‹ Actions et traictez oratoiresChapitre 4 sur 103 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

I. Oraison ftmèbre de Marie Stuart. — La mort de Marie Stuart (1587) eut en France un immense retentissement, du fait surtout que cette princesse appartenait à la maison de Lorraine et que les princes Lorrains menaient le parti de la Ligue. Henri III cependant avait essayé de la sauver. Après l'exécution, il fit célébrer à Notre-Dame un service solennel en son honneur. Renauld de Beaune, archevêque de Bourges, prononça l'éloge funèbre, que d'ailleurs il ne fit jamais imprimer. Du Vair, à son tour, traita ce sujet et publia ou laissa publier son discours sans nom d'auteur. Il s'y était proposé, à ce qu'il dit lui-même dans les Anecdotes ', de flatter les Guises. — Sans doute à cause du caractère un peu compromettant de ce morceau, il s'abstint, en 1606, de le joindre à ses autres discours. C'est seulement quatre ans après sa mort qu'il fut pour la première fois présenté au public comme étant son œuvre : il figure en appendice dans l'édition de 1625. Que cette publication se soit fiiite par l'imprudence de l'imprimeur et aussi au grand mécontentement de la famille et des amis de l'auteur, il n'est guère possible d'en douter. Les éditeurs de 1641 en effet, entre autres Ribier, neveu de Du Vair, affirment que Du Vairavait écrit ce morceau pour son plaisir et sans aucune arrièrepensée politique, comme il eût fait un exercice oratoire. Bien plus, désavouant le texte de 1625, ils prétendent s'autoriser du manuscrit authentique de Du Vair pour supprimer l'éloge de la maison de Lorraine qui se trouve au commencement de l'oraison funèbre et pour atténuer ou faire disparaître de nombreuses violences de détail. — J'ai essayé dans mon étude sur Du Vair de démontrer que Ribier avait trop compté sur la crédulité de ses lecteurs : l'appareil critique de la présente édition achèvera, j'espère, la démonstration.

Ce discours, indépendamment de sa valeur littéraire, flattait trop les passions du temps pour n'avoir pas un succès considérable. Rien que pour l'année 1588 quatre éditions s'offrent à

I. Anecdotes de l'histoire de France pendant les XVI' et XVII' siklet tirées de la bouche de M. le Garde des Sceaux Du Vair et autres (publié à la suite des Mémoires de Margucntc de Valois, par Lud. Lalanue). Paris, Jannet, 1858, p. 233 sq.

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