Avec privilège du Roy. (Bibl. de l'Arsenal. D' 1550 BL, in-80).
Ce volume compte 6 ff. non chiffrés pour le titre, l'avis de « l'Imprimeur aux Lecteurs », la « Table du Recueil » — dont ni la pagination ni le contenu ne correspondent d'ailleurs à ceux du volume — le privilège et l'errata; plus 546 pp. pour les
I. Rev. d'hist, littérain de la France, janv. 1899, p. 72 sq.
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harangues. L'exemplaire de l'Arsenal renferme en outre 38} pp. sous ce titre : Arrests sur quelques qtiestions notables prononce^ en Robbe rouge au Parlement de Provence par le S^ Du Vair, Pr. Pr. audict Parlement. . . etc. — Le privilège est accordé pour 6 ans par lettres patentes datées du 22 mars 1606.
Cette édition mérite toute confiance. Du Vair en sur\'eilla l'impression pendant un séjour qu'il fit à Paris en 1606, et l'on peut constater, pour tous les morceaux déjà publiés antérieurement à cette date, quel progrès présente le texte de 1606 non seulement pour la correction matérielle, mais parfois aussi pour le détail du style. C'est le cas pour la Réponse d'un bourgeois de Paris, la Remontrance faite en la maison de ville de Marseille et le Sommaire des Ixirangues de 1586.
Il eût été peut-être avantageux, pour la bonne apparence de la présente édition, d'y adopter partout le texte de 1606. Elle y eût gagné une spécieuse uniformité dans la façon de présenter chaque discours, dans l'orthographe, l'accentuation et jusque dans les moindres détails typographiques. Ce. n'est pas tout. Le texte de 1606 a le grand mérite, que n'ont pas ceux qui l'ont précédé, d'une correaion presque irréprochable. Et cependant l'hésitation n'est pas permise. Les trois morceaux publiés antérieurement à 1606 ont été alors négligemment imprimés. Les fautes y pullulent. Mais si Du Vair a fait ensuite disparaître toutes ces imperfections, il a aussi modifié un certain nombre de détails qui n'étaient nullement incorrects. H a atténué la rudesse de certaines attaques, accentué certains éloges. Si, parmi ces retouches, beaucoup s'expliquent par le souci de rétablir le sens et de respecter la grammaire, si quelques-unes trahissent chez l'auteur un goût qui s'affine ou le désir croissant de flatter l'oreille, plusieurs touchent au fond même de l'œuvre et à l'esprit dans lequel elle a été conçue. On ne serait pas excusable, sous prétexte de correction et de symétrie, de rejeter dans les notes le texte fautif peut-être, mais vigoureux, parfois brutal, qui a été offert aux contemporains, pour en adopter un autre, plus pur à coup sûr, mais parfois adouci, affaibli. Plus que tout autre ouvrage de l'esprit, un discours politique, un pamphlet a une date, dont il est impossible de faire abstraction. Si, pour prendre un exemple, b Réponse d'un
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bourgeois de Paris a paru pour la première fois en 1594, l'éditeur moderne est tenu de la donner non pas telle que, pour différentes raisons, Du Vair eût voulu en 1606 qu'elle eût été donnée, mais telle qu'elle était sortie des presses le 16 janvier 1594-
Ce système d'ailleurs ne va pas sans de réelles difficultés. Certes, chaque fois que le texte original offre une faute d'impression manifeste, je n'ai pas hésité à la remplacer — en ayant soin d'en avertir le lecteur — par la variante correcte empruntée aux éditions postérieures. Mais, à côté de ces grossiers lapsus, il se trouve des leçons simplement médiocres. Dans le doute j'ai laissé subsister celles-ci, par peur de condamner comme une faute de l'imprimeur ce qui n'était peut-être qu'une maladresse ou une négligence de l'auteur. — La lettre B désignera l'édition de 1606 et B' son errata.
20 Les Œuvres de Messire Guillaume Du Vair, n'esque et comte de Li\ieux et Garde des Seaux de France, reveues par Vautheur avant sa mort et augmentées de plusieurs pièces non encore imprimées. A Paris, en la boutique de L'Angelier. Chez Claude Cramoisy, au premier pilier de la Grand' Sale du Palais. M.DC.XXV. Avec privilège du Roy. — In-fol. de 1187 pp.; plus 3 pp., dont une en blanc pour le privilège ; plus un appendice où la première pagination se continue par intervalles au milieu d'une pagination spéciale. Le privilège est daté du 20 juin 16 19.
Cette édition parut, il est vrai, après la mort de Du Vair, mais elle fut faite, nous dit-on, sur ses papiers. Quelle que soit la valeur de cette affirmation ', il résulte du rapprochement des textes que celui de 1625 reproduit celui de 1606. Les variantes de caractère littéraire y sont d'une extrême rareté. Les autres n'intéressent que l'orthographe et la ponctuation. Notons cependant que l'édition de 1625 n'a tenu aucun compte de l'errata de 1606. — Elle sera représentée par la lettre C.
30 Reste l'édition in-folio de 1641, la dernière réimpression des œuvres de Du Vair. Elle porte le même titre que celle de 1625,
I. J'ai touché cette question dans mon étude sur G, Du Vair, p. 114-