‹ Actions et traictez oratoiresChapitre 56 sur 103 · Reyne D — 225 . pr€\eistes C D · texte numérisé non relu

Reyne D — 225 . pr€\eistes C D

Il8 SUASION DE l'aRREST

Espagnols ont fait instance de faire tenir les Estats en quelque petite ville loing d'icy, pour plus commodément et sans tesmoin y faire leurs menées, il a au contraire opiniastré de les faire tenir à Paris, au plus célèbre

245 Théâtre de tout ce Royaume, à la veuë des compagnies souveraines, qui en sont les vrayes tutrices ; et, comme il a congnu que les députez estoient pour la plus-part gens gagnez et pratiquez, il a moyenne dés le commencement de changer l'ordre des Estats, et d'y taire entrer

250 pour y faire corps les Princes et principaux seigneurs, les courts et compagnies souveraines : estimant bien que rien ne se feroit en la concurrence de tels et si célèbres personnages, qui ne fust pour le bien public. Il y a davantage fait inviter tous les Princes et seigneurs Catho-

255 liques du party contraire, afin que cette assemblée fust, s'il estoit possible, un moyen de réunir les membres de la France misérablement dissipez, et y restablir la paix et le repos avec la conservation de la religion. Mais, comme ces deux moyens avoient esté fort industrieuse-

260 ment inventez pour le bien de l'Estat par ceux qui le desiroient, aussi ont-ils esté encor plus artificieusement combatus par ceux qui en poursuivent la ruine: car pour le premier, ils ont tant faict que l'ordre estably au commencement a esté en fin perverty, et les choses remises

265 aux trois chambres, composées des seuls députez. Et pour le second, c'est merveilles comme la conférence avec les Princes catholiques du part}' contraire a esté traversée. Quand leurs lettres furent apportées, elles furent ouvertes en présence de Monsieur le Légat ; elles ne contenoient

270 autre chose sinon qu'ils estoient prests, suivant ce qu'on leur avoit proposé, de conférer avec nous des moyens de

247. cogneu C, conneuD — 253. personnages B — 266. merveille C D.

pacifier ce Royaume. Cestoit chose estrange de veoir lors l'Ambassadeur d'Espagne se débattre et menacer que, si ces lettres estoient publiées, il se retireroit ; comme 275 s'il eust dit qu'il n'estoit pas icy pour remettre ce Royaume en paix, mais pour aider à le deschirer, et qu'il ne souffriroit jamais qu'on parlast de reconciliation entre les François. Toutefois la constance et l'égalité de monsieur du Mayne vainquit toutes ces oppositions-la. Il 280 fit voir ces lettres à l'assemblée, avec une infinie allégresse au cœur de tous les bons François, qui voyoient par là quelque ouverture de reconciliation et de remède à noz misères ; mais, quand ce vint à y faire response, il ne se peut dire combien la malice de ceux qui ont con- 285 juré la ruine de cet Estât trouva d'artifices pour interrompre le cours de ce traicté, et faire avec cette conférence cesser tout espoir de repos. Neantmoins elle fut continuée si heureusement, que ceux du part}- contraire se sont accommodez à tout ce que Ion a désiré, se sont 290 obligez de faire que le Roy de Navarre envoyeroit vers nostre Sainct Père pour obtenir son absolution.

Il sembloit, Messieurs, qu'à ce mot les esprits les plus esmeus se deussent appaiser, que toute sorte de traictez avec l'estranger se deussent lors assoupir, et, puis qu'une 295 telle occasion se presentoit d'asseurer la religion en ce Royaume, donner le repos non seulement à toute la France, ains aussi à toute la Chrestienté, pour convertir noz armes contre les infidèles : c'a esté au contraire le poinct où l'effrénée ambition de ceux qui ne pensent 300 eslever leur particulière grandeur que par les ruines publiques s'est plus furieusement desbordée, et, comme agitée d'un entier desespoir, a, sans considération d'hon-,

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