XVIII INTRODUCTION
sentir à loger une garnison étrangère dans Paris même. Du Vair ne craignit pas de s'opposer à une mesure qui, outre qu'elle violait les antiques privilèges de la ville, aurait exposé les habitants à des incommodités et à des risques de toute espèce.
Toutes les éditions de ses oeuvres portent pour ce discours la date de février 1590. Toutes sans exception laissent en blanc l'indication du jour. C'est le 10 février, comme en témoignent les Registres des déJilérations du Bureau de la Ville de Paris, qu'Espinac fit sa proposition. C'est sans doute le même jour que Du Vair lui répondit. Il pourrait cependant se faire aussi que le discours de Du Vair fût du 17 : il y eut ce jour-là une nouvelle assemblée et l'on y délibéra sur le même sujet ; mais le procèsverbal n'en a pas été conservé. Pour cette raison encore il serait téméraire d'affirmer que l'intervention de Du Vair a été couronnée de succès. Il semble cependant que l'entrée de la garnison en fut au moins retardée.
VI. Exhortation à la paix. — Après d'interminables opérations militaires qui laissaient la situation indécise, la lassitude commença à se faire sentir dans les rangs des Ligueurs vers la fin de 1592. C'est ce sentiment qui anime, — on n'ose dire provoque — V Exhortation . Du Vair y soutient que le seul remède aux misères présentes, c'est d'obtenir du roi de Navarre qu'il consente à abjurer, des Ligueurs qu'ils consentent à l'en supplier.
Dans sa note préliminaire, Du Vair assigne à ce morceau une date immédiatement postérieure à mars 1593. Cette affirmation est démentie par le texte même de Y Exhortation. Diflîerentes allusions à des faits précis prouvent que certaines parties du discours ont été écrites avant, certaines autres après la fin de l'année 1592. Il est à noter d'ailleurs qu'on ne trouve antérieurement à l'édition de 1606, sous forme manuscrite ou imprimée, aucune trace de cette oeuvre importante.
VII. La Suasion pour la loi salique. — Du Vair avait été élu par la ville de Paris député du Tiers aux États de 1593. Il y défendit énergiquement une politique de paix et d'accord avec les Royalistes. Le 20 juin, il quitta la séance des États après avoir