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2IO point ses forces qu'on ne luy promist de la faire déclarer Royne. Monsieur du Mayne, qui est plein de sagesse et d'affection au bien et à la conser\-ation de la France, se pensa lors excuser, disant qu'il n'avoit nul pouvoir de disposer de l'Estat, ny en tout ny en partie ; qu'il n'estoit
21) ny juge ny arbitre de telles prétentions, et que c'estoit aux Estats du Royaume à ordonner de ce qui concemoit la succession d'iceluy et des droicts que chacun y pouvoit prétendre ; mais il fut bien tost pris au mot. Car les Espagnols s'asseuroient assez que ceux qui avoient esté
220 députez dés le commencement des troubles estoient entièrement à leur dévotion. Le siège de Rouen levé, les Espagnols commencèrent à presser ce mesme dessein. Et en fin, quelques excuses ou traverses que Ion y ait peu apporter, on n'a sceu si bien faire que cette assem-
225 blée ne se soit faite. Vous, Messieurs, preveustes où les choses pouvoient tomber ; les peuples mesmes, qui estoient devenus sages en l'escole de la misère et de la pauvreté, voulurent pour\oir à ce mal, et demandèrent qu'on changeast les députez ; il fut ainsi résolu. Mais les
250 Espagnols firent telle instance, et avec telles menaces, qu'en fin il fallut venir à composition, et tout ce que Ion peut obtenir, ce fut que les premiers demeureroient, mais qu'on en esliroit encor d'autres en plus grand nombre, qui assisteroient avec les premiers pour leur
255 sen-ir de contrepois, et lors nous y fusmes nommez.
A la vérité la France, à quoy que le destin la reserve, doit beaucoup à la prudence et bonté de monsieur du Mayne, qui n'a rien obmis pour empescher l'effect des desseins pernicieux de ceux qui ont délibéré de vendre
240 et trahir ce Royaume. Car premièrement, comme les